Chiefs – Encore et toujours au niveau

Le dernier titre des Chiefs remonte à deux ans mais les Chiefs gardent le niveau. Avec beaucoup de jeunes joueurs, des cadres All Blacks et un jeu alléchant, la franchise sera toujours à suivre en 2016.

Aaron Cruden Charlie Ngatai Chiefs Super Rugby

Aaron Cruden et Charlie Ngataï, deux leaders de la franchise. Crédits : zimbio.com

Leur année 2015

L’accession en phases finales des Chiefs a ponctué une très bonne saison pour la franchise. 5ème, elle a su s’extirper dans le haut du classement, dans une poule Néo-Zélandaise plus dense que jamais. Car on le rappelle, bien que 3ème de la poule néo-zed, les Chiefs étaient avec 48 points au compteur trois points devant les Stormers, premiers de la poule sud-africaine (45 points). En quart de finale, les Chiefs se sont inclinés 24-14 à l’extérieur contre les futurs champions Highlanders, sans qu’il n’y ait quelque chose à redire. Les Chiefs n’ont donc pas atteint le niveau de jeu des Hurricanes ou des Highlanders mais ont globalement égalé les Waratahs, champions en titre.

Dans le jeu, les Chiefs auront suivi l’esprit de la franchise, désormais très net et tracé par deux titres en 2012 et 2013. Le niveau de skills des lignes arrières mais aussi des avants a donc de nouveau fait fureur. La culture de la gagne – le mana des Chiefs – continue à être l’identité de l’équipe. On citera comme victoires celle contre les Crusaders (40-16, plus lourde défaite infligée à la franchise en termes d’essais), chez les Stormers (19-28) ou celle de nouveau infligée aux Crusaders 26-9 à l’AMI Stadium. Ce qui aura pêché dans le jeu aura été la discipline, point noir durant toute la saison et d’éventuelles erreurs de jeu, des fautes de mains, des imprécisions mais dont sont victimes toutes les franchises. Les Chiefs n’auront tout simplement pas égalé le volume de jeu, la cohésion et les individualités des Hurricanes ou des Highlanders.

Les transferts

Tim Nanai Williams Ricoch Samoa Chiefs

Tim Nanai-Williams quitte la franchise

Les Chiefs ont effectué un grand renouvellement mais pas nécessairement si désavantageux que cela. Les pertes de Tim Nanai-Williams (Ricoh Black Rams et Sevens avec les Samoa), de Bryce Heem (Gloucester), de Ben Afeaki (retraite), de Mike Fitzgerald (Leicester Tigers), de Matt Symons (London Irish) et de Tom Marshall (Gloucester) sont vraiment dommageables. Ils étaient d’habituels titulaires. Mais surtout, c’est davantage l’indisponibilité de trois joueurs cadres à cause de la préparation des JO de Rio à VII qui pose problème. Liam Messam jouera toute la saison avec les All Blacks Sevens, Augustine Pulu et Sony Bill Williams une partie. Le reste des départs reste relativement anecdotique, y compris ceux de Ben Tameifuna (Racing 92) et d’Hosea Gear (Clermont), joueurs dont la forme n’est plus vraiment adaptée au Super Rugby.

Mitchell Karpik Auckland Chiefs Super Rugby

Mitch Karpik, révélation de l’ITM Cup 2015

Côté arrivées, de très bons jeunes recrutés d’ITM Cup avec notamment Shaun Stevenson (Waikato), Mitch Karpik (Auckland), Taleni Seu (Auckland), Tom Sanders (Canterbury), Sam McNicol (Wellington) et Atunaisa Moli (Waikato). Tous sont de bons espoirs, notamment Stevenson et Karpik. Stephen Donald revient dans la franchise également, certainement en doublure de Cruden. On note les arrivées prometteuses du treiziste Glen Fisiiahi et du joueur à VII Sam Vaka, tous deux internationaux avec leurs disciplines respectives. Enfin Dominic Bird et Nepo Laulala étaient de très bonnes recrues mais le premier s’est blessé jusqu’à fin avril et le second pour toute la saison.

Retrouvez ici le tableau détaillé des transferts des Chiefs.

