Présentations Super Rugby 2019 – Nouvelle-Zélande

Année de Coupe du monde, 2019 sera assurément une saison à suivre de près. Une saison qui débutera plein fer avec la reprise du Super Rugby dès le 15 février prochain. Et comme tous les ans, Sudrugby vous propose son guide pour suivre le meilleur championnat du monde, avec revues des franchises, présentations des conférences, les joueurs à suivre de près et nos pronostics !

David Havili des Crusaders. Crédits : Zimbio.com.

David Havili des Crusaders. Crédits : Zimbio.com.

> Le point sur la conférence

Année de coupe du Monde oblige, le Super Rugby fera office de répétition générale avant l’heure et ce avant-même le Rugby Championship : la préparation des joueurs, leur niveau physique, la confiance technique, l’émergence de nouveaux talents pouvant intégrer le squad, tout cela se fait bien pendant la saison régulière. On a vu l’an dernier à quel point la bonne tenue des franchises (donc des joueurs !) sud-africaines avaient débouché sur de grosses performances des Boks pendant la tournée de juin. Idem pour les Jaguares et l’Argentine l’été dernier. Beaucoup de joueurs ont une place à gagner (ou à perdre…) dans le squad partant au Japon en septembre. Grosse concurrence annoncée ! Le repos des cadres et la crainte permanente de blessures de titulaires chez les All Blacks assure un turnover permanent des squads, avec plus de vigilance encore que les années passées. Les années de Coupe du Monde sont souvent vues comme une opportunité pour le Super Rugby : pas de tournée de juin cette année, promettant une compétition sans coupure.

2019 sonne aussi comme une année de transition avant l’heure, après la fuite annoncée des meilleurs talents du pays vers l’Europe ou le Japon. Outre pleins de joueurs random de Super Rugby, Beauden Barrett, Ryan Crotty et Kieran Read ont déjà signé au Japon, Ben Smith en France et Retallick ou Whitelock sont sérieusement pressentis en Europe. De quoi affoler New Zealand Rugby et à l’obliger de sortir le chéquier, ou de laisser filer… D’autant que 2018 a déjà largement été une année de départs vers l’étranger (Kaino, Moala, Savea, etc.) Mais pas de panique, les meilleurs défenseurs du système néo-zed (Steve Tew par exemple) vous diront que l’hémorragie de talents kiwis n’est pas un problème : c’est une opportunité pour lancer des jeunes dans le bain et assurer le renouvellement permanent chez les All Blacks. Le Super Rugby, en cette année de Coupe du Monde, aura donc un rôle tout particulier de laboratoire à ciel ouvert de nouveaux talents et de pratique du meilleur jeu possible. Et vous le verrez dans la présentation des effectifs : le pays ne manque pas d’espoirs.

On parlait l’an dernier lors de cette même présentation de la conférence néo-zed du gros déséquilibre de niveaux dans le Super 15 au sens où les Kiwis devenaient problématiques à être trop bons ! Au vue de la saison 2018, on peut très clairement nuancer ce constat. On a assisté à un rééquilibrage du niveau dans l’ensemble du championnat. On peut même dire que le niveau s’est amélioré.  Le ventre mou du championnat a repris du poil de la bête. Les franchises kiwis ont perdu largement plus de matchs pendant la saison régulière, les équipes australiennes et sud-africaines ainsi que les Jaguares redevant performants, à un niveau plus vu depuis 2 ou 3 années. Et globalement à l’image des All Blacks, le rugby néo-zed a moins bien tourné qu’en 2017 et 2016. Les équipes kiwi ont cumulé 11 défaites face à des franchises étrangères, dont 6 pour les Blues. Dans le jeu – mais aussi au classement – les Lions (une nouvelle fois) mais aussi les Jaguares, Waratahs, Sharks ont rivalisé avec les Hurricanes, Highlanders, Chiefs et ont largement dominé les Blues.  Mais paradoxalement, aucune équipe à part les Lions n’était taillée pour gagner le titre et rivaliser avec les Crusaders et Hurricanes, notamment à l’extérieur. L’hégémonie est donc toujours palpable, elle est juste moins nette.

Blues-Highlanders avec Augustine Pulu à la baguette.

Blues-Highlanders avec Augustine Pulu à la baguette.

> Les franchises dans le détail

Retrouvez les effectifs complets en images ici (soon soon), avec toutes les stats et parcours des joueurs. Suivez le guide !

 > Les Crusaders

Rien n’a bougé à Christchurch et Scott Robertson pourra compter sur un effectif magnifiquement bien huilé. Seules pertes de taille : Seta Tamanivalu (Bordeaux-Bègles), Peter Samu (Brumbies) et Wyatt Crockett (retraite) mais la profondeur de l’effectif devrait y remédier.

