Archive for October 2011

Michael Killian, meilleur marqueur d'essais en 2011
Finale de la Currie Cup 2011
Cela vous a peut être échappé mais la Currie Cup s’est prolongée tout au long de la Coupe du Monde de rugby et la finale se déroulera ce week end depuis le Coca Cola Park (ou Ellis Park) de Johannesburg. Cette finale opposera deux des équipes possédant une franchise en Super Rugby, à savoir les Golden Lions de Johannesburg contre les Natal Sharks de Durban. Les Lions, sortis premiers de la phase de poule, ont éliminé la Western Province en demi finale 29 à 20. Les Sharks, second de la phase régulière, se sont débarrassés des Free State Cheetahs à domicile. Mark Lawrence, qui a d’ores et déjà annoncé sa retraite en fin de saison, arbitrera cette rencontre.
MTN Golden Lions: 15 Jaco Taute, 14 Deon van Rensburg, 13 Doppies la Grange, 12 Alwyn Hollenbach, 11 Michael Killian, 10 Elton Jantjies, 9 Michael Bondesio, 8 Joshua Strauss (capitaine), 7. Michael Rhodes, 6. Derick Minnie, 5 Franco van der Merwe, 4 Wikus van Heerden, 3 Patric Cilliers, 2 Bandise Maku, 1 CJ van der Linde. Banc: 16 Martin Bezuidenhout, 17 Jacobie Adriaanse/JC Janse van Rensburg, 18 Warren Whiteley, 6 Cobus Grobbelaar, 20 Butch James, 21 Dylan Des Fountain, 22 James Kamana.

Frederic Michalak peut remporter sa 2e Currie Cup
The Sharks: 15 Patrick Lambie, 14 Odwa Ndungane, 13 Stefan Terblanche, 12 Marius Joubert, 11 JP Pietersen, 10 Frederic Michalak, 9 Conrad Hoffmann, 8 Ryan Kankowski, 7 Willem Alberts, 6 Keegan Daniel (capitaine), 5 Ross Skeate, 4 Jean Deysel, 3 Jannie du Plessis, 2 Bismarck du Plessis, 1 Tendai Mtawarira. Banc: 16 Craig Burden, 17 Eugene van Staden, 18 Alistair Hargreaves, 19 Marcell Coetzee, 20 Ross Cronje, 21 Adrian Jacobs, 22 Lwazi Mvovo.
Alors que les Lions ont pu bénéficier d’un effectif quasi complet pendant la Coupe du Monde, les Sharks ont eux soufflé en récupérant de nombreux joueurs comme les frères Du Plessis, Mtawarira, Alberts ou le joyau Pat Lambie. Frédéric Michalak est toujours le meilleur marqueur de la compétition suivi par son rival ce week end, le jeune Elton Jantjies. Du côté des Lions, Michael Killian et Jaco Taute font partie des meilleurs marqueurs d’essais de la compétition. Coup d’envoi à 17h30 et rediffusion sur Sport + le dimanche matin ou lundi sur Canal + Sport.
Qui succèdera à Peter de Villiers?

Coetzee toujours favori malgré ses déclarations
Il n’y a pas qu’en Nouvelle Zélande où la nomination d’un futur sélectionneur est en cours de réflexion. Les Sud Africains, au sortir d’un Mondial raté, sont aussi en train de rechercher la perle rare, sachant allier talent managérial et politiquement correct. Ce lundi il a été annoncé que les deux favoris, Rassie Erasmus et Allister Coetzee, refusaient le poste préférant se concentrer sur la Western Province et les Stormers. Il y a cependant fort à parier que ces manœuvres sont juste “théâtrales” en pleine période de négociations. Les responsables de la SARU n’étaient pas réputés pour laisser beaucoup de libertés à leurs entraîneurs, il est probable que les favoris espèrent obtenir des garanties concernant la liberté de choix des joueurs, de choix de stratégie de jeu et de temps afin de (re)construire une équipe compétitive. Ces deux là restent cependant les favoris pour succéder à Div, Coetzee ayant pour lui d’avoir servi sous Jake White pendant son mandat et le titre de 2007 et Erasmus étant considéré comme une des plus brillants stratèges rugby du pays.

