Archive for December 2011

George Gregan le chef d'orchestre des Wallabies
Même si aujourd’hui la Bledisloe Cup ressemble plus à un concept mercantile, elle représente pourtant une tradition âgée de 80 ans agrémentée de matchs légendaires. Aujourd’hui Néo Zélandais et Australiens s’affrontent de nombreuses fois par an, dont une rencontre délocalisée pour appâter la clientèle asiatique, ôtant toute incertitude entre ces deux équipes qui se connaissent par cœur. Les faits divers autour de ces rencontres (Quade Cooper et ses claques sur Richie McCaw ou les passes d’armes entre Steve Hansen et Robbie Deans) ont fait plus parler d’elles que le superbe essai de Radike Samo! Pourtant il y a un peu plus de dix ans a eu le lieu “le match du siècle”, également nommé “a test match made in heaven”, entre les Wallabies champion du monde et les All Blacks qui auraient du l’être si les Français n’avaient pas “osé” les humilier une seconde fois après le Rainbow Warrior. Le 15 juillet 2000, après le premier Six Nations de l’histoire qui avait vu l’Angleterre remporter le tournoi, l’Irlande lancer un petit jeune nommé Brian O’Driscoll qui se permit un hat trick au Stade de France et Bernard Laporte titulariser Legi Matiu face aux Gallois, et avant les Jeux de Sydney, le Stadium Australia (ou ANZ Stadium) a été le théâtre d’une rencontre hors du commun avec de nombreux joueurs de légende des deux côtés et une affluence record de 109 874 spectateurs.
Un départ canon des All Blacks

Tana Umaga, fraîchement nommé coach des Counties Manukau
Trois essais en cinq minutes! Difficile à croire mais pourtant vrai, les Wallabies semblant être encore dans le bus en ce début de rencontre. Dès la première minute à la suite d’une mêlée, Andrew Mehrtens tape un coup de pied que Chris Latham rattrape mal et qu’il ne peut transmettre à Joe Roff. Tana Umaga en profite pour intercepter le ballon et foncer inscrire l’essai alors que Stirling Mortlock tente en vain de le rattraper. Après la transformation de Mehrtens, sur le coup d’envoi, des Australiens brouillons et mal placés se font surprendre par Jonah Lomu sur l’aile gauche. Comme souvent, seul George Gregan est capable de le mettre au sol (le seul à utiliser son cerveau) mais le colosse a le temps de transmettre la balle à Pita Alatini qui aplatît dans l’en-but. Mehrtens transforme une nouvelle fois et sur un coup d’envoi court de Stephen Larkham, Norm Maxwell (aujourd’hui entraîneur de Vigo en Espagne) récupère la balle. Les Australiens à la rue et défensivement aussi efficaces qu’une porte de saloon ne peuvent empêcher la combinaison entre Marshall, Ieremia et Alatini. Ce dernier envoi un Christian Cullen lancé directement vers l’en but. Nous sommes à la 5e minute! Une transformation puis une pénalité plus loin et les All Blacks coachés par Wayne Smith sont devant sur le score de 24 à 0.