A chaque grande équipe des Crusaders un grand pack. La force du rugby de la franchise s’est toujours exprimé par des avants puissants, forts sur les fondamentaux et disponibles en attaque. 2019 n’échappe pas à la règle : on retrouve un 5 de devant titulaire qui est quasiment celui des All Blacks avec Moody/Taylor/Franks/Barrett/Whitelock. De quoi assommer la concurrence dans le reste du championnat. Pour autant, beaucoup de roulements devraient être faits, d’autant que Sam Whitelock prend un petit congé sabbatique d’au moins un mois et demi et Codie Taylor peut-être également. Ben Funnell et à moindre mesure Andrew Makalio couvriront Taylor dans la « cage ». En pilier, Alaalatoa (à droite) et Tim Perry (à gauche) sont des habitués du Super Rugby et pourraient tout à fait être titulaires dans d’autres franchises, ils auront pas mal de temps de jeu. L’Irlandais Olivier Jager et le bon espoir Harry Allan (21 ans) sont aussi dans le mix et susceptibles de gratter du temps de jeu.

En deuxième ligne, on l’a dit, l’attelage Barrett-Whitelock offre tout ce qu’il faut à ce poste : touche, combativité, défense, technique d’avant, soutien, leadership. Luke Romano est devrait être aussi aligné à de nombreuses reprises, son expérience est précieuse. Le revenant Whetu Douglas, parti en Italie et l’espoir Quitten Strange (22 ans, ancien Baby Black) ont une bonne carte à jouer avec les repos annoncés de Whitelock et de Barrett, tout comme Mitchell Dunshea (23 ans). Le back row des Saders n’est pas forcément aussi impressionnant sur le papier que celui des Highlanders ou des Blues mais il est diablement efficace et s’intègre parfaitement au système de jeu. Matt Todd y est pour beaucoup, on le retrouvera en n°7. Taufua devrait être aligné pas mal de fois en n°8 en raison du congé sabbatique annoncé de Read (reprise fin mars/début avril comme Whitelock). En n°6, il est possible que Scott Robertson et Jason Ryan privilégient un profil puissant et rude plus que coureur avec Ethan Blackadder ou Tom Sanders. Ça ajoutera de la masse au pack, Todd ayant une couverture du terrain hors-norme. Billy Harmon est une possibilité en n°8 comme en flanker et après une saison encourageante l’an dernier, il devrait fouler souvent les terrains.

La charnière Hall-Mo’Unga a fait des miracles l’an dernier. Mo’Unga s’est imposé comme le meilleur ouvreur du championnat et commence sérieusement à faire douter Barrett au poste chez les All Blacks… Il a une grosse saison devant lui, avec un rôle de leader de jeu désormais pleinement assumé. Les Saders ont recruté Ereatara Enari, joueur très prometteur à 21 ans, qui devrait se tailler une place entre Bryn Hall et Mitchell Drummond. Idem à l’ouverture, Brett Cameron est la doublure parfaite de Mo’Unga : on a pu l’apercevoir avec les All Blacks contre le Japon en novembre, rentrant en fin de match. Ouvreur de Canterbury, il a les qualités pour percer mais devra rester dans l’ombre que meilleur que lui. Mitch Hunt couvre aussi le poste.

Au centre, la paire Crotty-Goodhue est un must en la matière, très régulière, impeccable en défense et s’intégrant parfaitement au jeu de possession des Crusaders. Tim Bateman offre toujours un supplément technique à ce poste. Le jeune Ngane Punivai a la place en n°13 pour les fins de matchs, si ce n’est quelques matchs de titulaire avec les repos annoncés de Crotty et Goodhue. David Havili est aussi une option tactique en n°12. On retrouve ce même Havili à l’arrière, à priori plus à l’aise. Difficile d’estimer à ce poste la forme d’Israel Dagg. Sa présence dans le squad et son expérience restent précieuses, il devrait être souvent titulaire. George Bridge sera le n°11 permanent des Saders et l’un des joueurs à suivre de près. Sur l’autre aile, Ennor et Mataele devraient se partager le poste. Mais le joueur le plus prometteur des arrières – si ce n’est du squad entier – reste Will Jordan (21 ans). Arrière de Tasman et des Baby Blacks il y a deux ans, il attend toujours une place sur la feuille de match. C’est peut-être à l’aile voire en n°13 où il pourra être tester et devrait seconder Havili en n°15. Un joueur à suivre ! Leicester Faingaanuku (Tasman et -20 l’an dernier) n’est pas en reste non plus : à 19 ans, il a les qualités pour peut-être gratter pourquoi pas une place de titulaire si sa pré-saison est bonne.

