Super XV – RSA
QUE FAUT-IL RETENIR DE LA SEMAINE?

Frederic Michalak auteur d'une brillante performance face aux Cheetahs
- Quade Cooper a enfin fait son retour sur les terrains, sept mois après sa grave blessure survenue contre les Gallois en Coupe du Monde. Il a participé à plus de 40 minutes de la rencontre face aux modestes Lions avant d’être remplacé par Luke Morahan. Michael Harris est cependant resté en charge des tirs au but pour laisser le temps à Cooper de reprendre ses marques.
- Frédéric Michalak s’est rappelé au bon souvenir de ceux qui l’avaient oublié en remplaçant au pied levé un Patrick Lambie malade. Auteur de 19 points dont un essai, il a prouvé à John Plumtree qu’il était plus qu’un remplaçant de luxe. Il serait intéressant de le titulariser à la mêlée où il ne devrait pas avoir trop de problème à faire oublier le médiocre Charl McLeod.
- Victime de sa cinquième commotion cérébrale en moins d’un an, le centre des Blues Benson Stanley, futur joueur de l’AS Clermont Auvergne, se pose des questions quant à la suite de sa carrière. Déjà absent une bonne partie de l’année dernière après que des tests neurologiques aient décelé des impacts sur sa mémoire et capacité de réaction, cette dernière commotion devrait mettre un terme à sa saison et, à l’instar de Berrick Barnes la saison passée, Benson devrait consulter de nombreux spécialistes avant de prendre une décision quant à son avenir.

Zack Holmes, excellent pour sa première titularisation en 10
- Trois grands espoirs Australiens ont marqué les esprits pour leurs débuts le week end dernier. Tout d’abord Zack Holmes, intronisé ouvreur des Brumbies suite aux blessures de Matt Toomua et Chrisitan Lealiifano a marqué 22 points dont un essai lors de la victoire de sa franchise sur le terrain des Hurricanes de Wellington. International à VII formé à Perth et ayant débuté en senior avec les Northern Suburbs de Sydney, Zack est un espoir dont les performances sont très suivies down under. Surprise du dernier recrutement d’Ewen McKenzie, Chris Feauai-Sautia, 18 ans, est entré en jeu contre les Lions pour son premier match en Super Rugby et a inscrit un essai. Une belle entrée en matière pour ce joueur polyvalent derrière qui a été très présent dans l’animation offensive en seconde mi temps. En seconde ligne, Cadeyrn Neville continue d’impressionner avec les Melbourne Rebels. Ce jeune avant formé aux Marlins de Manly a inscrit deux essais contre la Western Force et forme avec Hugh Pyle un attelage d’avenir pour les Wallabies.
- Le calendrier démentiel des nations de l’hémisphère sud oblige le Super Rugby à s’arrêter un mois pour laisser la place aux tests matchs du mois de juin. Les internationaux sont les premières victimes de ce calendrier stupide qui a déjà fait des dégâts. Ainsi James O’Connor (fracture d’une côte ayant endommagé son foie), Keven Mealamu (mollet) ou Cory Jane (cheville) sont d’ores et déjà forfait.
- Victimes d’une pénurie de troisième ligne, les Stormers ont obtenu le prêt du Canadien Jebb Sinclair par les London Irish. Après la grave blessure de Nizaam Carr, Allister Coetzee était de nouveau à la recherche d’un flanker, l’américain Todd Clever ainsi que les Sud Africains Ernst Joubert et Danie Rossouw ont été sondés. Cependant suite à des querelles internes à la Western Province Rugby Union et Schalk Burger étant sur le retour, ce renfort ne devrait plus être d’actualité.
Tout d’abord sont à votre disposition sur ce site, le classement et les résultats complets et par équipe de tournoi 2012, les statistiques par joueurs (essais, points etc..) ainsi que les effectifs mis à jour des franchises engagées.
L’Australie à la ramasse
En 2011 les Reds remportaient le tournoi, les Waratahs tombaient en demi-finale et les Wallabies remportaient le dernier Tri Nations de l’histoire. Cette saison rien de va plus sur l’île continent où les franchises Australiennes évoluent à un niveau inférieur à leurs concurrentes Néo Zélandaises et Sud Africaines. Les Reds en sont le symbole flagrant après leurs deux très lourdes défaites face aux Bulls (61-8) et la Western Force (45-19). Ils sont certes victime de malchance, leurs trois ouvreurs Quade Cooper, Mike Harris et Ben Lucas étant blessés, mais même si Dallan Murphy est très loin du niveau Super Rugby, lâcher de la sorte est indigne de leur rang de tenant du titre. Si Harris doit bientôt reprendre l’entrainement, des rumeurs annoncent le repositionnement de Will Genia à l’ouverture ou la titularisation du jeune Sam Lane qui pourrait avoir énormément de pression sur les épaules.
Idem du côté de Sydney où les Waratahs évoluent à un niveau indigne de leur effectif et proposent un jeu soporifique. Une saison cauchemar telle celle de 2007 pointe son nez pour les hommes de Michael Foley. On parle déjà d’un grand coup de balais pour 2013. On ne croyait pas au miracle du côté de Melbourne, mais les Rebels ont montré que sans leur triplette de star (O’Connor, Beale et Cipriani), ils ne serviraient que comme sparing partner des autres équipes. Enfin malgré leur classement mitigé, les résultats de la Western Force et surtout des Brumbies sont intéressants. Les deux équipes sont composées de nombreux espoirs Australiens et proposent un jeu offensif divertissant. La franchise de Canberra évolue d’ailleurs à un niveau supérieur à celui attendu et de nombreux joueurs semblent avoir franchis un palier. La patte de Jake White y est forcément pour beaucoup! Sans l’en avant de Ben Alexander, la victoire contre les Chiefs était à leur portée.
Beaucoup de joueurs ont quitté les Stormers à l’intersaison, aussi bien des stars comme Jaque Fourie ou Francois Louw, des espoirs comme Johan Sadie, Tim Whitehead ou JJ Engelbrecht ou des cadres sur le déclin comme Rickie Januarie, Anton Van Zyl ou CJ Van der Linde. Si certains ne manqueront pas à la franchise de Cape Town, le gouffre laissé par les autres pourrait cependant sembler difficile à combler. De plus le départ soudain de Rassie Erasmus, en désaccord avec les dirigeants de la Western Province, a jeté un froid au Cap et Allister Coetzee est désormais le grand patron jusqu’en 2015. Pour bâtir son groupe, Coetzee a pioché au sein de la Western Province, du club voisin des Boland Kavaliers (vainqueurs en deuxième division de la Currie Cup) mais a aussi observé les performances des Maties de la Stellenbosch University et des Ikey Tigers de la University of Cape Town engagés en Varsity Cup.