Le staff

Andrew Strawbridge Chiefs Super Rugby

Andrew Strawbridge réintègre les Chiefs après des problèmes de santé

Dave Rennie reste le head coach des Chiefs. Arrivé en 2012, il a mené les Chiefs au double titre de 2012 et 2013. C’est en fait l’homme qui avec Wayne Smith a emmené la franchise vers ses premières heures de gloire. Andrew Strawbridge revient aux Chiefs après avoir frôlé la mort à cause d’une grave maladie à l’œil, œil qu’il a d’ailleurs perdu. Le retour de ce technicien hors-pair fait du bien au moral de la franchise, au-delà des compétences de Strawbridge. Il est entraîneur des skills. Wayne Smith ne s’occupe par contre plus des Chiefs (il est passé entraîneur fixe avec la Nouvelle-Zélande et Tom Coventry devenu entraîneur aux London Irish). Du coup, Kieran Keane viendra s’occuper des arrières. Il est fort d’une expérience de six ans en tant que co-entraîneur de Tasman avec qui il a été finaliste de l’ITM Cup en 2014. Neil Barnes a lui été coach des avants de Taranaki et du Canada et prendra le même poste aux Chiefs. Enfin l’ancien pilier All Blacks Carl Hoeft sera coach de la mêlée, comme depuis deux ans.

L’équipe poste par poste

Pauliasi Manu Chiefs Super Rugby

Pauliasi Manu, pilier le plus expérimenté du squad

Au poste de pilier, Pauliasi Manu devrait officier à gauche. Taulier du pack des Chiefs, c’est un habitué du Super Rugby. Mitchell Graham (25 ans) est une valeur sûre pour apporter de la profondeur de banc. Il est l’un des leaders du pack de Taranaki. Il peut aussi jouer à droite. Atunaisa Moli devrait souvent intégrer le groupe voire commencer certains matchs. Très jeune (20 ans), c’est sans doute le pilier gauche le plus prometteur en Nouvelle-Zélande. Il était capitaine des Baby Blacks en 2015 et apporte énormément de densité en attaque. A droite, Siate Tokolahi s’est révélé l’an dernier. Mobile et plutôt bon en défense, il devrait être titulaire à nouveau. Présent dans le squad élargi, Siegfried Fishi’ihoi pourra dépanner. D’autant plus que le All Black Nepo Laulala qui devait être pilier droit titulaire sera absent toute la saison. Mais pour l’heure, c’est le japonais Hiroshi Yamashita venu des Kobelco Steelers qui le remplace. Solide pilier, il a participé à la dernière Coupe du monde et reste l’un des meilleurs piliers de Top League.

Nathan Harris Super Rugby Chiefs

Nathan Harris fait son retour après une saison 2015 à l’infirmerie

En talonneur, Hika Elliot et Nathan Harris devraient se partager le poste. Le premier est très physique et apporte beaucoup à la percussion. Le second est plus mobile, plus technique, en somme plus moderne. Harris (24 ans) doit profiter de 2016 pour se réinstaller dans la hiérarchie des talonneurs chez les Blacks. Il a connu sa première sélection à 22 ans et doit élever son niveau de jeu. Rhys Marshall est dans le wider training group et remplacera sans problème les deux talonneurs.

Michael Allardice Super Rugby Chiefs

Michael Allardice, deuxième-ligne performant

Les Chiefs possèdent des deuxièmes lignes modernes et très jeunes : le plus vieux a 25 ans. La franchise comptera toujours sur Brodie Retallick. Meilleur joueur du monde en 2014, il apporte toujours autant de présence physique, de soutien et de maîtrise technique. Il était censé être associé à Dominic Bird mais ce dernier étant blessé, il ne retrouvera les terrains que courant avril. En attendant, le jeune Michael Allardice (24 ans) est une bonne option. Exemplaire avec Hawke’s Bay en NPC, il compte plusieurs caps en Super Rugby et cherchera à avoir davantage de temps de jeu. Taleni Seu vient d’être recruté en provenance d’Auckland où il a montré une grande mobilité et une présence physique intéressante. A 22 ans, il doit apprendre aux côtés de Retallick. De la même façon, James Tucker (également 22 ans) cherchera à intégrer le groupe et à se démarquer pour prendre une place à côté de Retallick, comme ses coéquipiers/concurrents.