L’équipe type probable :

1. Joe Moody – 2. Codie Taylor – 3. Owen Franks – 4. Scott Barrett – 5. Sam Whitelock (cap.) – 6. Jordan Taufua – 7. Matt Todd – 8. Kieran Read – 9. Byrn Hall – 10. Richie Mo’Unga – 11. George Bridge – 12. Ryan Crotty – 13. Jack Goodhue – 14. Manasa Mataele – 15. David Havili

> Les Hurricanes

Changement de coach chez les Hurricanes : Chris Boyd est parti à Northampton. La franchise perd donc le headcoach qui l’a emmené à son premier titre en 2016. John Plumtree, adjoint de Boyd prend logiquement la suite. Plumtree ne devrait pas révolutionner le jeu des Canes pour autant mais il a annoncé apporter un peu de densité dans le pack. On peut donc encore attendre beaucoup de mouvements et des contre-attaques, surtout que la structure de l’équipe est globalement restée la même. Shields (Wasps), Fatialofa (Worcester), Savea (Toulon), Thomson (Scarlets) sont quand même de bonnes pertes pour la franchise, surtout pour Shields qui laisse une place de n°8 vide.

Les Canes comptent sans doute le meilleur trio de talonneurs du championnat avec Coles en titulaire, Ricky Riccitelli en remplaçant impeccable et Asafo Aumua dans la peau du meilleur espoir du pays à ce poste. De quoi faire souffler Coles, qui entame 2019 avec forcément un peu moins de confiance et de volume de jeu que d’habitude, après une saison blanche quasiment. En pilier, on retrouvera Chris Eves/Ben May à gauche et le duo Toby Smith/Jeffery To’omaga-Allen à droite dans le rôle de titulaires et de remplaçant. Ces quatre joueurs sont au centre de toutes les rotations à ce poste. Pour autant le pilier droit massif Alex Fidow (1m87, 137kg) sort un peu du lot par son potentiel ballon en main et à la percussion. A 21 ans, c’est l’un des meilleurs espoirs à ce poste dans le pays.

En deuxième-ligne, aucun All Black et sans Fatialofa parti à Worcester, la franchise n’a donc pas beaucoup de garanties. Ça reste un poste qui ces dernières années aux Hurricanes a plus apporté un bon abatage sur et au soutien du jeu d’attaque qu’autre chose. On retrouvera en ce sens Sam Lousi, très actif sur le terrain et ce dans tous les secteurs de jeu. L’espoir Isaia Walker-Leawere pourrait justement apporter un peu plus de densité à ce poste et de dynamisme en attaque. Liam Mitchell est aussi une solution dans un registre plus classique, dans la même veine que Lousi. James Blackwell et Goeff Cridge apportent un peu plus d’expérience à ce niveau, sans trop de garanties non plus. Sans Brad Shields, inlassable plaqueur et leader de combat devant, Plumtree va devoir réorganiser la 3ème ligne. Le trio Fifita-Savea-Evans semble être taillé pour remplir cette mission, tant il offre de la complémentarité entre plaquage, soutien, contest, présence en touche et solution en attaque. Reed Prinsep et Heiden Bedwell-Curtis sont des options plus denses et sécurisantes, respectivement en n°8 et n°6, alors même qu’Evans peut davantage être mobilisé en tant que ball runner. Quoi qu’il en soit, au vu des profils peu offensifs en deuxième-ligne et au vu du dynamisme du jeu des Canes, l’activité du back row sera essentielle dans le rugby des Canes. Beaucoup de rotations à prévoir donc, Sam Henwood pourra faire souffler Savea côté ouvert et l’espoir Du Plessis Kirifi (Wellington, 21 ans) a au final une bonne carte à jouer.

Chez les demis pas de miracle la paire Perenera-Barrett fera encore des siennes, avec toujours la volonté de combiner explosivité en attaque et gestion du jeu. Derrière, les autres joueurs ne sont que des doublures qui seront en concurrence pour une place sur le banc ou du temps s’il y a des blessures. On surveillera quand même la progression de Finlay Christie (mêlée), de Jackson Garden-Bachop et Fletcher Smith (ancien Highlander), vieux espoirs du rugby néo-zed mais toujours leaders de jeu chez Wellington et Waikato. De la densité au milieu de terrain avec le trio Laumape-Proctor-Aso. Laumape est un leader indiscutable en n°12 et un complément de Barrett idéal dans le jeu, gros plaqueur et joueur de percussion. Les deux autres devraient se partager le n°13 et y apporter plus de mouvements. Wes Goosen est un remplaçant performant, qui a dépanné plusieurs fois ces dernières années aux Canes. Billy (frère de Matt) a lui une petite carte à jouer, surtout s’il y a des blessures.