Les Wallabies recollent

Stirling Mortlock, auteur d'un doublé à l'aile
Alors qu’on les croyait au fond du trou, les Wallabies, emmenés par le grand John Eales et boostés par un Jim Williams (l’adjoint de Robbie Deans récemment mis à pied) en très grande forme se réveillent. Après quelques temps de jeu, Gregan passe à Larkham qui réalise une de ses actions les plus célèbres (avec le drop de 99) et enrhume Mehrtens et Ieremia pour transmettre à son ailier Stirling Mortlock qui n’a plus qu’à terminer le boulot malgré le retour désespéré de Lomu. Il s’occupera d’ailleurs de transformer son essai. Nous en sommes désormais à 24-7 à la 10e minute. 9 minutes plus tard, suite à une touche de Michael Foley (aujourd’hui coach des NSW Waratahs) bien captée par John “Nobody” Eales, Gregan transmet à Jim Williams qui remonte quasiment les 22 derniers mètres adverses pour être plaqué juste avant la ligne d’en-but des kiwis. Suite au regroupement Gregan transmet la balle à un Mortlock lancé comme un bulldozer et qui réalise donc le doublé. Malheureusement, l’absence de buteur régulier en Australie existe depuis la retraite de Michael Lynagh et Mortlock ne transforme pas! Le score est de 24-12 à la vingtième minute. Sept minutes plus tard, après un nouveau regroupement devant les poteaux des All Blacks suite à une action menée par Larkham et Dan Herbert (un habitué de la CPAM du Languedoc Roussillon), Gregan (qui a changé de maillot, les All Blacks ayant déjà des problèmes pour rester dans leur camp à l’époque) transmet à un Chris Latham lancé qui évite un placage de Kees Meeuws et s’arrache jusqu’à l’en-but, se faisant assommer par David Wilson au passage. Deux minutes après la transformation de Mortlock (pour un 24-19) on se retrouve dans la même situation face aux poteaux. Malgré une bonne défense en ligne des All Blacks qui empêchent coup sur coup Larkham puis Roff (une première fois) et Herbert d’aplatir, ils ne peuvent rien sur la seconde tentative de Joe Roff qui semble toutefois bénéficier de l’aide “involontaire” de John Eales. Mortlock ne transforme pas et l’on se retrouve à 24 partout à la mi temps.
Une seconde mi temps serrée

Jonah Lomu auteur de l'essai de la victoire
Sept minutes après la fin de la pause, les Wallabies prennent pour la première fois la tête grâce à une pénalité de Stirling Mortlock. Les All Blacks récupèrent la balle sur le renvoi de Mehrtens et après une passe de Taine Randell, Justin Marshall traverse le terrain sur 40m en diagonale et inscrit le quatrième essai des Néo Zélandais. A la 36e minute, alors que le score est de 34 à 30 pour les visiteurs, George Gregan se faufile pour se rapprocher de la ligne adverse. Après plusieurs temps de jeu, le talonneur remplaçant Jeremy Paul inscrit le cinquième essai des Aussies en coin. Andrew Walker, éphémère joueur de Gaillac qui a remplacé Mortlock, ne transforme pas pour sa première sélection à XV, lui qui fut le premier échec des transfuges du XIII des années 2000 (avant Tuqiri, Sailor, Rogers, Tahu ou Cross). Les Australiens mènent alors 35 à 34 et dans les arrêts de jeu (le temps effectif n’était pas encore d’actualité), après de multiples temps de jeu, Taine Randell profite du télescopage entre Jason Little et Andrew Walker pour transmettre à un Jonah Lomu esseulé qui crucifie les Wallabies à la 83e! Un match dantesque qui se termine sur le score de 39 à 35 pour les All Blacks. Les Wallabies prendront leur revanche à Wellington trois semaines plus tard et remporteront ce Tri Nations 2000.