Schalk Burger sera une nouvelle fois le leader des Stormers - Crédits: Gallo Images/Getty Images Europe
Il est toutefois regrettable que, à l’instar de la FFR ou de la LNR en France, les dirigeants de la Western Province prennent des décisions qui vont à l’encontre du développement et de la progression de leur franchise pour conserver leur petit confort. Alors que la possibilité de jouer les matchs dans l’ultra moderne Cape Town Stadium (construit pour la Coupe du Monde de football en 2010) a été évoquée, les dirigeants ont décidé de rester au plus petit, isolé et vétuste Newlands Stadium. La décision de laisser partir des espoirs nationaux comme Sadie, Engelbrecht, Whitehead ou Cronje pour renforcer la concurrence est également incompréhensible. Enfin en ne retenant pas Rassie Erasmus, ils se privent des compétences d’un technicien hautement réputé et affaiblissent donc leur équipe. Souvent limités quand ils atteignent les phases finales, les Stormers ne devraient pas inverser la donne cette année.
LE STAFF

Allister Coetzee désormais grand patron
Comme expliqué précédemment, Rassie Erasmus a quitté les Stormers en janvier 2012 et son poste de manager n’a pas été remplacé. Allister Coetzee a donc désormais les pleins pouvoirs et a même prolongé pour trois saisons de plus jusqu’en 2015. Il cumulera donc la direction de la Western Province et de la franchise de Cape Town. En poste depuis 2008 après avoir été pendant trois ans adjoint de Jake White à la tête des Springboks il était pressenti pour prendre la succession de Peter de Villiers avant la nomination de Heyneke Meyer. Ses adjoints restent Robbie Fleck en charge des arrières et des skills et Matthew Proudfoot pour les avants et la mêlée. Fleck est un ancien joueur de la province passé par Bath possédant une trentaine de sélection avec les Boks. Proudfoot a lui passé beaucoup de temps en Ecosse au point de représenter le XV du Chardon à quelques reprises. Enfin Jacques Nienaber est en charge de la défense, tache qu’il devrait cumuler au niveau international avec la sélection Sud Africaine.
LES STARS