Derrière, de la qualité à tous les niveaux avec un trio Lam-Barrett-Milner-Skudder qui est sans doute le meilleur back three du Super Rugby. Il apporte une complémentarité parfaite à ce poste. Les trois luttent pour une place de titulaire chez les All Blacks, au moins une sélection dans le squad pour Lam. Plumtree garde pour autant des solutions de choix sur le banc avec James Marshall, de retour à Wellington. Très bon joueur de ballon et polyvalent (centre, aile, arrière), il devrait souvent être aligné. Salesi Rayasi (22 ans ; fils de l’ancien international Fidjien) est un bon espoir à ce poste, recruté après de bons matchs à Auckland. Jonah Lowe peut aussi être une option s’il y a des blessures.

 L’équipe type probable :

1. Chris Eves – 2. Dane Coles (cap) – 3. Jeffery To’omaga-Allen – 4. Sam Lousi – 5. Isaia Walker-Leawere – 6. Vaea Fifita – 7. Ardie Savea – 8. Gareth Evans – 9. TJ Perenara – 10. Beauden Barrett – 11. Ben Lam – 12. Ngani Laumape – 13. Matt Proctor – 14. Nehe Milner-Skudder – 15. Jordie Barrett

 > Les Chiefs

Les années passent mais le squad des Chiefs reste toujours l’un des plus attirants du circuit, notamment derrière. Espoirs, joueurs d’inspiration, All Blacks en puissance, beaucoup de talents du côté d’Hamilton pour une franchise qui paradoxalement possède peu de cadres chez les All Blacks (Retallick, Cane voire Lienert-Brown et McKenzie), surtout en comparaison des Crusaders ou des Hurricanes. Plein de bons joueurs à suivre, le tout chapeauté par le duo Colin Cooper-Tabaï Matson.

Grosse densité en première ligne, notamment en n°3 avec Nepo Laulala, Angus Ta’avao et Atu Moli. Kane Hames compte parmi les meilleurs piliers gauches du championnat (s’il se remet de sa dernière commotion cérébrale), avec comme excellente doublure le jeune Aidan Ross (23 ans). Kautai (Waikato) et O’Neill (Taranaki) essaieront de gratter du temps de jeu, ce sont deux bons joueurs de NPC. Au talonage, Nathan Harris et Liam Polwart se partageront le poste, Harris reste candidat à une place dans le squad des Blacks au Japon. Samisoni Taukei’aho (21 ans) a une carte à jouer, au moins sur le banc. Au final avec une association Ross-Harris-Laulala, les Chiefs peuvent rivaliser avec les grosses premières lignes des Crusaders ou des Highlanders, dans un registre étonnamment offensif et dynamique. Une pièce essentielle du jeu des Chiefs, donc !

On devrait retrouver cette année l’attelage Retallick-Ardron qui a fait des misères la saison passée. Si on ne présente plus Retallick, la surprise est venue du Canadien Ardron qui en plus de remplir les tâches classiques d’un deuxième-ligne s’est avéré intéressant en attaque et au soutien. Michael Allardice est clairement le 3ème homme de cette deuxième ligne, après plusieurs saisons à Hamilton. Fin Hoeata (petit frère de Jarrad, ancien joueurs des Highlanders) possède à 22 ans un bon potentiel encore, après deux saisons solides à Taranaki. Plus de potentiel encore avec Laghlan McWhannell (20 ans) après une grosse saison 2018 avec Waikato et les Baby Blacks. Enchaîner -20 ans et Super Rugby l’année qui suit augure souvent du bon ! En troisième ligne, la grosse certitude est bien sûr Sam Cane, en n°7. Derrière, Luke Jacobsen a le potentiel pour s’imposer en n°8, principal espoir du pays à ce poste (21 ans). Taleni Seu devrait souvent être aligné en n°6, il apporte activité et dynamisme en attaque. Lachlam Boshier, Mitch Karpik et Mitchell Brown sont des flankers racés, endurants et chasseurs. Ils peuvent prétendre à une place côté fermé ou en remplacement de Cane, notamment pour Boshier. Pita-Gus Sowakula est lui un loosie plus puissant, pouvant jouer aux trois postes de la troisième-ligne ainsi qu’en deuxième ligne. Au final, les Chiefs ont une troisième ligne pas forcément très impressionnante, surtout comparée aux dernières années. Offensivement, c’est assez limité.

Du talent et de l’audace à la mêlée avec Te Toiroa Tahuriorangi et Brad Weber. Les deux joueurs devraient alterner au poste même si TTT (23 ans) est en pleine progression, candidat à une place de troisième n°9 dans le squad des Blacks en septembre prochain, derrière Smith et Perenara. Deux joueurs à suivre, excellents dans l’animation et les ballons de turnovers. Jonathan Taumateine (22 ans) continue lui-aussi sa progression, après une grosse saison avec les Counties Manukau et plusieurs apparitions avec les Chiefs. A l’ouverture, beaucoup de possibilités pour Colin Cooper. Damian McKenzie est bien sûr l’option n°1 mais reste avant tout un n°15 de métier et force est de constater qu’il est surtout intéressant dans un registre de dynamiteur, dans le jeu débridé notamment que d’organisateur. Le recrutement de Jack Debreczeni (Rebels, Northland) va dans ce sens : vrai n°10 avec un gros pied et un jeu plus « calme », il pourrait être une rampe de lancement intéressante pour le jeu des Chiefs, avec un D’Mack intercalé à l’arrière, second n°10 donc. Deux options, deux stratégies donc, à voir en fonction des blessures aussi. L’ouvreur d’Hawke’s Bay Tiaan Falcon (21 ans) est un profil dans ce genre aussi et est amené à refouler les terrains après quelques apparitions prometteuses.

