Queensland Premier

Phil Waugh a terminé sa carrière en finale contre Eastwood
En 2007, la fédération Australienne mettait en place l’Australian Rugby Championship afin de permettre à ses joueurs professionnels non internationaux et à ses meilleurs jeunes de pratiquer un rugby de haut niveau dès la fin du Super Rugby. Ce type de compétition existe déjà en Nouvelle Zélande avec le NPC (ou ITM Cup pour des raisons commerciales) et en Afrique du Sud avec la Currie Cup. Malheureusement cette première édition n’aura été que l’unique de l’histoire de cette compétition pour des raisons financières, certainement la faute à une saison catastrophique des Wallabies et des franchises Australiennes de Super 14, Reds et Waratahs en premier lieu. Elle aura pourtant permis à des petits jeunes nommés Will Genia, Quade Cooper ou Kurtley Beale de se montrer et d’ainsi être alignés régulièrement dès la saison 2008 de Super 14.
La victoire des Reds face aux Crusaders en finale du Super Rugby a donc sonné le glas du rugby professionnel en 2011 pour les joueurs Australiens n’ayant pas la chance et l’honneur d’être internationaux. Ceux-ci ont donc l’opportunité d’évoluer dans les championnats régionaux Australiens, en premier lieu le Shute Shield de Sydney, puis le Queensland Premier Rugby sur Brisbane et à moindre mesure la John I Dent Cup de Canberra. Perth et Melbourne possèdent également leur compétition mais le niveau reste très faible malgré quelques caméos de joueurs de la Western Force et des Melbourne Rebels ainsi que les efforts des fédérations de ces deux états. Pourtant, pour en avoir discuté brièvement avec Abdel Benazzi, passé par Warringah quelques mois en 1995, le niveau reste relevé même si l’ambiance et la préparation n’a plus rien à voir avec le rugby professionnel.
Les lauréats 2011 (Résultats détaillés)

Ben Tapuai, champion du Queensland avec Sunnybank
Au cours d’un match épique qui a vu les équipes se départager après une prolongation, Eastwood, club de la banlieue nord de Sydney s’est imposé en finale contre les poids lourds de University of Sydney, club historique Australien. Les Woodies avaient également terminé premier du classement après la phase de poule. Les Marlins de Manly, Eastern Suburbs, Randwick et Northern Suburbs ont également pris part aux phases finales. Le point commun entre ces six clubs est la forte proportion de joueurs licenciés étant également membre d’une franchise de Super Rugby, leur permettant donc d’évoluer à un niveau supérieur aux autres clubs, plus pauvres et donc offrant moins d’avantages aux pros.
Même son de cloche du côté de Brisbane où c’est Sunnybank qui l’a emporté en finale contre le club historique des Brothers, après avoir sorti les tenants de la University of Queensland et l’autre club historique GPS Rugby. Sunnybank est un club au succès plus récent grâce au développement de Brisbane par rapport aux trois autres clubs, présents dès les débuts du rugby union dans la ville et liés aux lycées prestigieux et universités de la capitale du Queensland. Enfin sur Canberra, c’est le poids lourd des Vikings de Tuggeranong qui l’a emporté sans grande surprise contre les Western Districts Lions, club formateur de Stephen Larkham.
- Shute Shield (Sydney): Eastwood 19 – 16 Sydney University
- Queensland Premier Rugby (Brisbane): Sunnybank 35 – 24 Brothers
- John I Dent Cup (Canberra): Tuggeranong Vikings 44 – 18 Western Districts Lions
- KWIK Premier Grade (Perth): University of Western Australia 15 – 13 Nedlands
- Victorian Rugby Union (Melbourne): Melbourne RC 39 – 12 Power House
Quel intérêt
Bien que désormais certaines franchises recrutent leurs joueurs directement depuis le lycée (comme O’Connor, Genia ou Pocock), les championnats de Sydney et Brisbane servent de vivier, bien entendu pour les Waratahs et les Reds, mais également pour les Rebels ou la Force qui ne peuvent sélectionner localement suffisamment de bons joueurs, faute de licenciés.

