Archive for November 2011

A l’occasion du centenaire de l’ASM fêté lors du dernier match de H Cup opposant les auvergnats aux italiens d’Aironi, Sudrugby vous propose de faire une rétrospective de tous les sudistes ayant marqué l’histoire de ce club. Pour cela carte blanche à Simon, supporter des jaunards qui se lance dans son premier article.
On va mettre tout de suite les choses au clair : Pierre Mignoni bien que Toulonnais n’est pas inclus dans le décompte des sudistes de l’ASM alors Jaque Fourie aurait pu, lui, en faire partie… Le centenaire de l’ASM, fêté au passage contre une franchise créée il y un an, a permis de retrouver quelques têtes connues des fans auvergnats. L’ASM a depuis 1978 régulièrement intégré des joueurs de l’Hémisphère Sud dans son squad. De Fred Moore à Sitiveni Sivivatu en passant par Tony Marsh, revue d’effectif, volontairement élargie aux pays non “traditionnels” du rugby (USA, Canada, Maroc, Japon etc…).
Les pionniers:

Joe Karam
Arrivé en 1972, Ashley Moore (AUS, 2ème ligne) est suivi l’année suivante par un All Black aux 42 sélections : Joe Karam (NZL, Arrière). Autant vous le dire tout de suite, si le premier a 25 matchs répertoriés avec l’ASM, le second n’en a aucun malgré une très belle carrière (bien répertoriée sur le site www.allblacks.com). Quelques années plus tard et 34 ans après le D-Day, Fred Weber (USA, 2ème ligne) débarque sur les plages de Clermont. Ce solide deuxième ligne (1m95 pour 106kg, bon d’accord Jauzion a les mêmes mensurations) est né à San Francisco en 1952. Il s’impose après une première saison plutôt difficile. La suite est bien plus réjouissante avec deux finales (perdues vous vous en doutez) de championnat de France et une place de choix dans le très fameux « monstre à 16 pattes ». Il faut attendre pas moins de 30 ans (excepté l’épisode Ferguson) pour retrouver trace d’un sudiste à l’ASM… Et pas si sudiste que çà finalement…

Tony Marsh
Le français:
Arrivé en provenance des Crusaders avec deux titres de Super 12 au palmarès (Crusaders 1998 et Blues 1997), il s’impose d’entrée et accède à la finale du championnat. Encore une fois vous connaissez l’issue du match… La suite est une succession de saisons pleines. Il est LE patron de la ligne de trois quart montferrandaise. Il atteint une nouvelle fois la finale du championnat en 2000/2001 contre Toulouse. L’année suivante, il connait la première de ses 21 sélections avec la France contre l’Afrique du Sud. Indiscutable, il remporte le Grand Chelem 2002. L’année 2003 est toute en contraste avec le diagnostic d’un cancer des testicules en mars et une demi finale de RWC. Il décide de mettre un terme à sa carrière internationale en 2004 et cette même année l’ASM joue à la fois les play-down et la finale du Bouclier Européen… 161 matchs, 37 essais et 1 pénalité (^^) plus tard, sa carrière à Clermont s’achève comme un symbole au Stade de France en 2007 (Finale du Top14 perdue face au Stade Français). Il restera un des joueurs marquants de l’ASM mais aussi de l’Equipe de France. Drôle de revanche pour un indésirable chez les Blacks…

Frans Steyn et sa coupe "para"
Très bonne surprise la semaine passée en recevant une invitation du Racing Metro 92 pour le match de H Cup contre Cardiff. C’est donc accompagné de deux bouchers que je suis retourné près des terrains que j’ai foulé pendant quelques saisons avec les équipes jeunes du Racing (sans le métro)… Si le Du Manoir et ses alentours n’ont plus trop de secrets pour le môme du 92 que je suis, la tribune et la salle de presse m’étaient encore inconnues… ne reste plus que la salle de réception pour pouvoir enfin taper la discut avec un Frans Steyn qu’Ovale de Grâce n’a pas sur reconnaître sans sa tignasse digne d’un Ovale Masqué blond. Mais H Cup, Racing et Cardiff sonnent très européens pour un blog qui se dit spécialisé dans l’hémisphère sud! C’était sans compter sur les deux équipes qui pour me faciliter la tâche ont décidé d’aligner 9 (pour le Racing) et 6 (pour les Blues) sudistes dans leur équipe, banc compris. Et encore je n’ai pas compté Dan Parks, Sydneysider du nord passé par West Harbour, les Southern Districts puis les Eastern Suburbs (ça s’appelle l’ascenseur social) pour enfin quitter l’île continent afin de gagner sa croûte en Ecosse ou Simon Rawalui, ancien joueur du Racing présent en tribune, qui a gardé le physique d’un joueur que je n’aurais pas aimé croiser sur un terrain. Dans la droite lignée de l’article que j’avais écris pour parler des bons coups et des arnaques sudistes en Top 14 voici une petite analyse des hommes venus de down under et de leur impact dans ces deux équipes.

