Les Brumbies, la fin d’une ère

George Gregan, légende des Brumbies

Encore une défaite aujourd’hui pour des Brumbies qui s’inclinent à Invercargill face aux Highlanders. Bien que personne ne lui prédisait un avenir glorieux lors de sa création en 1996, la franchise de Canberra est aujourd’hui la plus titrée d’Australie avec deux victoires et trois places de finaliste. Même si les Waratahs et les Reds sont les deux sélections les plus respectées, les Brumbies ont su acquérir une belle renommée dans le rugby australien grâce aux joueurs légendaires ayant porté ses couleurs. Mais depuis quelques années, le club de la capitale est en perdition et il semble même toucher le fond cette saison. Retour sur une longue descente qui semble marquer la fin d’une ère.

Une histoire de joueurs rejetés

Matt Giteau sur le départ vers la Rade

Car c’est bien comme cela qu’a commencé l’histoire des Brumbies, une franchise formée par les joueurs dont les Waratahs et les Reds ne voulaient pas. Les Australiens ont longtemps été les spécialistes des occasions manquées en laissant partir en Rugby League des joueurs qui auraient pu devenir des cracks en Rugby Union. Mais sans les Brumbies, que seraient devenus les George Gregan, Stephen Larkham, Joe Roff, Rod Kafer, George Smith, Jeremy Paul, Owen Finegan ou David Giffin? La création de cette franchise n’est certainement pas pour rien dans le succès en Coupe du Monde 1999 des Wallabies. Elle a, au fil des années, permis à de nombreux joueurs de se lancer à haut niveau avant de retourner vers Sydney ou Brisbane, mais a accueilli également de nombreux étrangers (Omar Hasan, Daniel Vickerman ou Radike Samo) dont certains ont porté ensuite le maillot national. Le lancement de la Western Force a été le début de la fin pour les Brumbies, de nombreux espoirs du Queensland et du New South Wales étant partis rejoindre la franchise de Perth, mais également certains joueurs comme Matt Giteau, devenu à l’époque le joueur le mieux payé au monde. Cette année encore, la création des Melbourne Rebels a doublé le nombre de concurrents pour recueillir les meilleurs joueurs, faute de pouvoir en former suffisamment sur place. Perth et Melbourne ont deux attraits que Canberra n’a pas, la puissance financière et bien sûr la qualité de vie. Pourquoi se perdre dans une ville artificielle dans les montagnes quand on peut vivre au bord de la mer dans des métropoles dynamiques? Le problème des Brumbies est également celui de la fédération australienne, qui n’a pas su développer un rugby des clubs ailleurs qu’à Sydney et Brisbane. Quelques joueurs comme Larkham, Giteau, Campese, Roff ou plus récemment Coleman et les frères Faingaa sont bien originaires de Canberra, mais ils sont encore trop peu pour pouvoir assurer le renouvellement d’une province en manque de talent. L’après Coupe du Monde s’annonce d’ores et déjà comme périlleux avec les départs officiels de Matt Giteau, Adam Ashley-Cooper et Huia Edmonds qui pourraient être imités prochainement par Rocky Elsom et Stephen Hoiles.

Une organisation défaillante

Stephen Larkham, au coeur d'une lutte de pouvoir

Les Brumbies nous ont renvoyé une image de footeux en virant après seulement deux journées leur manager Andy Friend. Un épisode qui nous a rappelé l’éviction déjà houleuse de David Nucifora en 2004 et celle de Laurie Fisher en 2008. Friend a semble t’il été victime d’une fronde des joueurs souhaitant donner plus de pouvoir aux assistants Tony Rea et Stephen Larkham. Il en est de même au niveau de l’Academy ou Darren Coleman, qui devait être nommé adjoint d’Andy Friend avant les arrivées de Larkham et Harrison, a décidé de partir entraîner un club japonais après avoir été fortement incité par le président Andrew Fagan à aller voir ailleurs. De nombreux noms circulent désormais à Canberra, des Australiens Alan Gaffney, Steve Meehan et Tony McGahan au Sud-Africain champion du monde Jake White. Ce dernier viendrait d’ailleurs avec l’objectif de tout nettoyer et de repartir de zéro! Une solution extrême qui pourrait s’avérer payante si toutefois la politique n’entre pas en jeu.

A eux désormais de trouver les arguments pour convaincre les jeunes joueurs de rejoindre Canberra et non Perth ou Melbourne. L’organisation des Brumbies doit se remettre profondément en question pour aider le club à se relancer dès la saison prochaine. Les Reds sont revenus sur le devant de la scène après les retours aux affaires de Rod McCall, Tim Horan, Dan Herbert et Dan Crowley, des légendes de la franchise du Queensland. Les Brumbies devraient s’en inspirer !

Author: Adrien

Bien évidemment pour parler rugby du sud, il faut aimer ce sport et aimer écrire! Après un an à Sydney où j’ai chaussé les crampons pour le Mosman Rugby Club aux côtés d’australiens, d’européens, de kiwis, de sud afs, d’islanders et même de zimbabwéens ou de japonais, le retour en France a été difficile avec une presse spécialisée qui préfère parler de la signature du pilier de La Voulte à Lourdes plutôt que du Super Rugby ou des autres compétitions passionnantes de l’hémisphère sud ! Alors pour éviter que Christian Jeanpierre ou Mathieu Lartot vous présentent comme “nouvelle star de l’hémisphère sud” le joueur qui cartonne en bas depuis 3 saisons, j’ai décidé de créer Sud Rugby en 2009 dans le but de proposer une information pertinente, crédible et régulière.

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  1. […] poste est 12!) par Berrick Barnes. Giteau n’est pas un meneur, ni d’hommes ni de jeu, la déchéance des Brumbies depuis deux ans tout comme le développement fébrile de la Western Force quand il y évoluait en attestent. […]