France vs All Blacks – La Grande Finale

Piri Weepu

Ce sera donc là, au sein du mythique Eden Park, 24 longues et interminables années après leur premier et dernier sacre, que Piri Weepu et ses faux airs d’Ewok maléfique mènera le haka d’une vie, d’une équipe, d’un peuple tout entier qui vibrera au son du Ka Mate ou du Kapa O’Pango.

Les All Blacks ont rendez vous avec leur destin, celui, qui telle une conquête tant espérée, lui semble promis à chaque grande occasion mais qui finit toujours par se défiler d’une manière ou d’une autre, au bras d’un surfeur australien, d’une dolce vita sud africaine ou par deux fois pour un amant français au bel accent. Cette fois ci semble être la bonne, les principaux rivaux se sont déchiquetés entre eux et les Blacks ont mis tous leur arguments de leur côté. Même si l’atout de séduction numéro 1 de cette équipe est sur le flanc, nul doute qu’ils sauront survivre sans le beau Daniel Carter, même si les puristes diront que ce n’est plus pareil. Mais après 24 ans de disettes et de traumatismes divers, au diable le romantisme.

“Au diable le romantisme !”

Jerome Kaino

Si ces Blacks là remportent le trophée Webb Ellis, ils le devront en grande partie à leurs gueule cassées, leurs gars de l’ombre dont le travail fait jaillir la lumière, ce sera surtout grâce aux cicatrices de Mealamu, à la voix caverneuse et au main rugueuses de ce bon guerrier Brad Thorn ou bien encore aux percussions ravageuses de Jerome Kaino. On pourra toujours souligner les belles envolées de la révélation Dagg ou la divine gestuelle de Conrad Smith, mais là encore l’esthétisme passera au second plan pour faire place à la froideur tactique du corpulent Weepu et de sa barbe négligée qui a pris les commandes de cette équipe depuis le forfait de Carter. Non ce n’est définitivement pas la coupe du monde du beau, les gallois et les australiens auront beau briller pour le match pour la 3ème place, rien ne fera oublier comment français et néo-zélandais se sont chargés de les renvoyer à leurs chères études.

“Les beaux arts, les français ne connaissent pas”

Vincent Clerc

Les beaux arts, les français de Lièvremont ne connaissent pas. La déferlante médiatique qui a fait suite à “l’horrible” victoire française face à des gallois estampillés dépositaires du beau jeu, ne masquera pas la froide réalité. Le beau c’est bien, mais ça ne gagne pas les matchs à enjeux. Ou du moins pas durant cette coupe du monde. Ce sont donc les “affreux” français décriés de toute part qui vont se présenter ce dimanche face à ces redoutables All Blacks qui ont retrouvé le goût du combat et du sacrifice. A la différence de la presse nationale, les hommes de Henry semblent avoir retenus les leçons du passé en privilégiant le combat au sol et le pragmatisme sur les phases statiques et savent pertinemment que le match sera loin d’être gagné face à ces français que tout le monde vilipende.

Julien Bonnaire

Car ce facteur chance qui accompagne les français depuis leur entrée dans le tournoi, laisse présager d’une finale équilibrée ou les français auront leur chance à condition de rivaliser sur les impacts et sur le jeu au sol. Bien entendu il faudra aussi une constance de tous les moments sur les phases statiques où la performance de Bonnaire et Mas seront déterminantes. Bien entendu il faudra qu’un éclair de génie jaillisse des lignes arrières, dont on dirait qu’elles ont oublié toute inspiration en France. Bien entendu il faudra que la magie des grands moments fasse basculer ce match dans une douce folie où l’on oublierait le laid pour consacrer le beau dans un final assourdissant que tout un pays rêve de connaître une première fois. Cette première fois où toute notion de beauté ou de laideur n’est qu’illusion du moment où la magie de ce moment unique est présente…


EQUIPES

XV de France: 1. Jean Baptiste POUX (Toulouse) / 2. William SERVAT (Toulouse) / 3. Nicolas MAS (Perpignan) / 4. Pascal PAPE (Stade Français) / 5. Lionel NALLET (Racing Metro 92) / 6. Thierry DUSAUTOIR (Toulouse) / 7. Julien BONNAIRE (ASM Clermont) / 8. Imanol HARINORDOQUY (Biarritz) / 9. Dimitri YACHVILI (Biarritz) / 10. Morgan PARRA (ASM Clermont) / 11. Alexis PALISSON (RC Toulon) / 12. Maxime MERMOZ (Perpignan) / 13. Aurélien ROUGERIE (ASM Clermont) / 14. Vincent CLERC (Toulouse) / 15. Maxime MEDARD (Toulouse) – 16. Dimitri SZARZEWSKI (Stade Français) / 17. Fabien BARCELLA (Biarritz) / 18. Julien PIERRE (ASM Clermont) / 19. Fulgence OUEDRAOGO (Montpellier) / 20. Jean Marc DOUSSAIN (Toulouse) / 21. François TRINH DUC (Montpellier) / 22. Damien TRAILLE (Biarritz)

All Blacks: 1. Tony WOODCOCK (Blues) / 2. Keven MEALAMU (Blues) / 3. Owen FRANKS (Crusaders) / 4. Brad THORN (Fukuoka Sanix) / 5. Sam WHITELOCK (Crusaders) / 6. Jerome KAINO (Blues) / 7. Richie MCCAW (Crusaders) / 8. Kieran READ (Crusaders) / 9. Piri WEEPU (Blues) / 10. Aaron CRUDEN (Chiefs) / 11. Richard KAHUI (Chiefs) / 12. Ma’a NONU (Blues) / 13. Conrad SMITH (Hurricanes) / 14. Cory JANE (Hurricanes) / 15. Israel DAGG (Crusaders) – 16. Andrew HORE (Highlanders) / 17. Ben FRANKS (Crusaders) / 18. Ali WILLIAMS (Blues) / 19. Adam THOMSON (Highlanders) / 20. Andy ELLIS (Crusaders) / 21. Stephen DONALD (Bath Rugby) / 22. Sonny Bill WILLIAMS (Libre)

Author: Thibaut

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