Elvis Levi, de Penrith à Béziers
- Les joueurs ambitieux ayant échappé aux sélections jeunes ont n’ayant pas confirmé les espoirs placés en eux ont donc l’occasion de se refaire et de prouver leur valeur dans cette compétition. Au sein des Wallabies présents en Nouvelle Zélande on trouve trois joueurs faisant partie de cette catégorie à savoir Radike Samo, perdu au Japon et repéré par Ewen McKenzie l’an passé quand il jouait avec les Southern Districts; Beau Robinson, oublié par les Waratahs, perdu en seconde division Italienne et qui a également tapé dans l’œil d’Ewen McKenzie grâce à ses performances avec Warringah; et enfin Ben Alexander, repéré par les Brumbies après une bonne saison à Eastwood suite à son passage à Bradford en Angleterre. Certains joueurs au temps de jeu très limité en Super Rugby mais très investis en Club Rugby font le bonheur de clubs Européens comme Brock James (ex University of Sydney), Dane Haylett Petty (ex Gordon), Ole Avei (ex Sunnybank), Nemani Nadolo (ex Manly) ou Cameron Treloar (ex Warringah). Les recrues de Béziers Elvis Levi (ex Penrith Emus) et du Stade Français Alex Rokobaro (ex Sydney University) doivent encore prouver leur niveau en France mais suivent la lignée des joueurs précédemment cités. C’est d’ailleurs le club de Randwick qui sert de lien entre Michael Cheika, coach du Stade Français et ses recrues Morgan Turinui, Lei Tomiki et Francis Fainifo!
- Ces championnats permettent bien entendu de tester les jeunes joueurs au niveau “sénior” avant de les faire grimper à l’échelon supérieur. Cette saison a révélé ou confirmé les espoirs placés en certains rugbymen qui ont depuis signé leur premier contrat pro pour la saison 2012. Il faudra ainsi suivre de très près Nic White (Eastwood & Brumbies), Zack Holmes & Cam Crawford (Northern Suburbs & Brumbies), Aidan Toua (Easts Brisbane & Reds), Bernard Foley (Sydney University & Waratahs), Ben Seymour (Manly & Western Force) ainsi que Greg Peterson (Manly & Waratahs).

Kurt Morath, le Tongien des Eastern Suburbs
- Le rythme intense du Super Rugby n’est pas sans conséquences pour les franchises qui ont parfois été victime d’une véritable hécatombe en terme de blessés à certains postes clés. Les Waratahs (Hugh Perrett, Ben Batger, Ben Roberts), la Western Force (Brian Sefanaia, Matt Brandon, Chris Cottee) ou les Reds (Caleb Ralph, Jono Lance) ont ainsi eu recours à des back up qui ont su se mettre au niveau en cours de saison. La limitation des groupes pros à 30 joueurs va certainement permettre à de nombreux autres joueurs de se montrer au fil des blessures.
- Il n’y a pas que des Australiens dans les championnats du pays, on compte également de nombreux Islanders de plus en plus investis dans leur équipe nationale. L’ouvreur des Tonga Kurt Morath est titulaire pour les Eastern Suburbs tout comme le pilier des Fidji Campese Ma’afu. Le demi de mêlée des Samoa Jeremy Su’a joue lui pour West Harbour alors que l’ancien ouvreur des Tonga Pierre Hola vient d’être sacré champion avec Eastwood et figure parmi les meilleurs marqueurs de ce Shute Shield 2011. Les Fidjiens Seremaia Bai (Eastern Suburbs) et Albert Vulivuli (Souths Brisbane), le Samoan Daniel Leo (Sunnybank) et les Tongiens Ephraim Taukafa (Northern Suburbs) et Paino Hehea (Eastwood) ont également éclos en Australie. Enfin, faute d’opportunités au pays, des joueurs comme Nathan Hines (ex Manly), Dan Parks (ex West Harbour) ou Tom Court (ex University of Queensland) font désormais le bonheur d’autres nations.
Vous pouvez dès aujourd’hui retrouver les classements ainsi que les résultats des compétitions de l’hémisphère sud de l’année 2011.
Ils seront mis à jour le plus rapidement possible sur Sud Rugby mais vous pouvez également les retrouver sur It’s Rugby.
INTERNATIONAL
AFRIQUE DU SUD
AUSTRALIE
- Shute Shield 2011 – Sydney (NSW) Premier Grade Rugby
- Queensland Premier Rugby 2011
- ACT & Southern NSW Premier Division 2011
NOUVELLE-ZELANDE