Heyneke Meyer, le CV le plus impressionnant
Hormis le Directeur du rugby et le manager des Stormers, de nombreuses autres personnalités se sont prononcés négativement concernant un avenir à la tête de la sélection nationale. Heyneke Meyer et Frans Ludeke semblent plus intéressés par la reconstruction des Bulls et leur profil n’est pas assez politique. Sur le papier, Heyneke Meyer semble pourtant être le choix le plus pertinent grâce à son CV impressionnant. Seulement acceptera-t-il le poste après s’être fait humilier par la nomination de Peter de Villiers en 2008? On peut également considérer que les départs de nombreux cadres des Bulls limitent son influence sur les joueurs. John Mitchell (Lions) et John Plumtree (Sharks) pourraient être pris en considération sans un problème majeur, ils sont Néo Zélandais, et il est peu probable que la SARU nomme un étranger à la tête de ses Boks, même si ces deux coachs s’affronteront en finale de la Currie Cup. Au rayon des anciens coachs nationaux, Jake White vient de s’engager pour quatre ans avec les Brumbies et ne devrait pas quitter Canberra où il a signé un juteux contrat, Nick Mallett a rejeté toute éventualité de retour ayant des contacts en France et en Angleterre (on parle de lui à la tête du XV de la Rose) et Rudolf Straeuli ne se voit pas replonger (de plus son image reste trop attachée à Kamp Staaldraad). Alan Solomons préfère se concentrer sur le développement des Eastern Province Kings qui devraient à court terme intégrer le Super Rugby alors que Brendan Venter souhaite pour le moment rester aux Saracens et continuer son activité de médecin en parallèle.
Pour le moment seuls Naka Drotské des Cheetahs ainsi que les deux adjoints actuels de Peter De Villiers Dick Muir et Gary Gold ne se sont pas encore exprimés! Un de Villiers qui se verrait bien continuer si on le lui propose. A moins que la fédé décide garder les pleins pouvoirs en nommant un entraîneur politique comme Chester Williams. A suivre…

Richie McCaw avec "Bill" dans les mains
Je lis un peu partout que les Français méritaient de gagner cette finale, tout comme il était dit que les Gallois méritaient de gagner la demi. Mais seul le vainqueur mérite de gagner, seule la manière pouvant être critiquée. Les notes artistiques ne sont pas encore d’actualité dans notre sport, seul le score final compte! Donc les All Blacks méritent amplement leur titre! Mais il fallait de toute façon que ces All Blacks gagnent ce Mondial, c’était écrit depuis la trahison de plusieurs nations majeures qui ont préféré offrir leur votes à la Nouvelle Zélande pour l’organisation de cette Coupe du Monde (devenue déficitaire) après l’avoir promise au Japon, tout cela à cause du sacro-saint “respect” que la Nouvelle Zélande semble mériter plus que tout autre nation du globe. Le même “respect” qui verra les Bleus recevoir une amende de £10.000 (qui touchera l’argent d’ailleurs?) pour avoir osé défier le haka et risqué d’affaiblir psychologiquement ces pauvres ouailles Blacks. Il est vrai qu’il faut absolument protéger une tradition maorie légendaire crée en… 2005! Je parle bien entendu là du Kapa o Pango. Mais il me parait toujours insupportable et inéquitable qu’il soit interdit légalement de répondre à l’avantage compétitif que possèdent les All Blacks avec leur haka. On reprochera certainement aux Français les critiques envers l’arbitre Craig Joubert dont le laxisme, le manque de courage et d’équité dans les décisions se verront opposer des “l’arbitre à toujours raison“. Une excuse purement française et un manque d’élégance en comparaison avec le flegme et la classe des Anglo Saxons? C’est juste oublier que Graham Henry a sauvé son poste en chouinant dans les médias à propos de la prestation de Wayne Barnes lors du quart de finale de Cardiff. En tout cas il est fort probable que Joubert rejoigne Derek Bevan, sa montre en or et indirectement Paddy O’Brien au classement des arbitres honnis des français. Mais les gens ont la mémoire courte et dans quelques temps on ne se souviendra que de Richie McCaw soulevant la coupe et plus de ses errements dans les regroupements bleus… ou plutôt blancs, encore une marque de “respect” car visiblement des Néo Zélandais jouant en noir ont plus de valeur que des Français jouant en bleu!