Au centre, les Chiefs sont orphelins de Charlie Ngataï, joueur emblématique de la franchise, parti à Lyon. Anton Lienert-Brown tient quand même la baraque au centre, dans un registre de régulateur et de fin technicien. On l’attend peut-être encore davantage dans un rôle de percussion et au duel. Il pourrait être aligné avec le jeune Alex Nankivell (22 ans), centre performant à Tasman depuis 2015 dans un registre complet, assez sécurisé. Bailyn Sullivan (20 ans) est un bon espoir au centre, le staff des Chiefs a misé sur lui et ce malgré peu de temps de jeu à Waikato en Mitre 10 Cup. Tumua Manu (Auckland) est une autre option, qui sera à la concurrence pour une place sur le banc. Pas impossible de voir Lienert-Brown davantage en inside centre au final. Sean Wainu est une autre possibilité, avec plus d’expérience cette fois, en n°13.

Beaucoup de talent dans le back three avec notamment Shaun Stevenson (22 ans) et Solomon Alaimalo (23 ans), aux portes des All Blacks. Ils auront un rôle essentiel à jouer dans le jeu d’attaque et de contres des Chiefs. Etene Nanai-Seturo (19 ans) est un véritable crack et un gros joueur de Super Rugby en puissance, après un passage impressionnant avec les All Blacks Sevens l’an dernier et une bonne saison aux Counties Manukau en NPC. Idem pour le Japonais Ataata Moeakiola (23 ans), dans un registre beaucoup plus puissant avec ses 110kg à l’aile, qui d’ailleurs peuvent être une option de taille au centre. Marty McKenzie est lui une option tactique dans un registre plus organisateur et « faux n°10 » mais vues les perf d’Alamolo, il luttera plus pour une place sur le banc qu’autre chose. Pas mal de concurrence donc à prévoir, notamment sur l’aile droite.

 L’équipe type probable :

1. Aidan Ross – 2. Nathan Harris – 3. Nepo Laulala – 4. Brodie Retallick – 5. Tyler Ardron – 6. Taleni Seu – 7. Sam Cane (cap.) – 8. Luke Jacobsen – 9. Te Toiroa Tahuriorangi – 10. Damian McKenzie – 11. Shaun Stevenson – 12. Alex Nankivell – 13. Anton Lienert-Brown – 14. Etene Nanai-Seturo – 15. Solomon Alaimalo.

 > Les Highlanders

Un effectif toujours aussi dense du côté des Highlanders, qui paradoxalement enchaînent les saisons sans titre depuis 2015 et sans réelle chance de l’avoir tout en étant très performants. Ce sont les meilleurs outsiders du championnat, avec un effectif dense et un staff qui a fait ses preuves autour d’Aaron Mauger, renforcé par l’arrivée prometteuse de Riki Flutey aux skills La franchise s’est quand même renouvelée avec la signature de jeunes joueurs que l’on pourrait voir exploser en 2019 : les deux piliers de Waikato Josh Iosefa-Scott (22 ans) et Ayden Johnstone (22 ans), le deuxième ligne Pari Pari Parkinson (Tasman, 22 ans), le n°8 Mikaele Tu’u (Hawke’s Bay), Folau Fakatava (19 ans ; Hawke’s Bay) voire Bryn Gatland, que l’on connait déjà (23 ans, Blues). Beaucoup de double-contrats avec des joueurs qui progressivement reprendront le Super Rugby après leur saison de Top League : Buckman, Ash et Elliot Dixon, Franklin et Fa’agase (Australien ex-Reds, nouveau dans la franchise).

Grosse densité chez les piliers avec Dan Lienert-Brown, Sef Fa’agase (Australien) à gauche et Tyrek Lomax (All Black depuis l’automne dernier), Siate Tokolahi à droite, d’autant que les poids lourds de Waikato Josh Iosefa-Scott (tighthead) et Ayden Johnstone (loosehead) sont deux des meilleurs espoirs au poste en Nouvelle-Zélande. Avec le duo Coltman-Dixon au talonnage, les Landers ont une grosse profondeur d’effectif en première ligne, quasiment au même niveau qu’aux Crusaders. En seconde ligne, l’ex-Baby Black Pari Pari Parkinson pourrait bien exploser, après une saison de haut niveau avec Tasman et les Maoris All Blacks. Culminant à 2m04, il apporte à la fois du dynamisme et de l’impact physique. L’attelage Franklin-Hemopo reste une option plus que sûre, très bon en touche et dans le rythme physique mais Hammett devrait faire jouer Hemopo davantage en troisième-ligne. Josh Dickson (Otago) apporte lui du dynamisme depuis le banc et Jack Whetton est lui un deuxième-ligne somme toute classique.