Michael Leitch Japan Chiefs Super Rugby

Michael Leitch, meilleur n°8 du Super Rugby l’an passé

En troisième-ligne, les Chiefs seront privés de Liam Messam, sélectionné avec l’équipe à VII. Les Chiefs perdent un leader de vestiaire et un joueur ultra-régulier dans ses performances, aussi bien en n°6 que n°8. Sam Cane sera évidemment titulaire en openside flanker et remplace Messam en co-capitaine. Prétendant certain au poste avec les All Blacks, Cane peut encore progresser dans sa science de la défense. Il marche sur les pas de McCaw. Exceptionnel l’an passé, Michael Leitch apporte une grande technique et une disponibilité en attaque. Le Japonais peut jouer aussi bien n°6 que n°8. Ma’a Vaipulu devrait être un titulaire récurrent en troisième-ligne centre. Joueur des Counties Manukau, il rappelle un certain Fritz Lee, aujourd’hui à Clermont. Mitch Karpik arrive d’Auckland après une ITM Cup exceptionnelle. A 20 ans, Karpik a sans doute été la révélation de l’année dans la compétition. Il évolue dans le style de puncheur d’un Michael Hooper et cherchera à avoir du temps de jeu, sur les flancs de la mêlée. C’est sans doute l’élément le plus prometteur du squad 2016 des Chiefs. Johan Bardoul est lui plus vieux mais reste un joueur très performant. Son apport en remplaçant ou même parfois en titulaire apporte de la profondeur de banc aux Chiefs en n°6. Enfin Tom Sanders est un espoir au poste de n°8, venu se relancer aux Chiefs après n’avoir joué aucun match avec les Crusaders l’an dernier.

Tawera Kerr-Barlow Chiefs Super Rugby

Tawera Kerr-Barlow, back up d’Aaron Smith avec les All Blacks

Au poste de demi de mêlée, les Chiefs devront en partie se passer d’Augustine Pulu, qui devrait être assez sollicité par les All Blacks Sevens. Pas si grave que ça, les deux All Blacks Tawera Kerr-Barlow et Brad Weber alterneront au poste. Kerr-Barlow est de retour à son meilleur niveau et sort d’une belle coupe du monde avec les All Blacks. Brad Weber s’est lui révélé l’an dernier et compte désormais parmi les cinq meilleurs demis de mêlée du pays.

Damian McKenzie Super Rugby Chiefs

Damian McKenzie, doublure de Cruden

En demi d’ouverture, les Chiefs possèdent Aaron Cruden, joueur emblématique de la franchise et co-capitaine. Cruden est toujours le postulant à la place de n°10 titulaire chez les All Blacks, d’autant plus depuis la retraite internationale de Dan Carter. Cruden doit donc continuer à faire ce que peu arrivent à faire à son poste : jouer simple, proprement en étant ultra-complet. Damian McKenzie est sa doublure. Révélation l’an passé, McKenzie apporte sa fougue en attaque et ses appuis. Il est sans doute plus destiné à jouer n°15 cette année. Le vétéran Stephen Donald (32 ans) retourne dans sa franchise où il n’a plus joué depuis 2011. Sa venue sonne davantage comme un apport d’expérience à un effectif très jeune venant d’un ancien All Black et d’un taulier de la franchise. A dire vrai, on voit guère ce que Donald pourrait apporter au niveau de son jeu comparé à Cruden ou à McKenzie. Le Samoan Chase Tiatia a été pêché chez Bay of Plenty. C’est un jeune utility back talentueux, dont le poste de formation est n°10 mais qui dernièrement a davantage joué ailier ou arrière.

Anton Lienert-Brown Super Rugby Chiefs

Anton Lienert-Brown, taulier des Baby Blacks en 2015

Au centre, les Chiefs ont toujours aligné des joueurs talentueux et surtout techniques, à la base du skillset global des lignes arrières. Ce sera encore le cas en 2016. La franchise devrait avoir comme socle la paire Williams-Ngataï. Sonny Bill Williams, sans être exceptionnel l’an dernier, a apporté par sa défense et son jeu après-contact. Il reste performant et retrouvera la franchise dans les premiers rounds du Super Rugby, après quatre étapes de rugby à VII avec les All Blacks Sevens. Charlie Ngataï a par contre lui signé sa meilleure saison, avec comme sommet une première sélection avec les Blacks contre les Samoa. Irréprochable en défense, Ngataï fait peu de mauvais choix et reste disponible en attaque. C’est en quelque sorte un régulateur, à la Conrad Smith. Anton Lienert-Brown (19 ans) a bien progressé l’an dernier, avec de multiples apparitions. Taulier des Baby Blacks en 2015, c’est un grand espoir au centre et il cherchera à gagner du temps de jeu. Seta Tamanivalu pourra lui aussi apporter. Exceptionnel depuis deux saisons avec Taranaki en ITM Cup, il n’a pas eu le temps de se montrer l’an dernier avec les Chiefs. C’est un second centre puissant et perforateur, qui à la limite peut jouer à l’aile. Enfin les Chiefs comptent aussi dans leurs rangs Sam Vaka. Joueur à VII, Vaka progresse depuis peu énormément à XV, comme en témoigne sa campagne de NPC avec les Counties Manukau cet été. Utily back, Andrew Horrell peut jouer centre et il apporte ses skills et sa vision du jeu.