Daniel Carter, encore combien de temps?
Mais mis à part au cours de la finale, il faut tout de même reconnaitre que les All Blacks n’ont pas volé leur titre. Ils ont écrasé le Groupe A de leur classe et de leur talent, étouffé des courageux Argentins en quart et donné une leçon de rugby aux Wallabies en demi finale. La blessure de Dan Carter suivie de celle de Colin Slade son suppléant a été bien gérée alors qu’elle aurait pu faire sombrer psychologiquement le groupe. Des joueurs comme Richard Kahui et Piri Weepu que l’ont attendait pas à un tel niveau ont su se hisser à la hauteur de l’évènement et restent des choix crédibles pour l’avenir des All Blacks. Après des années à dominer la planète ovale pour finalement échouer lors des Mondiaux, il était temps que la Nouvelle Zélande remporte son second titre, une nouvelle fois sur ses terres. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, voir Muliaina et McCaw atteindre les 100 sélections reflète bien les soucis qu’ont les All Blacks avec leur relève. La force des Néo Zélandais a toujours été de former des jeunes talentueux et des le responsabiliser très tôt en les lançant dans le grand bain, une pratique très rare en France. C’est pour cela que des Andrew Mehrtens ou Carlos Spencer pourtant au sommet se sont vus éjecter des All Blacks au profit d’un Dan Carter qui n’était qu’un excellent jeune prometteur à l’époque. Un pari plus que payant! La liste des grands joueurs ayant subi le même destin est longue mais depuis quelques temps on observe une continuité nouvelle au sein des All Blacks, qui est certainement une des raisons de leur succès ce dimanche. Mais également un indicateur que la relève tarde à arriver et à concurrencer les cadres, pourtant vieillissants à certains postes clés.
Premières et deuxièmes lignes: Un chantier colossal

Ali Williams, stop ou encore?
Le spécialiste de la mêlée Mike Cron a fait un travail admirable qui a permis aux All Blacks de tenir tête aux meilleurs packs de la planète. Il a pu s’appuyer sur l’expérience de tauliers comme Keven Mealamu, Tony Woodcok, Brad Thorn ou Ali Williams qui, tous âgés de plus de trente ans, ont probablement joué leur dernier mondial. Grâce au marketing, tout nouveau joueur portant le maillot noir est d’office considéré comme un des spécialistes mondiaux à son poste. C’est le cas de Sam Whitelock, qui à défaut de vendre du rêve et d’en avoir la légitimité, va désormais être reconnu comme une des meilleures secondes latte au monde. Mais derrière lui les prétendants ne se bousculent pas et sur le long terme cela pourrait devenir problématique. Anthony Boric, Jarrad Hoeata, Tom Donnelly ou Jason Eaton ont tour à tour eu leur chance sans réussir à la saisir. Luke Romano est jeune et joue aux Crusaders donc il est fort probable de le voir chez les Blacks prochainement. Mais derrière c’est le calme plat, à moins qu’Ali Williams tente l’aventure 4 ans de plus. Il aura 34 ans en 2015 donc un an de moins que Brad Thorn, mais son physique est toutefois plus fragile.

Owen Franks est bien seul
Même constat en première ligne où derrière un Owen Franks qui est promis à un bel avenir après ses performances de haut niveau, peu de prétendants se bousculent à gauche comme à droite de la mêlée. John Afoa jouera l’an prochain en Irlande et tout comme Ben Franks, son niveau n’est pas si exceptionnel. Tony Woodcock n’a que 30 ans et peut donc continuer encore quelques années mais son physique lui a joué des tours récemment. Il faudra surveiller Wyatt Crockett et probablement Jamie MacKintosh si les Highlanders réussissent un bon Super Rugby. Les plus grosses inquiétudes viennent du poste de talonneur où Keven Mealamu et Andrew Hore vont devoir laisser leur place. Sélectionné pour la première fois en 2003, Corey Flynn n’a jamais réussi à s’imposer en équipe nationale et ne représente donc pas une solution crédible pour l’avenir. Ne reste qu’Hikawera Elliot des Chiefs qui partageait le rôle les saisons passées avec le néo Parisien Aled de Malmanche. Il faudra suivre l’évolution des jeunes talonneurs présents au sein des cinq franchises kiwis en Super Rugby avant de pouvoir légitimement les considérer comme des joueurs prometteurs.
Troisième ligne: Plus de certitudes