Jean de Villiers, un des plus expérimentés derrière
Bien que Jaque Fourie et Francois Louw aient quitté la franchise, il reste quelques stars à Cape Town. Avec la retraite de Victor Matfield et le départ à Toulon de Bakkies Botha, le meilleur deuxième ligne Sud Africain est désormais Andries Bekker. Malheureusement victime de nombreuses graves blessures ces deux dernières années, il n’a pas réussi à s’imposer plus tôt dans la hiérarchie. Il a désormais le champ libre. On ne présente plus Schalk Burger, à la renommée internationale de boucher mais avant tout amateur du combat et considéré comme un des meilleurs plaqueurs du circuit mondial. Déjà capitaine des Stormers, il pourrait être nommé également capitaine ou vice capitaine des Springboks par Heyneke Meyer. Enfin Jean de Villiers, peu épargné par les blessures, est le régulateur des lignes arrières grâce à son expérience, son dynamisme et sa puissance. Orphelin de Jaque Fourie, il devrait cette saison alterner entre le centre et l’aile.
Le Super Rugby est un championnat au fonctionnement assez simple désormais, composé de cinq franchises de trois pays (Afrique du Sud, Australie et Nouvelle Zélande). Contrairement aux deux premières éditions du Super 12 où seules les meilleures équipes lors de la Currie Cup précédente avaient le droit de participer, les franchises Sud Africaines sont désormais bien connues et inamovibles. Au nombre de quatre lors des Super 12 avec les Bulls, les Stormers, les Sharks ainsi que les Cats, elles sont désormais au nombre de cinq depuis 2006 et la scission de cette dernière en deux franchises distinctes, les Cheetahs et les Lions. Mais depuis 2005 il existe une sixième franchise “non officielle”, aujourd’hui nommée Southern Kings et auparavant connue sous le nom de Southern Spears, dont le but était d’intégrer le Super 14 en 2007. Faute de garanties financières suffisantes, cette option a été écartée et la jeune entité dissoute. En 2009 une sélection du Eastern Cape refait surface pour affronter les Lions Britanniques & Irlandais en tournée dans le pays. Elle s’appelle désormais les Kings et est composée de nombreux joueurs issus d’autres provinces. En 2010, avec le passage à 15 équipes, une nouvelle tentative d’intégrer le Super Rugby échoue, la 15e place étant donnée logiquement aux Melbourne Rebels. Les représentants de l’Eastern Province étaient pourtant prêts à intégrer la conférence Australienne… un raisonnement bien illogique. En 2011 les Kings participent à la IRB Nations Cup organisée en Roumanie et remportent le tournoi. Cependant, le 27 janvier 2012 juste avant l’annonce de la nomination d’Heyneke Meyer, la SARU a discrètement glissé que les Southern Kings seront inscrits au programme du Super Rugby 2013 sans s’épancher sur les détails. Comment en est on arrivé à ce parachutage?

Le Nelson Mandela Bay Stadium sera le théâtre des matchs des Southern Kings
Chaque franchise de Super Rugby est associée à plusieurs clubs présents dans les deux divisions de la Currie Cup et en Vodacom Cup. Le club de Port Elizabeth, les Mighty Elephants a ainsi été renommé Eastern Province Kings en 2010. Les Southern Kings, franchise fictive pour le moment, sont formés par l’union de l’Eastern Province, des Border Bulldogs et SWD Eagles. Les Kings ont nommé Alan Solomons (ex coach de l’Ulster, Saints, Stormers et Babas) pour diriger la franchise et ont recruté des bons joueurs comme Luke Watson, Jaco Engels ou Clint Newland pour, en premier lieu, rejoindre la première division de la Currie Cup et ainsi gagner en légitimité. Peine perdue car, avec deux échecs pour la promotion et même dans la course au titre de champion de la seconde division en 2010 et 2011 ajoutés aux contre performances en Vodacom Cup, les Kings peinent à marquer les esprits. Plus récemment encore, ils ont été incapables de remporter un seul match amical contre les équipes réserves des provinces actuellement engagées en Super Rugby! Quel intérêt à donc la SARU à inscrire les Southern Kings au programme du Super Rugby 2013?

Luke Watson, fils de Cheeky, sera la capitaine de la franchise
Cette décision est bien entendue politique et inscrite dans le contexte social très tendu en Afrique du Sud dont le rugby est une victime collatérale. Après avoir parachuté un entraîneur incompétent pour des raisons politiques avec le résultat que l’on sait pour faire machine arrière en nommant cette année celui a qui aurait du revenir le poste en 2007, la fédération se tire une nouvelle fois une balle dans le pied avec cette décision hâtive et dommageable pour la santé de son rugby. La volonté politique de développer le rugby dans l’Eastern Cape est avant tout basée sur l’idée fort louable de promouvoir le “black rugby” dans cette région formée dès la fin de l’apartheid par la fusion de deux bantoustans, le Transkei et le Ciskei. La région connait un fort développement économique et Port Elizabeth possède un stade de 48000 places assises, le Nelson Mandela Bay Stadium, qui a accueilli la Coupe du Monde de Football 2010 et est désormais une étape annuelle des IRB Sevens World Series. Le président des Kings est Cheeky Watson, père de Luke Watson, et ancien militant anti-apartheid qui a dit non aux Springboks en 1976 pour continuer d’évoluer avec les joueurs noirs des townships. Si l’ambition et l’esprit de cette franchise sont louables, la méthode du parachutage l’est moins, sachant que l’équipe n’a jamais prouvé sa valeur sur le terrain et n’est pas aussi représentative qu’elle devrait l’être “sur le papier“.