WALLABIES
1. Richard Harry (NSW Waratahs) / 2. Michael Foley (Queensland Reds) / 3. Fletcher Dyson (Queensland Reds) / 4. David Giffin (ACT Brumbies) / 5. John Eales (cap) (Queensland Reds) / 6. Mark Connors (Queensland Reds) / 7. David Wilson (Queensland Reds) / 8. Jim Williams (ACT Brumbies) / 9. George Gregan (ACT Brumbies) / 10. Stephen Larkham (ACT Brumbies) / 11. Joe Roff (ACT Brumbies) / 12. Jason Little (NSW Waratahs) / 13. Dan Herbert (Queensland Reds) / 14. Stirling Mortlock (ACT Brumbies) / 15. Chris Latham (Queensland Reds)
Remp: 16. Jeremy Paul (ACT Brumbies) / 17. Toutai Kefu (Queensland Reds) / 18. Rod Kafer (ACT Brumbies) / 19. Glenn Panoho (Queensland Reds) / 20. Andrew Walker (ACT Brumbies) / 21. Troy Jaques (ACT Brumbies) / 22. Sam Cordingley (non entré) (Queensland Reds)
Coach: Rod MacQueen / Ass: Ewen McKenzie
ALL BLACKS
1. Carl Hoeft (Highlanders) / 2. Anton Oliver (Highlanders) / 3. Kees Meeuw (Highlanders) / 4. Todd Blackadder (cap) (Crusaders) / 5. Norm Maxwell (Crusaders) / 6. Taine Randell (Highlanders) / 7. Scott Robertson (Crusaders) / 8. Ron Cribb (Crusaders) / 9. Justin Marshall (Crusaders) / 10. Andrew Mehrtens (Crusaders) / 11. Jonah Lomu (Hurricanes) / 12. Pita Alatini (Highlanders) / 13. Alama Ieremia (Hurricanes) / 14. Tana Umaga (Hurricanes) / 15. Christian Cullen (Hurricanes)
Remp: 16. Josh Kronfeld (Highlanders) / 17. Troy Flavell (Blues) / 18. Byron Kelleher (Highlanders) / 19. Mark Hammett (Crusaders) / 20. Tony Brown (Highlanders) / 21. Leon MacDonald (non entré) (Crusaders) / 22. Craig Dowd (Blues)
Coach: Wayne Smith / Ass: Tony Gilbert
Score Final: 35-39
Essais: Stirling Mortlock (x2), Chris Latham, Joe Roff et Jeremy Paul pour l’Australie / Tana Umaga, Pita Alatini, Christian Cullen, Justin Marshall et Jonah Lomu pour la Nouvelle Zélande
Transformations: Stirling Mortlock (x2) pour l’Australie / Andrew Mehrtens (x4) pour la Nouvelle Zélande
Pénalités: Stirling Mortlock (x2) pour l’Australie / Andrew Mehrtens (x2) pour la Nouvelle Zélande
ET BONNES FÊTES DE FIN D’ANNÉE A TOUS!

Sonny Bill Williams portant les couleurs des Chiefs - Credits: Brucer Mercer (Fairfax Media)
L’ancien joueur du RC Toulon a définitivement la bougeotte. Sonny Bill Williams vient à peine de reprendre l’entraînement avec sa nouvelle équipe des Chiefs de Waikato qu’il parle déjà de partir à la fin de la saison. Le trois-quarts centre qui s’est engagé pour une année avec le club d’Hamilton laisse déjà plané le doute sur son avenir alors que le Super 15 n’a même pas débuté. Il est comme ça Sonny Bill Williams, un peu instable. Après avoir quitté le rugby à XIII australien en 2008 pour rejoindre le RC Toulon, SBW pourrait, selon plusieurs journaux australiens, revenir à ses premiers amours. SBW aurait confié à des amis proches qu’il voulait partir en Australie après son année aux Chiefs. Deux clubs de Rugby League, les Parramatta Eels et les Sydney Roosters seraient déjà sur les rangs et lui feraient les yeux doux pour l’enrôler. SBW avait plutôt laissé un bon souvenir à Sydney quand il portait les couleurs des Bulldogs. Son départ pour le rugby à XV, par contre, avait déchaîné les foules faisant de lui l’homme le plus détesté de l’année 2008.
Jouer pour les Crusaders comme l’an dernier et disputer une finale de Super 15 ne la pas contenté. Sonny Bill voulait se rapprocher de sa famille qui vit à Hamilton et a donc signé dans la province du Waikato. Le garçon ne sait pas ce qu’il veut et finalement, c’est peut-être le rugby à XIII qui lui plait le plus. Où l’argent ? Car on pourrait facilement soupçonner Sonny Bill Williams de faire monter les enchères. Ce n’est pas la première fois que SBW propagerait de fausses rumeurs (ou son agent Khoder Nasser) afin de faire décoller son salaire. En 2004, alors que son contrat avec les Bulldogs arrivait à son terme, SBW et son agent de l’époque simulèrent une offre du club anglais de Saint-Helens (3,5 millions d’euros par an). Williams refusa cette offre par amour du maillot et prolongea de deux années de plus avec le club de Sydney. On apprendra plus tard que Saint-Helens n’avait fait aucune offre à Williams. Le joueur et son agent avaient menti afin de faire monter les tarifs.
