Super Rugby – Les choses sérieuses commencent

Ça y est, la saison régulière du Super 15 a rendu son verdict, Stormers, Chiefs, Reds, Crusaders, Bulls et Sharks s’affronteront pour le titre. Mais inutile de dire que toutes les équipes n’évoluent pas sur un pied d’égalité, loin de là. Dans les six qualifiés, on peut en fait distinguer deux groupes. L’un, composé des Sharks, des Bulls et des Reds, l’autre, des Crusaders, des Chiefs et enfin des Stormers.

George Whitelock Wynand Olivier Crusaders Canterbury Bulls Pretoria

Crusaders et Bulls joueront leur qualification en demi-finale ce week end. Ici George Whitelock pris par Wymand Olivier. Au second plan Matt Todd.

Pour les franchises présentes dans ce premier groupe, les chances de glaner le titre semblent compromises, ce sera en tout cas extrêmement compliqué. Déjà parce qu’elles devront passer par les quarts, chose loin d’être évidente et puis elles ont bâclé leur qualification in extremis, trop. Puis tout simplement, elles apparaissent comme nettement plus faibles que les trois autres.

Patrick Pat Lambie Sharks Natal Springboks

Pat Lambie ne jouera pas contre les Reds, il est blessé.

C’est le cas des Sharks, 6ème, qui ont longtemps oscillé entre la 7ème et la 10ème sans jamais prendre place dans les six. Il aura fallu un final en trombe et 6 victoires lors des 7 derniers matchs pour que les coéquipiers de Fred Michalak arrachent un billet pour la qualification. C’est donc une équipe en confiance auquel les Reds vont se frotter ce samedi. La franchise de Durban est plutôt assez équilibrée dans ces performances avec un jeu relativement ambitieux et une attaque qui se tient parmi les meilleures (c’est la 4ème meilleure attaque). Ils marquent tout de même 27 points en moyenne. S’ils n’ont fini que 6ème, les Sharks peuvent néanmoins créer la surprise tant ils ont été capables du pire comme du meilleur. Imaginez, lors de la 15ème journée ils battaient les Stormers (25-20) déjà leaders de la conférence sud-africaine et n’ayant perdu qu’une seule fois ce qui en soit, est un authentique exploit. La semaine d’après, ils s’inclinaient sans le bonus défensif face aux très modestes Lions (38-28) qui ont même fini bons derniers du championnat. Comme quoi ils sont capables de tout. La blessure de Pat Lambie et la non-qualification de François Steyn ne vont pas les aider à battre les Reds. Ils peuvent néanmoins compter sur un Michalak en grande forme à l’ouverture et sur un pack costaud toujours autour de la 1ère ligne Bok composée de « the Beast » Mtawira et des frères Du Plessis.

Morne Steyn Springboks Blue Bulls Pretoria

Les Bulls comptent beaucoup sur Morne Steyn pour samedi face aux Crusaders.

Les Bulls (5ème) abordent eux les phases finales dans la douleur. Impressionnants lors de la première moitié de saison (on se souvient du 61-8 infligé aux Reds) à tel point qu’ils ont été devant les Stormers à un moment, se sont complètement écroulés en fin de saison. Sur les 6 derniers matchs ils ont perdu 4 fois, dont les deux seules victoires n’étaient que face aux Lions et aux Cheetahs. De plus, les Bulls sont parmi les six la moins bonne défense avec plus de 23 points encaissés par match… Leur attaque est – elle – très performante (c’est même la 3ème du championnat), en témoignent les gros cartons du début de saison. Meilleur réalisateur du championnat et chef d’orchestre incontesté des Bulls cette saison, Morne Steyn sera d’une haute importance dans le face-à-face de samedi contre les Crusaders. Face-à-face qui s’annonce périlleux mais impressionnant pour ce qui est du jeu offensif.

Quade Cooper Queensland Reds Wallabies Souths Magpies

Quade Cooper manquera lui-aussi le choc face aux Sharks.

