Rugby des villes et rugby des champs

Deux des "Pumas" Italiens

Ou plutôt rugby hors des bastions traditionnels de notre sport. Le net regain de forme des Italiens lors du dernier tournoi à permis de mettre encore plus en avant de nombreux joueurs de la squadra azzura, désormais respectés et reconnus sur la scène mondiale ce qui n’était pas forcément encore le cas hors de l’hexagone. Mais les connaisseurs savent bien qu’une partie des membres de la sélections de Nick Mallett ne sont pas nés italiens, la plupart étant d’origine argentine. Alors comment les Pumas, par ailleurs très bien fournis en joueurs, ont réussi à passer à côté d’hommes comme Parisse, Canale ou Catrogiovanni qui seraient à coup sûr titulaires en équipe nationale. Un petit focus sur les derniers Argentins sélectionnés nous montre que la majorité sont originaire de la capitale Buenos Aires, mais aussi de Rosario ou de San Miguel de Tucuman. Mais en se penchant sur les “Pumas italiens” présents ou passés, aucun ne semble être originaire des trois villes précédemment citées. Martin Castrogiovanni vient de la ville de Paraná dans l’Entre Rios, Santiago Dellape est originaire de Mar del Plata, Sergio Parisse et Carlos Nieto sont de La Plata, grande banlieue de la capitale, et enfin Gonzalo Canale, Diego Dominguez, Gonzalo Garcia, Ramiro Pez, Luciano Orquera et Pablo Canavosio sont tous nés à Cordoba. Alors les sélectionneurs argentins, des équipes jeunes à l’équipe première, seraient-ils moins enclins à regarder hors des bastions traditionnels de l’UAR? Certains joueurs comme Agustín Creevy, Genaro Fessia ou Martin Bustos Moyano passent bien sûr au travers des mailles du filet, mais la longue liste de joueurs ayant opté pour l’Italie peut laisser des regrets aux Argentins. La Unión de Rugby de Buenos Aires (URBA) est toute puissante et son tournoi possède bien entendu le niveau le plus relevé. Les joueurs présents dans la sélection des Pampas XV sont essentiellement issus des clubs participants au Torneo de la URBA, les fameux Club Atlético San Isidro, San Isidro Club, Universitario de Buenos Aires, Belgrano Atheltic ou autres Alumni, Hindu etc… Il est donc difficile pour les “provinciaux”, souvent présents dans les effectifs de clubs moyens de la URBA ou du Torneo del Interior, de se mettre en avant, surtout dès leur plus jeune âge. Le rugby n’étant pas un sport majeur et n’étant pas encore professionnel en Argentine, les structures ne sont pas forcément en place pour la détection et ça n’est pas encore dans les mœurs nationales de changer de club pour être mieux exposé. Les jeunes ayant l’ambition de passer pro profitent donc d’un aïeul européen pour s’expatrier et parfois représenter une autre nation. La génération dorée du rugby argentin se faisant vieillissante ou étant déjà à la retraite, il est impératif pour la fédération de ne plus négliger ses talents évoluant dans les filières non conventionnelles.

Brock James

Même constat en Australie même si les joueurs évoluant hors du pays n’auraient certainement pas eu leur place chez les Wallabies. Il semble que le lieu de naissance détermine assez rapidement le sport auquel joueront les mômes et lorsque ceux ci sortent du rang, il leur est tout de même bien difficile de s’imposer au niveau national. Le rugby australien est centré autour de ses “colleges” qui sélectionnent les meilleurs jeunes des clubs de Sydney et Brisbane pour l’essentiel. Les stars actuelles des Wallabies sont forcément passées au cours de leur jeunesse par le Nudgee College, le Brisbane Boys’ College, la Anglican Church Grammar School, The King’s School ou les Saint Joseph’s College de Hunters Hill ou de Gregory Terrace. Alors quand on s’appelle Luke McLean, actuel international Italien né sur les terres des North Queensland Cowboys à Townsville, Nathan Hines, international écossais et futur clermontois, ou Jack Isaac, entraîneur adjoint de Biarritz, tous deux originaires de Wagga Wagga, une ville agricole paumée entre Sydney et Melbourne, ou enfin Brock James, né dans l’état de Victoria, terre de footy, difficile de faire son trou dans le système. Et pourtant, l’ARU souhaitant augmenter son influence sur les zones reculées de l’Australie aurait tout intérêt à se pencher sur le cas de ces joueurs qui, pris en main plus jeune, auraient pu peut être porter le maillot vert et or des Wallabies.

Author: Adrien

Bien évidemment pour parler rugby du sud, il faut aimer ce sport et aimer écrire! Après un an à Sydney où j’ai chaussé les crampons pour le Mosman Rugby Club aux côtés d’australiens, d’européens, de kiwis, de sud afs, d’islanders et même de zimbabwéens ou de japonais, le retour en France a été difficile avec une presse spécialisée qui préfère parler de la signature du pilier de La Voulte à Lourdes plutôt que du Super Rugby ou des autres compétitions passionnantes de l’hémisphère sud ! Alors pour éviter que Christian Jeanpierre ou Mathieu Lartot vous présentent comme “nouvelle star de l’hémisphère sud” le joueur qui cartonne en bas depuis 3 saisons, j’ai décidé de créer Sud Rugby en 2009 dans le but de proposer une information pertinente, crédible et régulière.

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