L’Argentine au Rugby Championship – 1 an après

A l’aube du Rugby Championship 2013, faisons un petit tour d’horizon sur ce que valent les Pumas cette année.

Comme en 2012, Santiago Phelan a laissé ses meilleurs joueurs au repos pour les tests du mois de juin après une longue et difficile saison dans les clubs européens. Nous avons pu voir sur 3 matchs une équipe composée d’un mélange de joueurs évoluant dans l’hémisphère sud (et notamment aux Pampas XV) et de joueurs « de second plan » évoluant en Europe. Le bilan de cette tournée n’est pas très bon et on retiendra les 2 lourdes défaites face à l’Angleterre amoindri de ses cadres partis pour la tournée des Lions, la victoire face à la Géorgie étant sans doute le minimum que l’on attendait d’eux.

Retrouvez tout d’abord la liste des sélectionnés!

Felipe Contepomi Pumas Argentine Rugby Championship Leinster Toulon Stade Français

Premier et dernier Rugby Championship pour Felipe Contepomi qui prendra sa retraite à la fin de la compétition

Que vaut donc réellement cette équipe ?

A titre individuel, l’équipe titulaire n’a pas vraiment changé, et seul Rodrigo Roncero, qui a pris sa retraite après l’édition de 2012, manquera. Une grosse perte pour l’équipe, même si Marcos Ayerza, qui a encore réalisé une grosse saison avec Leicester (champion d’Angleterre cette année) devrait le remplacer sans que l’on puisse sentir une grosse différence. Pour le reste, comme l’an passé, s’il y a toujours plusieurs joueurs qui me semblent tout à fait au niveau de leurs homologues (Albacete, Figallo, ou encore Hernandez maintenant qu’il semble fixé à l’arrière), il y a toujours quelques trous à certains postes. A l’exception de Fernandez Lobbe, la 3e ligne par exemple paraît bien faible en comparaison de celles des autres nations de l’hémisphère sud…

Et ce qui est plus inquiétant encore pour le tournoi est toujours le manque de profondeur de banc, notamment chez les avants. En s’attardant sur la liste des sélectionnés, on remarque que le banc, pour les avants, sera souvent composé de joueurs expérimentés mais n’ayant pas vraiment explosé au plus haut niveau, ou de joueurs nettement plus jeunes, au potentiel certain, mais dont l’expérience fait cruellement défaut. Matias Diaz et Pablo Matera, par exemple, viennent tout juste de disputer la coupe du monde des moins de 20 ans ! Bref, on risque de voir se reproduire comme l’année dernière des matches où l’équipe fera jeu égal pendant 60 minutes avant de lâcher sur la fin.

Notons également le geste du sélectionneur qui a inclus dans sa liste Felipe Contepomi qui prendra sa retraite à la fin du tournoi. Au regard de sa carrière et de tout ce qu’il a amené à la sélection argentine, celle-ci est amplement méritée. Et, qui sait, s’il est en forme, peut-être pourra-t-il faire encore aux défenses qui l’auront un peu vite oublié…

Et le collectif ?

Un secteur comme la mêlée reste une base du rugby argentin. Celle-ci a toujours été solide, elle le sera encore cette année.

Derrière, on peut espérer de nouveau voir une équipe joueuse, avec des moyens plus limités que les blacks ou les australiens bien sûr. Comme l’an passé, Graham Henry est venu effectuer une pige pour intervenir sur le projet de jeu de l’équipe, signe que son intervention avait été une réelle satisfaction. Attendons de voir les résultats de celle de cette année, mais nul doute que l’on pourrait de nouveau voir une équipe joueuse allant de l’avant. Les argentins auront d’ailleurs l’occasion de se faire la main début août face aux Waratahs sur 2 matchs.

La question qui fâche : le Rugby Championship fait il plus de mal que de bien ?

La question est légitime et la réponse pas si évidente à donner. Le fait de jouer une grande compétition tous les ans permet aux joueurs, contrairement à avant, d’augmenter considérablement leurs temps de jeu ensemble, ainsi que leurs confrontation avec les meilleurs. Ce point est indéniablement positif. Le point négatif, pourrait on dire, est la nette diminution de signature de joueurs argentins dans les différentes équipes professionnelles en Europe. Le renouvellement de la génération actuelle de joueurs de haut niveau va-t-il donc se faire ?

Un mal pour un bien ?

Mais est-ce bien si négatif ? En effet, si le rugby argentin souhaite aller de l’avant, il ne peut pas se contenter de former de jeunes joueurs et prier pour qu’ils soient repérés par de grosses écuries européennes. Les clubs européens, où jouent l’immense majorité des joueurs professionnels argentins, étant ajuourd’hui moins intéressés par l’intégration d’argentins dans leur équipe (du fait du calendrier du Rugby Championship), l’UAR est forcée de développer sa propre structure professionnelle pour maintenir le niveau des Pumas.

C’est ce qui a commencé aujourd’hui avec pour l’instant le développement de l’équipe des Pampas XV pour jouer la Vodacom cup. Car en effet, si le développement d’un championnat professionnel au sein du pays semble à ce jour ne pas tenir la corde, la signature de 30 ou 40 joueurs en vue de l’intégration future d’une franchise dans le Super Rugby est un projet bien plus réaliste aujourd’hui. Et c’est cette structure de base, soutenue par la fédération, qui garantira à l’avenir le maintien de la compétitivité de l’équipe au plus haut niveau.

Author: Vincent

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