Amoureux des Bulldogs…
Mais il est beaucoup trop tôt pour accuser le joueur de toute perfide manigance. Le joueur de 26 ans, international aussi bien à XIII qu’à XV a passé beaucoup de son temps libre à Sydney depuis le titre de champion du monde acquis avec les All Blacks le 23 octobre dernier.
Son intérêt pour la NRL est avéré. Il aurait même demandé à ses amis où il pourrait s’installer s’il revenait à Sydney. Le président des Roosters, Nick Politis, est un grand fan de SBW et a le portefeuille assez bien garni pour rivaliser avec les plus grands clubs du Super 15. De son côté, Roy Spagnolo, le président de Parramatta aimerait associer SBW à ses anciens compagnons des Canterbury Bulldogs, Reni Maitua, Ben Roberts and Willie Tonga. SBW est très proche de Reni Maitua. Interrogé sur le sujet, Roy Spagnolo a déclaré que les entraîneurs des Parramatta Eels, Stephen Kearney et Peter Nolan ne laisseront rien filtrer concernant le recrutement futur.
En attendant 2013, c’est sur les rings de boxe que SBW s’illustre le plus. L’international néo-zélandais, possède dans son contrat une clause qui lui permet de poursuivre sa carrière de boxeur. Le centre des Chiefs, qui a remporté ses quatre premiers combats professionnels, devrait se battre pour le titre de champion de Nouvelle-Zélande des lourds face à Richard Tutaki, le 8 février, à Hamilton, quelques semaines avant de faire ses débuts avec sa nouvelle équipe des Waikato Chiefs dans le Super 15. Un crochet comme un autre un autre pour être fin prêt à défier les Highlanders d’Otago le samedi 25 février en ouverture du championnat.
Guillaume Bonnaure, à Auckland.
C’était un secret de polichinelle et compte tenu de l’empressement de la fédération Néo Zélandaise à nommer son nouvel entraîneur, il n’y avait plus guère de doutes à avoir. C’est donc en toute logique, renforcé par le soutien du coach sortant Graham Henry, que Steve Hansen a été nommé entraîneur des All Blacks pour les deux prochaines saisons. Adjoint d’Henry pendant sept ans avec Wayne Smith, Steve Hansen pouvait se targuer de l’appui d’une majorité du comité directeur ne laissant guère d’espoir à son concurrent Vern Cotter. Les Clermontois peuvent donc souffler! Il avait de toute façon peu d’espoir compte tenu de la faible médiatisation du rugby Européen en Nouvelle Zélande. La fédération a donc choisi la continuité espérant surfer sur le titre mondial obtenu cette année. Mais est-ce le bon choix?

Steve Hansen, nouveau coach des All Blacks - Credits: Sarah Ivey
Difficile à dire car il est tout de même plus facile de gagner à la tête des All Blacks qu’à la tête d’un autre pays. Graham Henry, avant d’entraîner les kiwis, avait remporté plusieurs Super 12 avec les Blues d’Auckland et obtenu de bons résultats à la tête du Pays de Galles et des Lions Britanniques lors de leur tournée 2001 en Australie. La seule expérience de Steve Hansen en tant que “head coach” était à la tête de ces mêmes gallois en 2003 après avoir une première fois succédé à Henry. Une année aux résultats mitigés avec 11 défaites d’affilée (série interrompue après un succès face aux faibles Roumains) dont les cinq matchs du tournoi, mais avec un bon niveau de jeu affiché lors de la Coupe du Monde 2003 et des gros matchs contre les All Blacks et l’Angleterre en quarts. Il a préféré quitter le Pays de Galles en 2004 pour rejoindre Graham Henry fraichement nommé à la tête des All Blacks, mais pas sûr que la fédération Galloise souhaitait le conserver. Voilà pour l’unique ligne d’entraîneur en chef dans le CV de Steve Hansen. Mais comme expliqué plus haut, gagner des matchs sera moins difficile à la tête des All Blacks, malgré le vieillissement des cadres.
