Super Rugby – Le XV de l’année – Arrières

Israel Folau Waratahs Wallabies

Les arrières des Waratahs en valeur dans ce XV de l’année avec ici Israel Folau balle en main et Bernard Foley en arrière-plan.

Le Super Rugby 2014 s’est terminé samedi dernier par le succès 33 à 32 des NSW Waratahs face aux Crusaders, un succès mérité pour une franchise ayant terminé à la première place des phases de poule. Hier les trois rédacteurs (Antoine, Mathias et Adrien) de Sud Rugby vous ont exposé les avants de leur équipe type du tournoi. Aujourd’hui focus sur les arrières et la charnière et encore une fois bien qu’étant tombés d’accord sur plusieurs joueurs, quelques postes ont toutefois suscité plus de débats comme vous pourrez le lire ci dessous. N’hésitez pas à donner votre avis en commentaires.

9. Aaron Smith (Highlanders – Nouvelle Zélande)

Aaron Smith Highlanders Super Rugby

Aaron Smith (Highlanders)

Aaron Smith confirme tout le bien que l’on pensait de lui avec une saison plus qu’à la hauteur. Après une saison en demi-teinte l’an passé, Smith a retrouvé son meilleur niveau – en Super Rugby du moins, il a tout le temps excellé avec les All Blacks. Il possède toujours une qualité de passe exceptionnelle et nous gratifie d’initiatives personnelles incroyables. Mais Aaron Smith s’est amélioré dans sa gestion du jeu (c’est là où sa marge de progression restait assez grande) et a orchestré d’une main de maître le jeu des Highlanders aux côtés de Lima Sopoaga. Son jeu au pied est juste et précis. Aaron Smith semble avoir de beaux jours devant lui avec les All Blacks. Mention spéciale à Nic White (Brumbies) qui réalise sans doute sa meilleure saison. Il a pris une nouvelle dimension dans le leadership des Brumbies, notamment au pied.

10. Bernard Foley (Waratahs – Australie)

Bernard Foley Super Rugby Waratahs

Bernard Foley (Waratahs)

Quelques heures avant le premier match entre les Wallabies et le XV de France, soldé par une grosse déconvenue des Bleus, nous vous avions proposé un portrait complet de Bernard Foley. Depuis cette article, il a franchi un nouveau palier et ne semble plus être le remplaçant de Quade Cooper en équipe nationale mais bien l’ouvreur titulaire des Green and Gold. La structure de la ligne arrière des Waratahs (10. Foley, 12. Beale, 13. Ashley-Cooper, 15. Folau) a mis le feu au Super Rugby et pourrait bien s’imposer en équipe nationale au dépend des Brumbies Toomua et Kuridrani. Capable d’attaquer la ligne, sans en abuser, il brille avant tout par sa capacité à faire jouer les autres, un atout précieux quand on connaît la qualités et la polyvalence des 3/4 Australiens. En ajoutant à cela ses qualités de buteur et son sang froid (je pense à la pénalité de la gagne à la 78e minute en finale), Ewen McKenzie pourrait bien tenir là son 10 pour le Mondial 2015.

La superbe saison de Foley n’enlève rien à Beauden Barrett (Hurricanes) qui fut phénoménal de sortie en sortie. Sa précision dans les tirs au but, sa fulgurance en attaque et sa capacité à faire jouer autour de lui en font désormais un potentiel titulaire avec les All Blacks.

11. Nemani Nadolo (Crusaders – Fidji)

Nemani Nadolo Crusaders Fiji Super Rugby

Nemani Nadolo (Crusaders)

Commençons par le pedigree de cet international Fidjien, 1m95 et 130kg, normal pour un bon gros numéro 8 me direz-vous. C’est là que ça devient intéressant, car Nemani Nadolo est un ailier… Le Hulk fidjien en provenance du Japon, aura attendu la 7e journée de championnat pour prendre sa place de titulaire. Et c’est là que le festival commence, car en 12 titularisations (+2 en tant que remplaçant) Nadolo a marqué 12 essais, cassé 26 fois la ligne de défense adverse, et piétiné un sacré nombre de joueurs. Avec un début de saison plus que poussif pour les Crusaders, Nemani Nadolo a su dynamiter l’attaque de son équipe, et apporter toute la puissance nécessaire pour réveiller ce vieux dragon de Christchurch. Snobé par les Waratahs à l’époque où il portait encore le nom de sa mère Ratu Nasiganiyavi, il a enfin réussi à exploiter ses énormes capacités après une carrière en dent de scie via Bourgoin puis Exeter. Le cousin du Wallaby des Brumbies Tevita Kuridrani sera un des atouts majeurs des Flying Fijians l’an prochain en Angleterre. Notons également les excellentes saisons du néo Springbok Cornal Hendricks (Cheetahs) et du fantasque Australien Nick Cummins (Western Force).

12. Kurtley Beale (Waratahs – Australie)

Kurtley Beale Waratahs Super Rugby

Kurtley Beale (Waratahs)

Il y a un an de cela, Kurtley Beale était encore trimbalé de l’ouverture à l’arrière en passant par le centre et son rôle aussi bien en franchise qu’en équipe nationale semblait tout sauf déterminé. Stop. Désormais Beale a trouvé une vraie équipe (les Waratahs), un poste fixe (premier centre) et un vrai style de jeu (celui de passeur/créateur). Et du coup cela change tout. Beale a signé l’une de ses meilleures saisons. Il fait souvent les bons choix, porte beaucoup (à hauteur de 14 courses par match, un record cette saison) et fait les bonnes passes au bon moment. Israel Folau lui doit beaucoup. Nombre d’observateurs aimeraient le voir jouer titulaire à ce poste avec les Wallabies. Sa saison parle pour lui. Verdict cet été.