En troisième-ligne, le tour d’horizon est vite fait : seuls deux joueurs (James Lentjes et Marino Mikaele Tu’u) ne comptent pas de cap chez les All Blacks. Hunt est un vrai chasseur côté ouvert et devrait continuer sa progression. Luke Whitelock est lui devenu indispensable en n°8, apportant du jump en touche et une technique bien rôdée. Côté fermé, Mauger aura des choix de luxe à faire entre Liam Squire, Elliot Dixon et Shannon Fritzell et Jackson Hemopo faisant des Highlanders l’équipe la plus équipée à ce poste en Nouvelle-Zélande. Les trois premiers sont d’ailleurs des options en n°8, dans un registre plus dynamique. Dixon peut aussi jouer en n°7, apportant plus de solutions balle en main.

A la mêlée, on retrouve l’impeccable Aaron Smith qui a quand même une grosse année devant lui pour se maintenir au niveau chez les Blacks. L’espoir d’Hawke’s Bay Folau Fakatava (19ans) pourrait connaître sa première cap très vite, tant il est prometteur. Il sera à la lutte avec Kane Hammington A l’ouverture, la vie sans Sopoaga s’annonce forcément compliquée, tant le joueur des Wasps s’était imposé comme le leader de la franchise avec les deux Smith. Mais le revenant Marty Banks devrait assurer à l’ouverture, sans forcément toujours proposer du dynamisme en attaque. Byrn Gatland est l’autre grosse option, après deux saisons encourageantes avec les Blues, il peut s’avérer meilleur animateur que Banks. Josh Ioane peut s’avérer être un plan B efficace dans un style plus offensif, bien qu’il ait très peu d’expérience à ce niveau.

Au centre, Aaron Mauger devrait reconduire sa paire Walden-Thomspon, une association qui ne fait pas beaucoup de bruit mais qui est diablement efficace, notamment en défense. Thompson a quasiment fait oublier Fekitoa. Matt Faddes est une autre option en n°13, dans un registre de ball runner, idem pour Tomkinson, dans un registre dynamique. Buckman est aussi une bonne doublure, en n°12 comme en n°13, notamment en défense et devrait même être titulaire pendant quelques rotations. Enfin, le jeune Thomas Umaga-Jensen (21 ans) peut toujours se révéler. Du côté du back three, Ben Smith fera sa dernière saison avec les Highlanders, il apportera sa justesse technique et sa faculté à faire les bons choix. Entouré des fusées Tevita Li et Waisake Naholo, le trio d’arrière apporte beaucoup de solutions offensives, là où la paire de centre est plus limitée. Buckman et Faddes peuvent être d’autres options, dans un registre plus créateur et défensif, moins finisseurs donc. Enfin Nabura à l’aile et McKay à l’arrière essaieront de gratter une place sur le banc, voire plus si blessure. Josh Ioane, un peu barré à l’ouverture, pourrait être une bonne doublure de Smith à l’arrière voire son remplaçant l’an prochain (Smith a annoncé qu’il quitterait la franchise à la fin de la saison).

 L’équipe type probable :

1. Dan Lienert-Brown – 2. Ash Dixon (co-cap.) – 3. Tyrel Lomax – 4. Tom Franklin – 5. Pari Pari Parkinson – 6. Liam Squire – 7. Dillon Hunt – 8. Luke Whitelock – 9. Aaron Smith – 10. Marty Banks – 11. Tevita Li – 12. Teihorangi Walden – 13. Rob Thompson – 14. Waisake Naholo – 15. Ben Smith (co-cap.).

 > Les Blues

Côté gestion et management de la franchise d’Auckland, on vous invite à aller lire notre papier publié quelques semaines plus tôt. Les Blues entament en effet une énième saison de transition, avec plusieurs années consécutives à la dernière place de la poule néo-zed. Coté terrain, la franchise a d’abord laisser filer à l’intersaison trois titulaires à savoir Kaino, Manu, Moala, leaders de la franchise ces dernières saisons.