L’ancien policier est nommé pour deux ans, une décision surprenante car généralement les entraîneurs sont nommés pour un cycle de quatre saisons. C’est cependant la même chose en Australie où Robbie Deans, très critiqué, n’a été prolongé que deux saisons. La fédération Néo Zélandaise a t’elle tout de même des doutes concernant son nouvel entraîneur? Il est vrai que dans l’euphorie du titre, fort du soutien d’un Henry rentré dans la légende, un chamboulement à la tête des All Blacks aurait été difficilement compris en Nouvelle Zélande. L’équipe devra donc faire bonne figure lors des deux premiers Rugby Championship face à des Australiens revanchards, des Sud Africains en reconstruction et des Argentins à la motivation décuplée. Reste désormais à savoir avec quel adjoint Hansen dirigera les coéquipiers de Richie McCaw. Ne souhaitant pas reproduire le schéma managérial précédent, un unique adjoint sera nommé laissant présager d’un fort investissement d’Hansen au cours des entraînements. Les noms de Ian Foster, ancien coach des Chiefs, et de Aussie McLean, ancien coach de Canterbury et ami proche ont circulé ces dernières semaines.
Cette nomination doit également faire plaisir aux médias Néo Zélandais et Australiens ainsi qu’à la Boucherie Ovalie. Depuis leur passage à Canterbury puis aux Crusaders où ils étaient respectivement entraîneur et adjoint, Robbie Deans et Steve Hansen se détestent cordialement. Plus qu’avec Graham Henry, s’est avec Hansen que Deans a souvent eu des accrochages par presse interposée ou en direct. On s’attend donc à de nombreuses joutes verbales entre ces deux coachs sous pression!
Le groupe des sélectionnables All Blacks pour les saisons à venir.
Oui, vu comme ça, cela fait mal aux yeux et à la tête. Pire qu’une fourchette ou un coup de genou…Mais rassurez-vous, Richie McCaw a été élu « Man of the year » dans son pays et non pas par Aurélien Rougerie ou Morgan Parra. Le premier cité était accusé de fourchette sur le numéro 7 All Blacks et Parra a reçu un beau coup de rotule dans le visage par le flanker en finale le 23 octobre dernier. Ouf ! On est rassuré…
Le capitaine des All Blacks même sur des béquilles, a toujours autant la cote au pays du long nuage blanc. Dans son classement annuel, le New Zealand Herald, le journal qui ne voulait que du bien aux joueurs français pendant la coupe du monde, célèbre le numéro 7 des Crusaders. Chaque année, le quotidien le plus lu du pays, élit une personne qui « rend le pays meilleur et la population fière d’être néo-zélandaise. » Les Français apprécieront…

Richie McCaw et tout le staff des All Blacks - Crédits GB
Jérôme Kaino lui avait raflé le titre de meilleur joueur de l’année il y a deux semaines lors de « la nuit du rugby » néo-zélandaise, Richie ne pouvait décemment pas passer à côté de ce titre honorifique. Fer de lance d’une équipe All Blacks programmée pour être championne du monde, leader d’une région, le Canterbury et d’une ville Christchurch qui a beaucoup souffert après le tremblement de terre du 22 février 2011, Richard Hugh McCaw dégage ce que la nation Kiwi adore : travail, fierté et réussite.