Matt Todd, successeur désigné de McCaw
Avec cette victoire Richie McCaw a sauvé sa peau! Il ne subira pas le même sort que Taine Randell ou Reuben Thorne. Il n’est cependant pas certain qu’il reste un All Blacks encore très longtemps, son successeur étant d’ores et déjà désigné! Il s’agit de Matt Todd, déjà son suppléant aux Crusaders et qui a rejoint le groupe Néo Zélandais en cours de mondial lorsque l’état du pied de McCaw fut classé affaire d’état. Le futur sélectionneur national osera t’il destituer le capitaine champion du monde comme John Mitchell l’avait fait à son profit vis à vis de Josh Kronfeld? Il faut l’espérer pour Matt Todd! Jerome Kaino et Kieran Read sont encore jeunes et devraient, s’ils le souhaitent bien sûr, prolonger l’aventure jusqu’en 2015. Mais au regard du parcours de Jerry Collins et de Rodney So’oialo entre 2007 et 2011, la donne peut changer très vite! Victor Vito et Liam Messam possèdent également une bonne expérience internationale alors que des jeunes comme Sam Cane ou Luke Braid représentent l’avenir. En troisième ligne, les All Blacks n’ont pas de soucis à se faire et ont depuis des générations sortis des grands joueurs.
Demis de mêlée: Du monde mais pas de taulier

Piri Weepu, peut il tenir 4 ans de plus?
Je ne suis pas trop d’accord avec les commentaires français reléguant Weepu comme 3e choix à la mêlée avant le début du mondial. Je pense plutôt qu’il partageait la place de titulaire avec Jimmy Cowan avant que ce dernier ne soit relégué comme dernier choix. Les trois demis de mêlée du squad ont moins de trente ans et peuvent donc continuer de jouer pour l’équipe nationale jusqu’au prochain tournoi. A cette liste peuvent être ajoutés Alby Matthewson et Brendon Leonard. Mais aucun de ces joueurs n’est une référence mondiale à ce poste si particulier et stratégique, et il y a fort à parier que beaucoup iront monnayer leur talent en Europe. Piri Weepu s’est affirmé comme un leader au cours de la Coupe du Monde mais son niveau de jeu n’a pas été irréprochable, particulièrement en finale. Son transfert pour les Blues devrait limiter le temps de jeu d’Alby Matthewson, à moins qu’il se voit décalé à l’ouverture. Peu de certitudes pour le moment en 9, mais il en était de même après 2007 et le départ de Byron Kelleher.

Aaron Cruden doit confirmer
Ouverture: Vaincre la Carter-dépendance
Les All Blacks ont réussi à être champions du monde sans Dan Carter mais est-ce que pour autant Colin Slade et Aaron Cruden sont devenus des excellents joueurs? Bien sûr que non et toute personne ayant suivi les derniers tournois de Super Rugby ainsi que les rencontres internationales des kiwis pourra le confirmer. Ces deux joueurs possèdent néanmoins une belle marge de progression, et il faudra également suivre les progrès de Beauden Barrett et Gareth Anscombe. Mais si Dan Carter, qui n’a que 29 ans, ne cède pas de suite aux offres financièrement alléchantes des clubs Européens, il a encore quelques années à offrir aux All Blacks. Il faudra cependant que le futur staff décide entre rebâtir une équipe avec des jeunes sur 4 ans ou choisir la facilité en conservant son métronome. Le nouveau héros Stephen Donald part lui pour l’Angleterre et Bath.
Back Five: Le talent est là

