Où en sont les Stormers?

Allister Coetzee

Avec sept victoires en huit matchs de Super Rugby, les Stormers se trouvent en tête de la conférence Sud-Africaine et leur bilan peut sembler excellent. En effet les joueurs du Cap ont joué face aux quatre autres provinces sud-africaines et sont pour l’instant restés invaincus, réussissant même la performance d’aller gagner sur le terrain des Bulls et des Sharks, leurs deux plus sérieux adversaires. Ils ont su également rester maitre lors de leur double confrontation face aux Lions et durant la réception des Cheetahs. On peut donc légitimement se dire que les hommes d’Allister Coetzee effectuent un début de tournoi quasiment idéal, qui ressemble étrangement à l’édition 2010. Les Capetonians possèdent en effet la meilleure défense de ce Super 15 en terme d’essais encaissés, un jeu toujours autant axé sur le défi physique, un buteur en réussite mais une stérilité offensive inquiétante à laquelle vient de s’ajouter une défaite à domicile face à une franchise australienne.

Deon Fourie

Après des premiers matchs à domicile très poussifs face aux petits poucets Sud-Africains, les Stormers ont retrouvé leur vrai visage en faisant chuter l’équipe des Highlanders, jusqu’alors invaincus, après une performance défensive colossale et un jeu d’occupation méthodique. Les hommes de Schalk Burger ont reproduit les mêmes performances par la suite pour aller s’imposer au Loftus Versfeld et au Kings Park, en dominant entre temps la Western Force, inscrivant au passage six essais. Mais ces prestations sont trompeuses quant aux qualités offensives des Stormers, seulement la 3ème moins bonne attaque de la compétition en terme d’essais inscrits. Allister Coetzee avait annoncé en début de tournoi qu’il allait pratiquer avec son équipe un rugby total et nous en sommes encore loin. Cette stérilité offensive a atteint son point d’orgue au cours des deux dernières journées où, pour leur premier grand test face à une équipe étrangère, les Stormers ont été bien incapables de proposer un plan de jeu différent de leur schéma traditionnel. Au cours des précédentes rencontres, les Capetonians ont essentiellement brillé par l’intermédiaire de leur paquet d’avants. Les piliers se sont montrés étouffants physiquement dans le jeu courant sous leur grosse carcasse, le talonneur Deon Fourie a brillé par son activité et sa mobilité débordantes, alors que la brochette Rynhardt Elstadt, Andries Bekker, Schalk Burger et François Louw s’est montrée intraitable dans le jeu au près. Mais face aux Reds, tout ce beau monde a été stoppé net par des avants australiens plus engagés pour le combat, probablement plus déterminés après une mini polémique la semaine précédente

Johann Sadie

Si les Stormers possèdent la qualité et quantité nécessaire pour aller loin dans la compétition, on reste plus dubitatif pour le reste. Dewaldt Duvenage est un bon joueur, très appliqué mais qui manque singulièrement de tranchant offensif, alors que son remplaçant Ricky Januarie est bien trop approximatif pour mener un jeu enlevé. Peter Grant est à l’image de son compère à la charnière, précis mais pas décisif. Sa doublure Gary Van Aswegen a montré pendant de petits instants un aperçu de son talent, mais il n’a pas encore eu le temps de montrer sa vraie valeur, à l’instar de Lionel Cronjé. Les blessures successives des deux ouvreurs handicapent désormais considérablement la franchise du Western Cape qui va devoir revoir son organisation tactique. Au niveau de la ligne de 3/4, les différents choix au centre sont très utiles, mais il apparait que l’équipe manque clairement de finisseurs, de tueurs comme on l’a vu face aux Lions. Personne dans le triangle de derrière n’a encore réussi à s’imposer véritablement, on a plutôt l’impression que ce sont des choix par défaut. Gio Aplon est certainement le meilleur gamebreaker de la ligne de 3/4 des Stormers mais son manque de puissance et ses lacunes lors de la finition se révèlent être très embêtants. Bryan Habana n’est plus que l’ombre de lui-même alors que Danie Poolman est un joueur correct mais sans génie particulier, tout comme Conrad Jantjes. Lors du match contre les Lions, nous avons vu un petit fragment des qualités de Johann Sadie pour sa première apparition en Super Rugby. Peut-être est-il le joueur qu’il faut dans ce triangle d’arrières des Stormers ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Une bonne défense est utile en Super Rugby, mais elle ne permet pas de remporter la compétition, les Stormers en ont déjà fait les frais l’an dernier. Trop de points de bonus ont été laissés en route et surtout le type de jeu pratiqué par les joueurs d’Allister Coetzee est assez épuisant car il exige une intensité physique de tous les instants. Et quand on connait la longueur et la dureté d’un tournoi de Super Rugby, ces efforts peuvent se payer cash à un certain moment. L’idée de cet article n’est pas de critiquer le jeu des Stormers, ils doivent en effet s’appuyer sur leurs forces et être fiers de leurs qualités, mais ils doivent absolument améliorer et ajuster leur jeu offensif s’ils veulent se mettre à la hauteur des Crusaders et des Reds.

Effectif des Stormers

Author: david

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