Son influence dans le vestiaire All Black (et sur l’arbitrage ?), sa capacité a relevé ses joueurs sont telle que McCaw est devenu l’icône des Néo-Zélandais. Une icône non commerciale comparée à Dan Carter que l’on retrouve affiché partout dans les rues d’Auckland. Elevé dans la ferme de son papa, McCaw, qui a grandi à Hakataramea dans le fin fond du Canterbury, a toujours gardé les pieds sur terre. L’humilité est son credo. Les Néo-Zélandais aiment cette image du bon « Sudiste », fermier Pakeha robuste qui ne rechigne pas aux tâches obscures. En l’absence de Dan Carter, c’est lui qui a récolté toute la gloire de ce titre de champion du monde. En menant son équipe et son pays jusqu’à son second sacre mondial, celui que tout une nation attendait depuis 24 ans, le capitaine McCaw est entré dans le cercle très fermé des grands hommes de ce pays au même titre que l’alpiniste Sir Edmund Hillary ou le navigateur Peter Blake. L’Everest de McCaw aura été de tenir son rang pendant deux mois de compétition, même sur une seule jambe. Sa blessure au pied droit, était devenue le sujet de préoccupation de tous les Kiwis pendant le Mondial.
McCaw, 31 ans le 31 décembre estime qu’il peut encore mieux jouer, qu’il en a encore sous la pédale. Le flanker des Crusaders a un nouveau contrat de 4 ans avec la fédération néo-zélandaise et pour lui, le meilleur est à venir. Steve Hansen, le futur coach des All Blacks compte sur lui. « La prochaine coupe du monde est encore loin précise l’adjoint de Graham Henry. Mais j’ai besoin de leader comme lui pour construire l’avenir de la sélection. Nous avons déjà perdu assez de leaders comme ça avec les départs de Mils Muliania et de Brad Thorn ».
Si Steve Hansen n’est pas le prochain coach des All Blacks, McCaw sera-t-il toujours capitaine ? Il sera dur de le déloger mais d’autres joueurs pourront endosser ce rôle comme Dan Carter, le vice capitaine de la sélection, Kieran Read ou Keven Mealamu. Autre question en suspens, l’évolution de son rôle dans le jeu des All Blacks. Richie McCaw va-t-il garder son numéro 7 encore longtemps ou passer en 6 voir se placer en troisième-ligne centre ? McCaw qui occupe ce poste depuis dix ans, veut finir sa carrière avec le chiffre 7 dans son dos.

Richie McCaw - Crédits GB
6, 7 ou 8 ?
Mais d’ici quelques mois, le poste de flanker placé côté ouvert risque d’être très convoité. Et à 31 ans, McCaw risque de ne plus montrer la même mobilité que dans ses jeunes années. On l’a vu d’ailleurs souffrir pendant cette coupe du monde. Les jeunes All Blacks du Super 15 sont à l’affût. « J’ai toujours dit que je jouerais n’importe où si c’est pour le bien de l’équipe explique McCaw. Mais je pense que mon poste où je suis le plus efficace est le numéro 7. J’ai encore beaucoup à apporter, je suis plein d’envie. Mais quand je ne prendrais plus de plaisir dans ce que je fais, je passerai à autre chose. »
Opéré il y a quinze jours, Richie McCaw manquera six semaines du prochain Super 15 qui débute en février. Mais en attendant, le capitaine All Black a mieux à faire. Le mariage de Dan Carter ce vendredi avec la joueuse de Hockey sur gazon Honor Dillon, même avec des béquilles, était l’évènement à ne pas manquer. Histoire de prolonger la fête.
Guillaume Bonnaure, à Auckland.

John Kirwan
Le président Yabe dresse le bilan et regarde vers l’avenir. Tatsuzo Yabe n’avait pas été tendre avec John Kirwan après l’échec cuisant du XV nippon à la coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Le 2 décembre dernier, le “père” de la nation rugbystique japonaise a accordé une interview exclusive au journal japonais, The Daily Yomiuri, où il revient entre autres sur le nom du futur sélectionneur, la problématique des joueurs “étrangers” dans la sélection nippone et l’impact de l’échec de la coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Mais il parle aussi de l’avenir avec la première édition du tournoi de Tokyo dans la célèbre compétition des HSBC Sevens World Series en 2012 et du début de l’organisation de la coupe du monde de rugby 2019 au Japon.