Israel Dagg, la pépite
Ma’a Nonu et Conrad Smith ont confirmé qu’ils formaient la meilleure paire de centre de la planète. Resteront-ils associés jusqu’en 2015? L’âge le leur permet mais si Richard Kahui retrouve son poste de prédilection et si des jeunes comme Robbie Fruean continuent de progresser, une concurrence peut s’installer. De plus cette paire bénéficie également d’une grande complémentarité depuis 2003 et le début de leur association aux Hurricanes, mais le départ (ou plutôt l’exclusion) de Ma’a Nonu vers les Blues peut mettre en péril ces automatismes. Par chance, Sonny Bill Williams devrait bientôt quitter le Rugby Union et arrêter l’escroquerie en retournant jouer en Rugby League. Israel Dagg, Zac Guildford, Isaia Toeava et certainement Sean Matlaind, Julian Savea ou Robbie Robinson sont les joueurs sur qui il faudra compter à l’aile ou à l’arrière. La liste est bien sûr non exhaustive!
Les All Blacks devront donc, pour continuer à être compétitifs, revoir en profondeur leur modèle financier car malheureusement sans argent, l’équipe nationale comme ses franchises ne pourront pas se maintenir au plus haut niveau. L’IRB et les autres nations mondiales ne devraient également plus leur faire autant de cadeaux. L’exode de ses joueurs vers l’Europe ou le Japon (voire une tendance grandissante à rejoindre des franchises Australiennes) ainsi que le choix des descendants d’Islanders de représenter très jeunes la nation de leurs parents sont autant de menaces pour l’avenir des Néo Zélandais. Il faudra également voir qui de Steve Hansen, Vern Cotter, Joe Schmidt, Todd Blackadder, Warren Gatland ou Ewen McKenzie occupera le poste laissé vacant par Graham Henry. Continuité ou révolution, réponse lors du prochain Tri Nations!

Piri Weepu
Ce sera donc là, au sein du mythique Eden Park, 24 longues et interminables années après leur premier et dernier sacre, que Piri Weepu et ses faux airs d’Ewok maléfique mènera le haka d’une vie, d’une équipe, d’un peuple tout entier qui vibrera au son du Ka Mate ou du Kapa O’Pango.
Les All Blacks ont rendez vous avec leur destin, celui, qui telle une conquête tant espérée, lui semble promis à chaque grande occasion mais qui finit toujours par se défiler d’une manière ou d’une autre, au bras d’un surfeur australien, d’une dolce vita sud africaine ou par deux fois pour un amant français au bel accent. Cette fois ci semble être la bonne, les principaux rivaux se sont déchiquetés entre eux et les Blacks ont mis tous leur arguments de leur côté. Même si l’atout de séduction numéro 1 de cette équipe est sur le flanc, nul doute qu’ils sauront survivre sans le beau Daniel Carter, même si les puristes diront que ce n’est plus pareil. Mais après 24 ans de disettes et de traumatismes divers, au diable le romantisme.
“Au diable le romantisme !”

Jerome Kaino
Si ces Blacks là remportent le trophée Webb Ellis, ils le devront en grande partie à leurs gueule cassées, leurs gars de l’ombre dont le travail fait jaillir la lumière, ce sera surtout grâce aux cicatrices de Mealamu, à la voix caverneuse et au main rugueuses de ce bon guerrier Brad Thorn ou bien encore aux percussions ravageuses de Jerome Kaino. On pourra toujours souligner les belles envolées de la révélation Dagg ou la divine gestuelle de Conrad Smith, mais là encore l’esthétisme passera au second plan pour faire place à la froideur tactique du corpulent Weepu et de sa barbe négligée qui a pris les commandes de cette équipe depuis le forfait de Carter. Non ce n’est définitivement pas la coupe du monde du beau, les gallois et les australiens auront beau briller pour le match pour la 3ème place, rien ne fera oublier comment français et néo-zélandais se sont chargés de les renvoyer à leurs chères études.
“Les beaux arts, les français ne connaissent pas”

Vincent Clerc
Les beaux arts, les français de Lièvremont ne connaissent pas. La déferlante médiatique qui a fait suite à “l’horrible” victoire française face à des gallois estampillés dépositaires du beau jeu, ne masquera pas la froide réalité. Le beau c’est bien, mais ça ne gagne pas les matchs à enjeux. Ou du moins pas durant cette coupe du monde. Ce sont donc les “affreux” français décriés de toute part qui vont se présenter ce dimanche face à ces redoutables All Blacks qui ont retrouvé le goût du combat et du sacrifice. A la différence de la presse nationale, les hommes de Henry semblent avoir retenus les leçons du passé en privilégiant le combat au sol et le pragmatisme sur les phases statiques et savent pertinemment que le match sera loin d’être gagné face à ces français que tout le monde vilipende.