Alapati Leiua

Alapati Leiua (Hurricanes)

Une mention aussi pour Alapati Leuia des Hurricanes, qui aura fait le bonheur de la province de Wellington. Avec la blessure de Tim Bateman, Hammett avait d’abord fait le choix d’Hadleigh Parkes en premier centre. Mais aux vues des prestations de ce dernier, il fit vite le choix de Leuia qui se révéla payant. Auteur d’un sublime essai décisif face aux Crusaders, il a apporté une excellente homogénéité dans la ligne 10-12-13 (Barrett + C. Smith). Cet international Samoan finira la saison blessé et sur le départ pour les London Wasps. Grosse pertes pour les ‘Canes.

13. Malakai Fekitoa (Highlanders – Nouvelle Zélande)

Malakai Fekitoa Super Rugby Highlanders

Malakai Fekitoa (Highlanders)

Une bombe. Voilà ce qu’est Malakai Fekitoa. Il est la définition même du facteur X, capable de renverser le match à lui tout seul à tout moment. Il renverse la physionomie des matchs comme il renverse les défenses. Et il a les stats qui vont avec : 10 courses par match, 4 défenseurs battus (personne ne fait mieux), 60m parcourus, 1.2 franchissements, 1.5 off-loads et 7 essais sur l’ensemble de la compétition. On appelle ça un ball runner. Fekitoa a par-dessus le marché souvent été décisif en défense même s’il peut encore gagner en intelligence dans ses placements et ses interventions. Mais bon, quand on a qu’une seule saison de Super Rugby à son actif et à peine 22 ans, on a encore le temps d’apprendre. Ne cherchez plus, la révélation de la saison, c’est lui. Outre Fekitoa, Ryan Crotty (Crusaders) s’est distingué et s’impose comme le taulier des lignes arrière des Crusaders. Même constat pour Adam Ashley-Cooper (Waratahs) qui a épaté par son leadership et sa justesse de jeu.

14. Julian Savea (Hurricanes – Nouvelle Zélande)

Julian Savea Wellington Hurricanes All Blacks

Julian Savea (Hurricanes)

Quand on parle des Hurricanes, l’un des premiers noms qui vient en tête est bien évidemment celui de l’impressionnant Julian Savea. L’homme aux 23 essais en 22 test-matchs avec les All Blacks aura une nouvelle fois démontré toute sa puissance cette saison. Dans une équipe nettement plus en vue qu’auparavant, le « Black Bus » de Wellington a marché sur ses adversaires. Savea c’est 7 essais, mais surtout 51 défenseurs battus et plus de 1000 m ballon en mains. Que ce soit pour parcourir les derniers mètres avant d’aplatir ou créer l’action d’essai, il sera toujours là pour faire parler sa puissance. Ce n’est pas pour rien que chaque année Julian Savea fait partie de nos favoris à ce poste. On peut également relever l’excellente fin de saison du futur international Australien Henry Speight, en feu avec les Brumbies à son retour de blessure.

15. Israel Folau (Waratahs – Australie)

Israel Folau NSW Waratahs Super Rugby

Israel Folau (Waratahs)

On parlait de facteur X avec Fekitoa. En voilà un autre, tout aussi bon sinon meilleur. Folau, c’est l’attraction du Super Rugby, le joueur qui est sur toutes les lèvres. Un joueur d’instinct, offensif dont on ne soulignera jamais assez l’intelligence de jeu et de placement. Sa vitesse, son explosivité et sa puissance physique parlent pour lui mais Folau sait surtout faire ce qu’il faut faire au bon moment. Et il le fait souvent. Il tourne cette année quasiment à un essai par match (12 essais en 14 matchs comme Nadolo), fait le plus de passes après-contact (3.6 par match, c’est deux fois plus que Quade Cooper, second meilleur dans cette catégorie), bat sans arrêt des défenseurs (3.8 par match) et franchit très souvent (quasiment 2 par match). Ben Smith (Highlanders) et ses inspirations géniales auraient mérité une place dans ce XV type mais c’était sans compter sur « Izzy » Folau.

Author: Antoine

Dépressif pendant plusieurs années. A sombré non pas dans la drogue, mais dans le Top 14 de longs vendredis soir, notamment à travers les prestations d’une équipe jouant en blanc et rouge (ou ciel et blanc je sais pas trop ; ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est pareil de toute façon) dirigée par un type au nom d’effaceur et qui a toujours fait des chemises trop chères pour moi. Tout semblait perdu, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, rêvant parfois d’un « David Marty Tribute » sur Youtube. Et un beau jour, mon adolescence de pré-Directioner fut sauvée de justesse par le rugby, le vrai, celui d’en bas (pas d’Agen hein). Richie, Bismarck et Quade sont devenus mes héros, le Super Rugby mon fantasme. P.S : tente de temps à autres de pondre des papiers sur un blog constitué d’un futur chauve étant grand admiratif de Sony Bill Williams et d’un stagiaire argentin alcoolique souvent habillé en poncho.

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