Eddie Jones
D’après le président de la JRFU Tatsuzo Yabe, l’objectif est d’avoir un nouveau sélectionneur pour le XV nippon d’ici la fin de l’année. Le comité a consulté trois ou quatre candidats possibles. Parmi eux, on retrouve les deux gros prétendants: Eddie Jones, ancien sélectionneur de l’Australie et actuel entraîneur des Suntory Sungoliath et Masahiro Kunda, ancien international japonais (capitaine durant la coupe du monde 1995), et qui a notamment entraîné les Toshiba Brave Lupus (champion de Top league en 2007) et les U20 japonais (remplacé depuis par Toshiaki Takasaki). Si Eddie Jones est ultra-favori, une partie des membres du Conseil de la JRFU commence à se faire entendre par contre sur les joueurs de la sélection. En effet, ils estiment que les Brave Blossoms contenaient “trop d’étrangers” durant la dernière coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande. Mais selon le président Yabe, les japonais auront encore besoin d’utiliser des joueurs nés à l’étranger pour la coupe du monde 2015, mais pas autant. Car Tatsuzo Yabe a admis qu’il s’agissait d’une question épineuse, tout comme d’un certain nombre de joueurs en question ayant eu la citoyenneté japonaise. “Le problème ce sont les joueurs nés à l’étranger qui ont une façon différente de penser des Japonais. Afin de percer dans le top huit mondial, nous avons besoin de rivaliser avec les autres pays en termes de technique, de force mentale et de physique. Nous devons jouer un style japonais pour notre rugby. Et pour cela, les joueurs ont besoin d’être sur la même ligne de pensée. “

Masahiro Kunda
De plus, le président Yabe a admis que l’échec du Japon en coupe du monde, a eu un impact sur le rugby local. Les affluences de Top league sont ainsi en constantes baisses depuis le début de saison et inférieures à celle de la saison passée. Les chiffres parlent malheureusement d’eux mêmes. Depuis le début de la saison 2011/2012, la moyenne de spectateurs par match descend toujours plus. Alors qu’elle était de 6 354 spectateurs pour la 1ère journée, elle passe à 5 356 spectateurs pour la seconde journée, 3 927 spectateurs pour la 3ème journée et enfin 3 005 spectateurs pour la 4ème journée. A ce rythme, elle pourrait ainsi passer sous la barre des 3 000 spectateurs de moyenne pour la cinquième journée. Un constat édifiant qui révèle les effets dévastateurs de l’échec de cette coupe du monde.
Mais Tatsuzo Yabe garde espoir: «Si l’équipe nationale redevient performante, alors les supporters reviendront”, a-t-il dit.”Il ya aussi quelques grands matchs à venir dans le championnat de Top League, donc je m’attends à des chiffres à la hausse.”

Tatsuzo Yabe
Le président Yabe a aussi dit qu’il espérait que le Japon soit en mesure d’entreprendre une tournée en Europe en Novembre pour jouer certains des meilleurs clubs et provinces du vieux continent. Il a également déclaré que le Japon devrait probablement jouer deux matchs à domicile dans la Coupe des Nations du Pacifique, en plus d’accueillir à Tokyo, une étape des HSBC Sevens World Series, au Chichibunomiya Stadium les 31 mars et 1er avril 2012. “Le tournoi à 7 de Tokyo est très importants pour nous”, a-t-il dit. “C’est la première fois que nous ferons partie du circuit mondial et c’est une bonne chance pour nous de permettre aux gens de connaître le rugby à 7.” Comment amener les gens à s’intéresser au rugby a été, dit-il, l’une des questions principales qui a mené à la RWC 2019 au Japon. “Le gouvernement et les entreprises sont toutes très enthousiastes et très impliquées”, a-t-il expliqué. “Nous allons finir de créer le comité d’organisation au complet en mars et nous commencerons à promouvoir l’événement l’année prochaine.”
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