Johnny Leo'o
Il y a tout d’abord les joueurs passant au nord de l’équateur avec le statut d’international. Le seul d’entre eux est bien sûr Jacques Cronjé qui aurait pu arriver en France quelques mois plus tôt si Jake White en avait décidé autrement. En effet Cronjé a été constamment présent dans les squads de l’ancien coach des Springboks à partir de sa prise de fonction en 2004. Titulaire au Bulls, l’éclosion d’alors tout jeune Pierre Spies le pousse au départ vers les Lions, l’autre franchise du Gauteng. La concurrence de Spies se fait également sentir avec les Boks où Jacques n’est plus titularisé. Victime de graves problèmes de santé Spies est contraint de faire une croix sur le Mondial en France ce qui aurait pu jouer en faveur du Racingman. C’était sans compter avec la décision de Bobby Skinstad de laisser tomber le mannequinat une saison et de se relancer avec les Sharks qu’il aidera à emmener en finale. Jake White a ensuite tranché et Danie Rossouw a été préféré comme second numéro 8. Contraint à ne jouer que la Currie Cup alors que ses coéquipiers devinrent champions du monde, Jacques rejoint la côte Basque et le BOPB où il fait l’unanimité. Après deux ans en concurrence avec Imanol Harinordoquy, il monte à Paris et s’engage avec le Racing où il sera en concurrence avec Sébastien Chabal. Troisième ligne dans la pure tradition Sud-Africaine, Jacques Cronjé s’est imposé grâce à son abattage, sa puissance et son talent intrinsèque au point de devenir capitaine des Racingmen en l’absence de Lionel Nallet. Arrivé plus discrètement sur les bords de Seine, Johnny Leo’o s’est lui aussi imposé au point de devenir incontournable dans l’effectif francilien. Le kiwi d’origine Samoane, passé par Marist Albion (faisant partie des prestigieuses écoles Marist), puis membre durant deux saisons des All Blacks Sevens de Gordon Tietjens, débute en NPC avec Bay of Plenty avant de rejoindre le prestigieux club de Canterbury en 2002 et sa version Super Rugby, les Crusaders, la même année. Une voie royale pour porter un jour le maillot des All Blacks? Malheureusement pas pour Johnny qui a eu la malchance d’arriver à maturité en même temps qu’un certain Richie McCaw, et l’on sait qu’il est très difficile de le déloger, même quand il est illégalement dans le camp adverse. Après 7 saisons en Super 14 dont 3 titres, Leo’o tente donc l’aventure en Europe au sein d’un petit club de Pro D2 ambitieux, accompagné à l’époque de Brent Ward. Participant à l’aventure de la montée puis aux deux phases finales successives, Johnny est devenu indispensable à Pierre Berbizier grâce à son nombre de placages impressionnant, son efficacité en défense, ses qualités de gratteur mais aussi sa capacité à apporter de la continuité dans le jeu contrairement à beaucoup de flankers Européens qui enterrent les ballons. Souvent sous-estimé, Leo’o est pourtant devenu l’un des tous meilleurs à son poste en Top 14.
Dans cet article je ne cherche en aucun cas à remettre en cause l’intégration des Pumas qui me fait personnellement énormément plaisir. Je souhaite juste mettre en avant un point important relevé par un bloggeur Sud Africain et qui illustre un des problèmes majeurs dont souffre le rugby de l’hémisphère sud, Afrique du Sud et Nouvelle Zélande en tête.
Tous les acteurs du rugby (fédérations, ligues, clubs, joueurs et même fans) s’accordent à dire que trop de rugby est néfaste pour l’image de ce sport et dangereux pour l’intégrité physique des joueurs. Cependant ces mêmes acteurs sont les spécialistes pour faire de grandes annonces ou promesses pour ensuite se tirer une balle dans le pied en mettant en place l’opposé de leurs déclarations! Malgré les premiers signaux d’alarme de professionnels de la santé en sport (comme le professeur Sud Africain Tim Noakes), les instances ne font qu’instaurer plus de rugby avec des compétitions plus longues (Rugby Championship & Super Rugby), et intercalent des rencontres internationales (3e Bledisloe Cup ou 3e affrontement en Tri Nations) tout en condamnant le concept! Alors avidité obscène, stupidité ou actions dénuées d’intérêt pour les joueurs? Le jeu est en pleine mutation et est impitoyablement modelé et déformé par des forces autres que celles qui sont sur le terrain! Les footeux jouent peu de rencontres pour leur pays, les joueurs de cricket participent eux à peu de matchs pour leurs clubs mais les rugbymen semblent en jouer beaucoup pour leurs clubs ainsi que leur nation! Cela a encore moins de sens quand, en plus de la nature ultra physique du sport, les joueurs sont vilipendés comme n’ayant plus l’amour du maillot ou ne souhaitant plus s’engager à fond à la moindre contre performance ou au moindre coup de mou dans une saison. Il est donc primordial d’instaurer des limites mais il est difficile de savoir si les instances (IRB, SANZAR, ERC etc…) ne font que piloter cette transformation pour simplement profiter de la demande en utilisant les ressources à leur disposition pour leur propre avidité et prospérité quitte à atteindre un point de rupture inévitable.
La SANZAR vient d’officialiser l’intégration de l’UAR (fédération argentine) dans son organisation permettant donc à l’Argentine de rejoindre le trio Afrique du Sud, Australie et Nouvelle Zélande lors de leur compétition annuelle. Une évolution qui est méritée depuis des années et qui correspond à la volonté des nations du sud de conserver la plus grande influence sur le rugby mondial. Ce Rugby Championship se jouera du 18 août au 6 octobre et toutes les nations engagées s’affronteront à deux reprises (domicile et extérieur). Le calendrier de la compétition permet aux effectifs de bénéficier de deux semaines de repos après deux rencontres jouées. Cette compétition débutera à la suite d’un Super Rugby dont la finale est prévue le 4 août et qui sera ajourné du 2 au 29 juin afin de laisser les joueurs à disposition de leurs équipes nationales pour les habituels tests du mois de juin! Avec la probable introduction des Southern Kings (la franchise de Port Elizabeth) en 2013, la situation devrait empirer! Ce “Four Nations” chevauchera également la Currie Cup et l’ITM Cup ainsi que les championnats Européens donc les joueurs appelés en cas de blessures ne devraient pas être plus “reposés” que les internationaux! N’oublions bien sûr pas les habituels tests d’automne qui ne seront pas supprimés et qui devraient toujours débuter au début du mois de novembre!

