Springboks : Perte d’influence

Comme les deux autres grandes nations de l’hémisphère Sud, les Sudafricains sont double-champions du monde. On s’attend donc, à chaque fois que les Springboks jouent, à voir évoluer des champions du monde potentiels.

Heyneke Meyer Springboks Blue Bulls Afrique du Sud South Africa

Heyneke Meyer déjà contesté - Crédits: France 24

Malheureusement, cette équipe est en perte continue d’influence depuis l’année faste de 2009, où elle avait gagné le tournoi phare des Trinations, une franchise sudafricaine (les Bulls) avait gagné le tournoi de Super Rugby sur un score sans appel contre la meilleure équipe neozelandaise de l’année 2009 (Chiefs), et enfin les Springboks avaient gagné la série de matchs lors de la tournée des Lions britanniques. L’année 2010 a encore été une bonne année pour les franchises sudafricaines en Super Rugby, avec une deuxième finale 100% sudafricaine (Bulls vs Stormers) après celle de 2007 (Sharks vs Bulls).

Mais c’était déjà le début de la fin pour les Springboks :
– Plus un seul titre depuis 2009
– 5 défaites sur 6 matchs dans les Trinations 2010,
– 3 défaites en 4 matchs dans les Trinations 2011,
– élimination en quart de finale à la RWC2011.

La fédération (SARU) changea alors tout l’encadrement et plusieurs joueurs phares prirent leurs retraites de l’équipe nationale (Fourie du Preez, Victor Matfield, Butch James, Dannie Roussow, CJ van der Linde, et peut-être aussi Bakkies Botha). On nomma Heineke Meyer (le gourou des Bulls) Head coach des Springboks, poste qui aurait du lui revenir 4 ans plus tôt.

Patrick Pat Lambie Springboks Sharks Natal Durban

Pat Lambie, l'ouvreur arrière des Sharks, étrangement mis de côté

Nouvelle équipe, nouvel encadrement, nouveaux espoirs ! Mais ces espoirs tournent déjà au désespoir (encore augmenté avec cette défaite prévisible contre les Wallabies). Est-ce que Heineke Meyer est venu quatre ans trop tard ? Parce qu’il semble adepte d’une stratégie de jeu dépassée. Il a un plan et il maintient son cap quoiqu’il arrive. Sa stratégie de domination physique des avants et de lancement de bombes sur les lignes adverses, cette stratégie, a fait la réussite des Bulls qui ont gagné tous les 3 titres de Champions Super Rugby engrangés par l’Afrique du Sud. On ne change pas une formule qui gagne. Il est tout aussi persuadé que si les résultats ne sont pas encore visibles, c’est simplement parce que les joueurs n’ont pas encore complètement intégrés la stratégie dans leurs têtes et que la préparation physique n’est pas encore achevé.

Heineke Meyer n’est pas seulement borné, mais il est aussi extremement fidèle… aux joueurs qu’il connait. Le cas le plus parlant est Morné Steyn. Le demi d’ouverture sudafricain n’est plus aussi incontesté et indiscutable qu’il était 3 ans auparavant. Aujourd’hui, il y a meilleur à son poste :

1er postulant : Patrick Lambie, le demi d’ouverture des Sharks. Ce jeune talent correspond parfaitement aux meneurs de jeu que l’hemisphère Sud sait produire. Cependant, Heineke ne le connait pas, et ne lui fait pas confiance : pas de temps de jeu alors qu’il chauffe le banc à chaque match.

Elton Jantjies Lions Johannesburg Gauteng Golden Springboks

Elton Jantjies, brillant mais inconstant

2e postulant : Elton Jantjies, le demi d’ouverture des Lions. Ce diamant qui doit être taillé ne correspond pas à la stratégie de jeu du coach. Après avoir été dans le groupe pour la tournée d’Eté des Anglais et le début du Rugby Championship, il a été retiré récement.

3e postulant : Johann Goosen, le demi d’ouverture des Cheetahs. Heineke Meyer a fait de ce jeune joueur de 20 ans son numéro 2 au poste de demi d’ouverture. Goosen est extremement doué et voué à devenir le N°10 titulaire pour la prochaine coupe du monde en 2015.

Johan Goosen Free State Cheetahs Springboks Bloemfontein

Le très prometteur Johan Goosen

Ces 3 postulants sont déjà meilleurs que Morné Steyn aujourd’hui en 2012 ! Avec Morné Steyn aux commandes, les Springboks roulent avec le frein à main enclanché. Ils annihilent le potentiel de leurs arrières et ils ne profitent pas forcément de l’efficacité au pied de Morné Steyn, car les adversaires donnent très peu de pénalités.

Heineke Meyer n’a donc pas de plan B pour résoudre l’inefficacité de son équipe et son incapacité à gagner des matchs tendus et complexes. Mais sa solution est la bonne, si et seulement si, il a ses avants titulaires en pleine forme. Il faut rappeler qu’il lui manque Bismarck du Plessis, Heinrich Brussow, Schalk Burger et Juan Smith. Avec ces 4 joueurs, les avants sudafricains sont beaucoup plus impressionnants, et cela facilitera d’autant plus le travail du demi d’ouverture.

Sans ces quatre fantastiques, il faut donc adopter un plan B. Et cela manque cruellement aux sudafricains …

Author: Adrien

Bien évidemment pour parler rugby du sud, il faut aimer ce sport et aimer écrire! Après un an à Sydney où j’ai chaussé les crampons pour le Mosman Rugby Club aux côtés d’australiens, d’européens, de kiwis, de sud afs, d’islanders et même de zimbabwéens ou de japonais, le retour en France a été difficile avec une presse spécialisée qui préfère parler de la signature du pilier de La Voulte à Lourdes plutôt que du Super Rugby ou des autres compétitions passionnantes de l’hémisphère sud ! Alors pour éviter que Christian Jeanpierre ou Mathieu Lartot vous présentent comme “nouvelle star de l’hémisphère sud” le joueur qui cartonne en bas depuis 3 saisons, j’ai décidé de créer Sud Rugby en 2009 dans le but de proposer une information pertinente, crédible et régulière.

Share This Post On