Les Reds, 3ème, auront la chance de défendre leur titre mais ça s’annonce beaucoup plus compliqué que l’an passé. Ils ne doivent leur qualification que par la première place de la conférence australienne qui les qualifie automatiquement. En termes de points, les Reds ne seraient pas qualifiés. Et encore, c’est lors de l’ultime journée que Will Genia et les siens ont détrônés les Brumbies, en tête de la conférence pendant presque tout le reste de la saison. Pire encore, les deux équipes ont finis à égalité de points (58) et ce n’est que par le jeu des confrontations directes – en effet à l’avantage des Reds avec deux victoires – que les Brumbies ont flanché. Les Brumbies présentaient même une bien meilleure différence (+ 73 contre + 12). Autant dire qu’il a fallu d’un rien pour que les joueurs d’Ewan McKenzie se qualifient. Dotés d’une très bonne défense autour d’une troisième ligne Robinson-Higginbotham-Gill d’exception, les Reds ont clairement une attaque en berne. Ce jeu qui fit leur gloire l’an passé est cette année très limité avec seulement 22 points marqués en moyenne. L’indisponibilité de Quade Cooper jusqu’à la mi-saison et la cascade de blessure ensuite à ce poste y sont pour beaucoup. Ils ont depuis retrouvé de l’allant en attaque. Mais Quade Cooper manquera le match face aux Sharks, la faute à une suspension pour une sorte d’attentat sur Berrick Barnes. Cependant, les Reds restent sur cinq victoires consécutives avant ce match.

Dans ce deuxième groupe, Crusaders, Chiefs et Stormers n’ont pour ambition que le titre. Y échouer serait une terrible désillusion.

Daniel Dan Carter Canterbury Crusaders All Blacks

Dan Carter a retrouvé toute sa splendeur. Une bonne nouvelle pour les Crusaders.

Commençons par les Crusaders, calés à une 4ème place. L’équipe de Todd Blackadder peut toujours compter sur une attaque d’exception. Ils nous ont encore une fois régalé par leur jeu ouvert digne des Blacks autour de Carter qui a enfin retrouvé son niveau habituel. Avec la bagatelle de plus de 30 points inscris par match, ils sont la 2ème meilleure attaque du championnat (la meilleure étant celle des Hurricanes). Ils ont également une très bonne défense, ce qui leur permet d’avoir la meilleure différence du championnat (+142). Seulement, ils n’ont pas eu forcément le rendement habituel, en témoigne le passage obligé par les quarts. Ils ont aussi laissé échapper le leadership de la poule néo-zélandaise – habituellement en leur possession – au profit des Chiefs. Mais si les Saders ont perdu cinq fois – ce qui n’est pas rien – ils ont à chaque fois perdu de peu. Leur plus grande défaite n’a été que de 9 points d’écart, c’est dire (28-19 face aux Rebels). La franchise de Christchurch a elle-aussi mieux fini que commencé sa saison. Les Crusaders restent aussi la seule à avoir battu, et les Stormers, et les Chiefs. Un signe ?

Tawera Kerr Barlow All Blacks Chiefs Waikato

Tawera Kerr-Barlow, à surveiller comme le lait sur le feu.

Les Chiefs parlons-en. Longtemps leaders du Super 15, ils peuvent envisager les choses sereinement. Déjà par leur qualification d’office en demi, puis par le fait qu’ils affronteront soit les Reds soit les Sharks, équipes qui paraissent plus faciles à manier que les Crusaders, on l’a dit. 10ème l’an passé, la franchise basée à Hamilton a réussi son pari que de jouer à nouveau les premiers rôles. Dans un style tout compte fait assez pragmatique avec des temps de jeu à une ou deux passes, ils marquent beaucoup de points (28 en moyenne) mais en encaissent aussi beaucoup (plus de 22 en moyenne). Ils sont d’ailleurs après les Bulls la moins défense parmi les six qualifiés. Ils restent sur deux défaites de rang surprenantes face aux Crusaders et aux Hurricanes. Mais ils s’étaient auparavant mis en avant par une série de 9 victoires consécutives, record cette saison. Les Chiefs imposent par leur paquet d’avant très mobile avec des garçons comme Taumalolo, Rettalick et Cane et d’un trio Kerr-Barlow-Cruden-Sony Bill Williams, certainement le meilleur axe 9-10-12 du Super Rugby. Il ne leur reste plus qu’à gagner deux matchs et le hold-up de l’incroyable relance sera réussi.

Gio Aplon Stormers Springboks Western Province

Gio Aplon sera l’une des meilleures armes des Stormers pour le titre.