Julien Bonnaire
Car ce facteur chance qui accompagne les français depuis leur entrée dans le tournoi, laisse présager d’une finale équilibrée ou les français auront leur chance à condition de rivaliser sur les impacts et sur le jeu au sol. Bien entendu il faudra aussi une constance de tous les moments sur les phases statiques où la performance de Bonnaire et Mas seront déterminantes. Bien entendu il faudra qu’un éclair de génie jaillisse des lignes arrières, dont on dirait qu’elles ont oublié toute inspiration en France. Bien entendu il faudra que la magie des grands moments fasse basculer ce match dans une douce folie où l’on oublierait le laid pour consacrer le beau dans un final assourdissant que tout un pays rêve de connaître une première fois. Cette première fois où toute notion de beauté ou de laideur n’est qu’illusion du moment où la magie de ce moment unique est présente…
EQUIPES
XV de France: 1. Jean Baptiste POUX (Toulouse) / 2. William SERVAT (Toulouse) / 3. Nicolas MAS (Perpignan) / 4. Pascal PAPE (Stade Français) / 5. Lionel NALLET (Racing Metro 92) / 6. Thierry DUSAUTOIR (Toulouse) / 7. Julien BONNAIRE (ASM Clermont) / 8. Imanol HARINORDOQUY (Biarritz) / 9. Dimitri YACHVILI (Biarritz) / 10. Morgan PARRA (ASM Clermont) / 11. Alexis PALISSON (RC Toulon) / 12. Maxime MERMOZ (Perpignan) / 13. Aurélien ROUGERIE (ASM Clermont) / 14. Vincent CLERC (Toulouse) / 15. Maxime MEDARD (Toulouse) – 16. Dimitri SZARZEWSKI (Stade Français) / 17. Fabien BARCELLA (Biarritz) / 18. Julien PIERRE (ASM Clermont) / 19. Fulgence OUEDRAOGO (Montpellier) / 20. Jean Marc DOUSSAIN (Toulouse) / 21. François TRINH DUC (Montpellier) / 22. Damien TRAILLE (Biarritz)
All Blacks: 1. Tony WOODCOCK (Blues) / 2. Keven MEALAMU (Blues) / 3. Owen FRANKS (Crusaders) / 4. Brad THORN (Fukuoka Sanix) / 5. Sam WHITELOCK (Crusaders) / 6. Jerome KAINO (Blues) / 7. Richie MCCAW (Crusaders) / 8. Kieran READ (Crusaders) / 9. Piri WEEPU (Blues) / 10. Aaron CRUDEN (Chiefs) / 11. Richard KAHUI (Chiefs) / 12. Ma’a NONU (Blues) / 13. Conrad SMITH (Hurricanes) / 14. Cory JANE (Hurricanes) / 15. Israel DAGG (Crusaders) – 16. Andrew HORE (Highlanders) / 17. Ben FRANKS (Crusaders) / 18. Ali WILLIAMS (Blues) / 19. Adam THOMSON (Highlanders) / 20. Andy ELLIS (Crusaders) / 21. Stephen DONALD (Bath Rugby) / 22. Sonny Bill WILLIAMS (Libre)
Avant le début du Mondial j’avais écrit cet article, après une collaboration avec des blogueurs d’autres nations rugbystiques… Plutôt sur le ton de l’humour ne croyant absolument pas à une victoire française… Une certitude remise en cause avec la finale qui s’annonce dimanche matin! Retrouvez l’article ci-dessous ou sa version complète sur ce lien.
Oui je sais, vous vous demandez peut être si je ne suis pas devenu fou! Mais dans le cadre d’une collaboration avec d’autres blogueurs mondiaux initiée par Matt de Green and Gold Rugby, il a fallu trouver cinq arguments expliquant pourquoi la France serait championne du monde de rugby! Et quand on n’y croit absolument pas, il faut avoir de l’inspiration! Vous pourrez également retrouver plus bas les contributions des autres participants.
English readers can read this article by clicking on this link
- French Flair – Esprit de contradiction – Audace