Le 5 de devant n’est pas la partie de l’effectif la plus fournie des Blues et il a participé aux errements défensifs des Blues ou à l’indiscipline chronique l’an passé. Les arrivées à gauche de Karl Tu’inukuafe (Chiefs) et de l’espoir Ezekiel Lindenmuth (21 ans) viennent combler ce manque, le premier apportant surtout solidité en mêlée et en défense et le second un dynamisme et une agressivité rares à ce poste. En tighthead prop on retrouve Tu’ungafasi avec Mafileo et Renata en back-up. Alex Hodgman sera une bonne doublure à gauche. Au talon expérience et leadership promis avec James Parsons, bien épaulé par Matt Moulds et Leni Apisai.

En deuxième ligne, le trio Tupou-Tuipulotu-Tuioti devrait être au centre de tous les roulements d’effectifs. Le retour de blessure de Tupou fait du bien et permet 2 stratégies : soit densifier le pack et le placer en n°6 d’entrée avec deux deuxièmes lignes de métier, soit le titulariser dans l’attelage avec un chasseur en blindside flanker. A voir donc. Scrafton, Pierce (gros espoir) et Goodhue offrent une profondeur de banc correcte. La troisième ligne est depuis quelques années le poste le plus fourni aux Blues et 2019 n’échappe pas à la règle. Le squad comporte trois purs flankers avec Blake Gibson (co-capitaine, retour de blessure), Jed Brown (transfert des Crusaders) et Dalton Papalii (propulsé chez les All Blacks l’an dernier). Les trois peuvent prétendre aux n°6 et n°7 donc Leon MacDonald et Tom Coventry disposent d’une grosse profondeur de banc. En n°8 on retrouve bien sûr Akira Ioane, pierre angulaire de l’attaque des Blues. Tupou peut y jouer aussi. Les espoirs Sotutu et Robinson apporteront concurrence au poste.

La charnière Augustine Pulu-Otere Black devrait régulièrement être alignée. Un duo inédit mais prometteur et complémentaire. Il est possible que la précision technique et la lucidité de Black soit préférée au style plus offensif de Stephen Perefota, que l’on verrait bien à l’arrière. C’est peut-être l’année de Black qui après des années dans l’ombre de Barrett aux Canes et une blessure l’an dernier n’a toujours pas fait parler la poudre en Super Rugby ! Il apporterait stabilité et confiance au jeu des Blues. Mais là-encore Macdonald dispose de deux stratégies en fonction du choix des joueurs. Ruru et Nock sont de bons back-up en n°9, d’autant que Pulu jouera le début de saison au Japon (Hiho Red Dolphins) et Harry Plummer est un espoir en n°10, titulaire avec Auckland cette année en NPC.

Les Blues ont toujours été bizarrement bien outillés au centre mais le poste peut légitiment être pointé du doigt pour les manquements en attaque ou les errements défensifs ces dernières années. Le duo Ma’a Nonu-Sony Bill Williams claque sur le papier, un peu moins sur le terrain. Ce sont pourtant deux prétendants à une place dans le squad des Blacks à la coupe du Monde. Grosse année pour eux en perspective, pour montrer qu’ils sont compétitifs… Ils pourront être aligné en même temps mais à priori le poste de n°12 leur est plutôt réservé. Levi Aumua est le joueur qui semble le plus performant en n°13, après une grosse saison avec Tasman, régulièrement aligné avec David Havili. Les youngsters TJ Faiane (23 ans) et Tanielu Tela’a (20 ans) ont aussi une carte à jouer en n°13, notamment le second après une Mitre 10 Cup de haut-niveau avec Auckland, passé par les Baby Blacks également. Dans le back three, on devrait retrouver en n°15 un arrière animateur plus que coureur avec soit Perefota soit Michael Collins qui ont plus une dégaine de demis. D’autant que sur les ailes les Blues ont les meilleurs finisseurs du championnat avec Ioane et Nanai, qui peuvent aussi largement apporter dans le jeu débridé. Matt Duffie est plus qu’un plan B à l’aile ou à l’arrière, c’était un des joueurs cadres ces deux dernières années, tout dépend de la place accordée à Perefota dans cette équipe. La fusée Caleb Clarke peut percer en 2019, il a la technique et la vivacité du sevens.

L’équipe type probable

1. Karl Tu’inukuafe – 2. James Parsons – 3. Ofa Tu’ungafasi – 4. Jimmy Tupou – 5. Pat Tuipulotu (co-cap.) – 6. Blake Gibson (co-cap.) – 7. Jed Brown – 8. Akira Ioane – 9. Augustine Pulu – 10. Otere Black – 11. Rieko Ioane – 12. Sony Bill Williams – 13. Levi Aumua – 14. Melani Nanai – 15. Stephen Perefota.

Les Crusaders seuls candidats à leur propre titre ?

Les Crusaders seuls candidats à leur propre titre ?