Mais, et ce mais est d’importance, devant eux se dressent les redoutables Stormers. Tenez-vous bien, les Stormers n’ont perdu que 2 fois en 16 matchs. Pourtant, au premier coup d’œil, les joueurs du Cap n’ont pas forcément un effectif dantesque. Une première ligne qui n’a jamais connu le niveau international, une troisième ligne orpheline de Schalk Burger et son ouvreur en la personne de Peter Grant n’a pas forcément la trempe d’un Carter, d’un Morne Steyn ou encore d’un Cruden. Mais voilà, les Stormers sont incontestablement les meilleurs. Ils impressionnent avec une défense on-ne-peut-plus-hermétique. N’ayant encaissé que seulement 254 points cette saison, c’est de loin la meilleure défense, devant celle des Brumbies et leurs 331 points encaissés. Ils n’encaissent en moyenne que 16 points par match… C’est au minimum cinq points de moins que ses adversaires. Mais bien que premiers, les Stormers ne sont que la 12ème meilleure attaque, énorme paradoxe. C’est en fait une équipe qui marque peu de points mais qui en encaisse peu, en totale contradiction avec ce que proposent les Chiefs. Autre fait étonnant, en 14 victoires, ils n’ont jamais battu une équipe par plus de 15 points d’écart. Vraiment une équipe à part ! Quoi qu’il en soit, les Stormers sont en route pour le titre. La jeunesse d’Etzebeth, l’expérience de Jean de Villiers et le retour en forme de Gio Aplon devraient leur permettre – si on en suit le classement – de gagner leur tout premier titre en Super Rugby. Mais la tâche s’annonce rude, car les choses sérieuses commencent !

COMPOSITION DES EQUIPES
Crusaders vs Bulls: Samedi 21 juillet – Rugby League Park, Christchurch – 9h35
Reds vs Sharks: Samedi 21 juillet – Suncorp Stadium, Brisbane – 11h40

CRUSADERS: 1. Wyatt Crockett / 2. Corey Flynn / 3. Owen Franks / 4. Luke Romano / 5. Sam Whitelock / 6. George Whitelock / 7. Matt Todd / 8. Kieran Read (cap) / 9. Andy Ellis / 10. Daniel Carter / 11. Zac Guildford / 12. Ryan Crotty / 13. Robert Fruean / 14. Adam Whitelock / 15. Israel Dagg – 16. Quentin MacDonald / 17. Ben Franks / 18. Tom Donnelly / 19. Luke Whitelock / 20. Willi Heinz / 21. Tom Taylor / 22. Sean Maitland

BULLS: 1. Dean Greyling / 2. Chiliboy Ralepelle / 3. Werner Kruger / 4. Flip van der Merwe / 5. Juandré Kruger / 6. Dewald Potgieter / 7. Jacques Potgieter / 8. Pierre Spies (cap) / 9. Francois Hougaard / 10. Morné Steyn / 11. Bjorn Basson / 12. Wynand Olivier / 13. JJ Engelbrecht / 14. Akona Ndungane / 15. Zane Kirchner – 16. Willie Wepener / 17. Frik Kirsten / 18. Wilhelm Steenkamp / 19. Deon Stegmann / 20. Jano Vermaak / 21. Louis Fouché / 22. Francois Venter

REDS: En attente

SHARKS: 1. Tendai “Beast” Mtawarira / 2. Bismarck du Plessis / 3. Jannie du Plessis / 4. Willem Alberts / 5. Anton Bresler / 6. Keegan Daniel (cap) / 7. Marcell Coetzee / 8. Ryan Kankowski / 9. Charl McLeod / 10. Frédéric Michalak / 11. Lwazi Mvovo / 12. Tim Whitehead / 13. Paul Jordaan / 14. JP Pietersen / 15. Louis Ludik – 16. Craig Burden / 17. Wiehahn Herbst / 18. Steven Sykes / 19. Jacques Botes / 20. Cobus Reinach / 21. Meyer Bosman / 22. Odwa Ndungane

Author: Antoine

Dépressif pendant plusieurs années. A sombré non pas dans la drogue, mais dans le Top 14 de longs vendredis soir, notamment à travers les prestations d’une équipe jouant en blanc et rouge (ou ciel et blanc je sais pas trop ; ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est pareil de toute façon) dirigée par un type au nom d’effaceur et qui a toujours fait des chemises trop chères pour moi. Tout semblait perdu, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, rêvant parfois d’un « David Marty Tribute » sur Youtube. Et un beau jour, mon adolescence de pré-Directioner fut sauvée de justesse par le rugby, le vrai, celui d’en bas (pas d’Agen hein). Richie, Bismarck et Quade sont devenus mes héros, le Super Rugby mon fantasme. P.S : tente de temps à autres de pondre des papiers sur un blog constitué d’un futur chauve étant grand admiratif de Sony Bill Williams et d’un stagiaire argentin alcoolique souvent habillé en poncho.

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