Light, c’est mieux !!!

Déjà en retard

Il y a un peu plus de dix ans Rod Macqueen, l’actuel entraineur des Melbourne Rebels, lançait une équipe avec une ligne de ¾ de plus de 100kgs par bestiaux. On se souvient tous des Daniel Herbert, Tim Horan, Ben Tune ou Jason Little qui devinrent des légendes du rugby mondial en remportant la coupe du monde 1999 au Millenium Stadium face au XV de France. En dominant la scène internationale à cette époque, la tendance avait poussé tous les entraineurs à rechercher de belles bêtes pour compléter leurs lignes de 3/4. Bernard Laporte fraîchement nommé manager de l’équipe de France sélectionna donc Aurélien Rougerie, Damien Traille, David Skrela, Brian Liebenberg ou Yannick Jauzion pour coller à son motto… physique physique physique!!!

Sonny Bill Williams

A présent, on a pu voir une nouvelle tendance se développer, et bien entendu originaire de l’hémisphère sud. Lors de son retour de France, Sonny Bill Williams pesait 108kgs et à peine arrivé au camp d’entrainement des Crusaders, il lui a été demandé de perdre 5 kg. Le temps des bodybuilders est bel et bien terminé! La ligne des ¾ des wallabies pèse à présent 90kgs en moyenne. Le rugby de percussions n’est plus sur le programme des Wallabies et des All Blacks et a été mis en touche au profit du rugby à Haute Vitesse d’Exécution. Robbie Deans a réussi à adapter son équipe à un nouvel environnement, un choix difficile car la Fédération, pourtant prévenue qu’il fallait au moins deux années pour obtenir des résultats probants, avait déjà préparé sa lettre de licenciement après des défaites en série. La stratégie fut de faire perdre du poids à tous les joueurs Australiens ainsi que de leur apprendre à jouer sans percuter comme la tradition Aussie a toujours été. Exit les Sailor, Tuqiri, Rathbone, Turinui ou Johansson et welcome O’Connor, Ioane, Beale et Turner. La grande victoire des Wallabies en novembre dernier au Stade de France a montré que Marc Lievremont et le rugby français ont encore un métro de retard. L’EDF avait annoncé la ligne de ¾ la plus lourde jamais connue (Traille-Jauzion- Rougerie) avec plus de 105kg en moyenne alors qu’aucun d’entre eux ne passe sous la barre des 13 secondes aux 100 mètres. Marc Lievremont pensait marquer les esprits avec cette équipe et il l’a fait !!! Il a pu ajouter la plus grande défaite jamais connue contre les Wallabies dans les annales des Bleus. Malgré la mêlée faiblarde dont on nous avait parlé toute la semaine, les Australiens ont dominé ce match par leur vitesse; Rougerie (soi-disant un ailier) n’avait jamais autant été enrhumé dans un match sans parler de Traille et de Huget.

Kurtley Beale

Pour revenir à notre cher hémisphère Sud, le pack All Black a également amélioré ses performances athlétiques en terme de cardio mais surtout de vitesse de course. Aujourd’hui, si nous faisons abstractions des numéros sur les maillots, il est difficile de différencier les avant des ¾ All Blacks. Pendant la tournée d’automne, les avants kiwis ont inscrits plus d’essais qu’à l’accoutumée. Le Super 15 2011 sera un tournoi diffèrent que ce que l’on a connu jusqu’à présent. Il sera extrêmement rapide et les phases statiques risquent très probablement de diminuer. Les Waratahs ont pour la majorité perdu du poids grâce à l’intervention lors de la pré saison de Matt Shirvington, sprinter aussie. Chris Hickey a réussi à faire du poids à Kurtley Beale, aujourd’hui à 93kg, alors qu’il y a 4 ans tout le monde souhaitait qu’il atteigne les 100. Ewen McKenzie a une ligne de ¾ Reds qui pèse également 91kg en moyenne. Les troisièmes lignes modernes tels que Richie McCaw, David Pocock ou Daniel Braid sont partout sur le terrain et non plus là uniquement faire le “nettoyage” mais pour devenir le ¾ en plus qui permet de garder la vitesse et une grande agressivité dans les courses.

McKenzie déclarait après son excellente campagne 2010 avec les Reds : « Il est bien plus facile de gagner lorsqu’en pratique du rugby spectaculaire ». Le légendaire Stephen Larkham qui est à présent l’entraineur des arrières des Brumbies a promis beaucoup de jeu à la main cette année. Autre point qui n’est pas mentionné dans la presse rugbystique française, la plupart des joueurs sudistes ont tous fait un tour dans leurs équipes nationales à 7. La vitesse d’exécution ne sera pas un problème contrairement à l’équipe de France. Le Super 15 sera très grand et surtout très light. Messieurs, je vous invite tous à sortir le pop-corn et les bières (ou le café en fonction du décalage horaire).

Author: alex

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