> Perspectives et pronostics

Pour mettre les choses au clair, les Crusaders n’ont perdu que trois matchs lors des deux dernières saisons. L’ère Scott Robertson touche quasiment au sans-faute, le tout sur fond d’invincibilité à domicile. Les Crusaders ne sont pas juste les gagnants du moment, c’est une machine à gagner extraordinaire, dont le niveau semble au-delà même du Leinster des années 2010 ou des Saracens dernièrement en Europe. La variable clef – au-delà du niveau des joueurs – est la pérennité et la solidité du système de jeu mis en place par Robertson et son staff : un jeu de possession dantesque, efficace, fonctionnant comme un véritable rouleau compresseur. Ce qui n’est pas sans rappeler l’Irlande de Joe Schmidt, avec des individualités mises largement au service du collectif et une équipe qui bouge peu, autour d’un axe 2-5-8-10-12-15 ultra expérimenté (Taylor-Whitelock-Read-Mo’Unga-Crotty-Havili). Le squad est resté quasiment le même en 2019, il semble donc compliqué de voir des Crusaders débordés, ne serait-ce même à l’intérieur de la conférence néo-zed. La franchise est ultra-favorite à sa propre succession pour un three peat rappelant celui des mêmes Crusaders de 1998, 1999, 2000.

Derrière, la grosse incertitude touche bien sûr les Blues, comme depuis maintenant 4/5 saisons. Variable inconnue de la conférence néo-zed, la franchise époque Leon Macdonald peut prétendre battre Highlanders, Chiefs et même Hurricanes, bien que personne n’y croit réellement et comme chaque année les observateurs promettent monts et merveilles aux Blues. Hurricanes, Chiefs et Highlanders restent comme l’an dernier les meilleurs outsiders au titre, derrière les Crusaders donc. Les trois franchises ont toutes au moins gagnées le Super Rugby ces 8 dernières saisons. Nettement au-dessus des autres franchises étrangères (hors Lions) mais nettement en-dessous des Crusaders, le format les contraint aux playoffs à l’extérieur et/ou contre des franchises néo-zeds. C’est un processus observé chaque année en Super Rugby : les équipes néo-zeds s’entretuent dans la course au titre, la faute au format. L’ambiance promet d’entrée quelques beaux matchs avec Chiefs-Highlanders et Blues-Crusaders dès la 1ère journée et Crusaders-Hurricanes dès la deuxième, décisifs d’un point de vue comptable.

Au-delà de la concurrence et de la bataille au classement général, la conf néo-zed se devra d’être au niveau avant la Coupe du Monde en septembre, c’est-à-dire 1/ Avoir des systèmes de jeu performants, aiguillant la stratégie de match des All Blacks 2/ Permettre au joueur de baigner dans le meilleur niveau possible et de systématiser les automatismes. Aussi, 2019 sonne comme une saison de transition avant l’heure, après les départs annoncés de cadres dans toutes les franchises. Une saison d’autant plus intéressante à suivre, nouvel acte d’une hégémonie annoncée dans l’hémisphère Sud pour la Nouvelle-Zélande…

 > Le XV type des joueurs à suivre

On vous propose pour finir un XV des joueurs à suivre dans chaque conférence, pas forcément le XV type par définition mais une équipe de joueurs un peu moins connus, prometteurs, audacieux ou qui reviennent cette année après des blessures ou des changements de clubs. Un XV de connaisseurs si vous préférez !

 1. Chris Eves (Hurricanes) – 2. Asafo Aumua (Hurricanes) – 3. Tyrel Lomax (Highlanders) – 4. Isaia Walker-Leawere (Hurricanes)– 5. Pari Pari Parkinson (Highlanders) – 6. Shannon Fritzell (Highlanders) – 7. Blake Gibson (Blues) – 8. Reed Prinsep (Hurricanes) – 9. Ereatara Enari (Crusaders) – 10. Otere Black (Blues) – 11. George Bridge (Crusaders) – 12. Alex Nankivell (Chiefs) – 13. Levi Aumua (Blues) – 14. Solomon Alaimalo (Chiefs) – 15. Stephen Perefota (Blues).

Author: Antoine

Dépressif pendant plusieurs années. A sombré non pas dans la drogue, mais dans le Top 14 de longs vendredis soir, notamment à travers les prestations d’une équipe jouant en blanc et rouge (ou ciel et blanc je sais pas trop ; ah, on me souffle dans l’oreillette que c’est pareil de toute façon) dirigée par un type au nom d’effaceur et qui a toujours fait des chemises trop chères pour moi. Tout semblait perdu, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, rêvant parfois d’un « David Marty Tribute » sur Youtube. Et un beau jour, mon adolescence de pré-Directioner fut sauvée de justesse par le rugby, le vrai, celui d’en bas (pas d’Agen hein). Richie, Bismarck et Quade sont devenus mes héros, le Super Rugby mon fantasme. P.S : tente de temps à autres de pondre des papiers sur un blog constitué d’un futur chauve étant grand admiratif de Sony Bill Williams et d’un stagiaire argentin alcoolique souvent habillé en poncho.

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