Agustin Pichot, grand artisan de l'intégration des Pumas au Rugby Championship
Même si l’annonce était dans les tuyaux depuis l’an passé, c’est désormais officiel, les Pumas Argentins intègrent les Tri Nations qui s’appelleront désormais, pour faire simple, The Rugby Championship. Four Nations semblait être une des choix les plus logiques mais l’existence d’un tournoi des quatre nations en Rugby à XIII a certainement motivé cette décision. L’ancien capitaine des Pumas Agustin Pichot s’est évertué à développer le rugby professionnel dans son pays, une quête difficile tant les amateurs comme la URBA, la toute puissante fédération de Buenos Aires, ont savonné la planche de l’ancien demi de mêlée en mettant la pression sur les joueurs. Les Pampas XV, une sélection des meilleurs joueurs non professionnels du pays a eu le droit de participer à la Vodacom Cup en Afrique du Sud, réussissant même à la remporter sans perdre un seul match lors de l’édition 2011. Les Pumas auront donc l’occasion de s’étalonner chaque année contre les trois nations majeures du sud à partir d’août prochain. Ils pourront également bénéficier de leurs meilleurs joueurs sous contrat avec des clubs Européens grâce à une directive de l’IRB augmentant la durée de mise à disposition des internationaux par leurs clubs !
Calendrier :
18 août 2012
- Australie vs Nouvelle Zélande (ANZ Stadium, Sydney)
- Afrique du Sud vs Argentine (Newlands, Cape Town)
25 août 2012
- Nouvelle Zélande vs Australie (Eden Park, Auckland)
- Argentine vs Afrique du Sud (non disponible)
8 septembre 2012
- Australie vs Afrique du Sud (Subiaco Oval, Perth)
- Nouvelle Zélande vs Argentine (Westpac Stadium, Wellington)
15 septembre 2012
- Australie vs Argentine (Skilled Park, Gold Coast)
- Nouvelle Zélande vs Afrique du Sud (Forsyth Barr Stadium, Dunedin)
29 septembre 2012
- Afrique du Sud vs Australie (Loftus Versfeld, Pretoria)
- Argentine vs Nouvelle Zélande (non disponible)
6 octobre 2012
- Afrique du Sud vs Nouvelle Zélande (non disponible)
- Argentine vs Australie (non disponible)