James Lowe Chiefs Super Rugby

James Lowe, redoutable finisseur.

Aux ailes, les Chiefs ont laissé filer Tikoirotuma et Nanai-Williams, deux de leurs meilleurs ailiers depuis le premier titre de 2012. James Lowe a pris le relai. Phénomène avec Tasman, Lowe s’est révélé ces deux dernières saisons. Très bon finisseur et bon au pied, Lowe devrait être un titulaire récurrent. Sur l’autre aile, le treiziste Glen Fisiiahi est convoité. Lui-aussi très bon finisseur, il pourrait apporter de la vitesse. International avec les Tonga à XIII, il cherchera à faire la transition au XV. Dans un registre plus puissant, Toni Pulu (Counties) et Latu Vaeno (Taranaki) offrent d’autres possibilités. Enfin les espoirs Shaun Stevenson et Sam McNicol sont plutôt arrières mais peuvent jouer à l’aile également.

Shaun Stevenson Super Rugby Chiefs

Shaun Stevenson, jeune joueur de 19 ans à suivre de près

A l’arrière justement Damian McKenzie devrait être titulaire. La présence de Cruden bloque McKenzie en n°10. Ainsi, il est probable que le staff l’utilise davantage comme arrière, dans le style d’un animateur mais aussi relanceur, tant les qualités en un-contre-un de McKenzie sont évidentes. Néanmoins on devrait souvent observer les jeunes Shaun Stevenson (19 ans) et Sam McNicol (20 ans). Ce sont des grands espoirs et notamment le premier, All Black en devenir. On le retrouvera d’ailleurs à coup sûr avec les Baby Blacks cette année. Il cherchera à gagner du temps de jeu.

En images l’effectif complet des Chiefs ici.

Notre pronostic

C’est toujours compliqué de dire ce qu’une équipe comme les Chiefs fera comme résultat. Elle peut très bien gagner le titre comme finir pénible 10ème du championnat. C’est la réalité d’équipes qui ont gagné un titre dernièrement mais qui n’ont pas forcément réalisé la même saison par la suite. Mais globalement les Chiefs seront un candidat sérieux au titre, comme quasiment toutes les franchises néo-zeds.

Mais vous l’avez compris, dire si oui ou non une franchise a une chance de gagner le titre n’est pas très intéressant et réduit à peu de choses la formidable compétition qu’est le Super Rugby. Ça revient à dire qu’une franchise qui finit hors des qualifiés n’a servi à rien. Peu importe la finalité – titre ou non – les Chiefs restent une des meilleures franchises de l’hémisphère Sud, avec de nombreux All Blacks, des utility backs uniques derrière et à nouveau cette saison des jeunes joueurs très prometteurs. Le jeu produit par la franchise ces dernières années et leur culture de la gagne unique seront toujours dans l’ADN des Chiefs cette saison.

L’équipe type probable

1. Pauliasi Manu – 2. Nathan Harris – 3. Siate Tokolahi – 4. Brodie Retallick – 5. Michael Allardice – 6. Johan Bardoul – 7. Sam Cane (co-cap) – 8. Michael Leitch – 9. Tawera Kerr-Barlow – 10. Aaron Cruden (co-cap) – 11. James Lowe – 12. Sony Bill Williams – 13. Charlie Ngataï – 14. Glen Fisiiahi – 15. Damian McKenzie

Author: Antoine

Dépressif pendant plusieurs années. A sombré non pas dans la drogue, mais dans le Top 14 de longs vendredis soir, notamment à travers les prestations d’une équipe jouant en blanc et rouge (ou ciel et blanc je sais pas trop ; ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est pareil de toute façon) dirigée par un type au nom d’effaceur et qui a toujours fait des chemises trop chères pour moi. Tout semblait perdu, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, rêvant parfois d’un « David Marty Tribute » sur Youtube. Et un beau jour, mon adolescence de pré-Directioner fut sauvée de justesse par le rugby, le vrai, celui d’en bas (pas d’Agen hein). Richie, Bismarck et Quade sont devenus mes héros, le Super Rugby mon fantasme. P.S : tente de temps à autres de pondre des papiers sur un blog constitué d’un futur chauve étant grand admiratif de Sony Bill Williams et d’un stagiaire argentin alcoolique souvent habillé en poncho.

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1 comments
leshommesbraves
leshommesbraves

J'espère que les entraîneurs feront moins de turnovers que l'an passé.