Traille, l'anti French flair
Tous les joueurs français disponibles au milieu des nombreux étrangers du Top 14 ont été testés avec en Equipe de France depuis que Marc Lièvremont a été nommé entraîneur national. Cela fait bien entendu partie d’un plan maléfique pour empêcher nos adversaires de comprendre notre stratégie, assez efficace car ni les médias ni les supporters ne s’y retrouvent. La France est réputée pour sa capacité à battre n’importe quelle équipe du monde au cours d’un match. Mais depuis la défaite face à l’Italie au cours du dernier tournoi des Six Nations, nous avons également la capacité de perdre contre n’importe qu’elle équipe! Le discours des coachs depuis trois ans a été de développer une approche pragmatique du jeu, proche de celle des anglais. Mais l’audace coule dans les veines françaises et le fameux flair peu nous aider à remporter un match contre une équipe pourtant réputée imbattable.
- Statistiques simplifiées
Les statistiques officielles de la France en Coupe du Monde ne sont pas disponibles car les performances des Bleus ont été trop irrégulières. Cependant le proverbe “Jamais deux sans trois” est le plus à même de s’appliquer. Comme nous n’avons battu que deux fois les All Blacks au cours des phases finales, nous avons encore une opportunité de les battre et celle ci n’arrivera qu’en finale (le match de poule ne compte pas). Dans le même ordre d’idée, notre bête noire l’Angleterre que nous pourrions retrouver en quarts de finale nous a déjà battu à trois reprises (1991, 2003 & 2007) donc ce sera notre tour pour cette édition 2011.

James Horwill après sa rencontre avec Imanol
- Agressivité – Vice
Bien que le rugby soit un sport professionnel depuis 15 ans, nos joueurs ont été nourris dès leur jeunesse au respect de la tradition historique du rugby français, l’agressivité. Avec l’absence de Sébastien Chabal, nos adversaires pensaient s’être débarrassés du plus violent rugbyman français. Mais nous savons tous que Caveman n’est spectaculaire que dans les vidéos youtube et que Papé, Barcella, Szarzewski ou Harinordoquy (demandez à James Horwill) ont le potentiel pour faire aussi bien que Richard Dourthe en 1999. Et pour impressionner, on pourra toujours lancer une bonne générale!

Le bébé de Didier
- Mêlée & Défense
La mêlée a toujours fait partie de la tactique des équipes françaises et il a toujours été très important que les piliers français dominent leurs adversaires. Des syndicats de piliers ont été crées depuis longtemps pour transmettre l’héritage des anciens. Mais depuis 2008 cette science de la mêlée est entrée dans l’ère moderne avec la création par Thales et Didier Retière d’une machine pouvant imiter les meilleurs packs mondiaux. Donc si nous devions avoir qu’une seule arme, la mêlée serait celle ci, surtout lorsque l’on considère l’important réservoir de joueur en première ligne, illustré par la non-sélection de Sylvain Marconnet. Le travail de Retière depuis trois ans peut se distinguer également en défense ou, avec David Ellis, il a construit un pack puissant, agressif et surtout régulier.
- Toulouse
Le Stade Toulousain est le club français le plus renommé dans le monde rugbystique et il en est de même pour son manager Guy Novès. Les Toulousains sont respectés à l’étranger pour leur parcours souvent long en Heineken Cup. Par chance, le contingent de joueurs de Guy Noves présents au sein du squad des Bleus est important, principalement aux postes clés. Thierry Dusautoir est le capitaine, William Servat dirige la mêlée et le trio d’arrière Vincent Clerc, Maxime Médard et Cédric Heymans est imprévisible. Mais bien sûr, nous ne savons toujours pas quoi penser de David Skrela…

Vous avez peut être remarqué depuis quelques semaines un lien pour voter pour Sud Rugby aux Golden Blog Awards 2011. Pour détaillé cette “candidature” et justifier vos votes quotidiens que j’espère nombreux, un article-interview est paru hier sur sportsmarketing.fr.
Vous y apprendrez peut être que je suis à la recherche de rédacteurs n’ayant pas le temps et les connaissances nécessaires pour traiter tous les sujets liés au rugby de l’hémisphère sud. Donc si vous êtes passionnés par les All Blacks, les Wallabies (jusque là ma chasse gardée), les Springboks, les Pumas, les Argentins voire les Namibiens ou les Uruguayens et autres, contactez moi par mail (adrien@sudrugby.com) ou sur Twitter pour en discuter.
Par la même occasion j’en profite pour rappeler qu’un sondage est en cours à propos du futur design du site. Actuellement Felipe Contepomi, George Gregan, Dan Carter et Bryan Habana illustrent le blog mais cela devrait bientôt changer. A vous de choisir en cliquant sur ce lien.
A très bientôt avec un article de présentation des All Blacks avant la finale!