John Eales
Les Reds viennent de remporter leur sixième rencontre d’affilée, performance qu’ils n’avaient plus réalisé depuis… 1996. A cette époque, les rangs des joueurs du Queensland étaient composés de John Eales, Tim Horan, Daniel Herbert, Ben Tune, Toutai Kefu, Jason Little ou Michael Foley. De la à faire un parallèle entre les joueurs actuels de la franchise de Brisbane et les légendes Reds et Wallabies de 1996 il y a un gouffre… que je franchis allègrement. Les hommes d’Ewen McKenzie ont réalisé deux grosses performances coup sur coup en s’imposant à Cape Town face aux Stormers la semaine passée puis face aux Bulls à domicile ce week end. Ils sont avec les Crusaders, favoris pour le titre cette année, une perspective inimaginable il y a tout juste plus d’un an en janvier 2010. Retour sur les évènements ayant ramené les Queenslanders vers les sommets.
Une longue descente aux enfers

Scott Higginbotham
Depuis la fin des années John Eales, emmenés par une génération médiocre (John Roe, David Croft, Sam Cordingley ou Sean Hardman), les Queensland Reds se sont éteints à petit feu, laissant aux Brumbies et aux Waratahs le soin de représenter l’Australie au plus haut niveau du Super Rugby. Après avoir dû composer avec les départs en 2005 de Wendell Sailor et d’Elton Flatley, le coup de grâce est porté à la franchise en 2006 avec la création de la Western Force. Le rugby n’étant que très peu développé en Western Australia, il a bien fallu recruter ailleurs, et donc sur la côte est. Le New South Wales étant déjà couvert par les Waratahs et les Brumbies, John Mitchell s’est donc tourné vers le Queensland, autre bastion du rugby union, pour former son groupe. Sur deux années, 2006 et 2007, la Force a non seulement débauché des cadres des Reds comme Nathan Sharpe ou Drew Mitchell, des espoirs comme Digby Ioane, Scott Daruda ou Lachlan MacKay mais surtout des jeunes du Queensland n’ayant pas encore percé en tant que pro comme David Pocock, Richard Brown ou James O’Connor. Privés de ses cadres, de ses espoirs et de sa base, les Reds ont sombré entre 2006 et 2009 sous les directions successives de Jeff Milner, de l’inénarrable Eddie Jones puis de Phil Mooney, alternant entre la 12e et la dernière place. Au cours de ces années galères, synonymes de reconstruction, Mooney a eu le mérite de recruter malin avec le retour de Ioane, la venue des frères Faingaa ou les signatures de Leroy Houston et Rodney Davies, mais aussi de ne pas hésiter à lancer des jeunes et à leur maintenir sa confiance. Quade Cooper, Will Genia, James Horwill, Ben Daley, Scott Higginbotham ou Peter Hynes ont ainsi eu plusieurs saisons pour se roder au haut niveau et devenir les joueurs que l’on connait actuellement.
La métamorphose opérée par Ewen McKenzie

Quade Cooper
Au cours du second semestre 2009, l’annonce des départs de Berrick Barnes et de Hugh McMeniman laissait présager d’un tournoi 2010 galère pour les hommes du nouveau coach, Ewen McKenzie, tout fraichement débarqué (dans les deux sens) de Paris. J’étais le premier à critiquer ce choix d’entraîneur, McKenzie représentant à mes yeux deux échecs aux Waratahs puis au Stade Français ainsi qu’un style de jeu peu ambitieux, à l’image des Wallabies 2003-08. Et les résultats des Reds lors du Super 14 2010 m’ont fait comprendre que je m’étais complètement trompé! Libéré de l’ombre de Berrick Barnes dont la présence le reléguait au poste de premier centre, Quade Cooper à pris une autre dimension et le jeu des Reds s’est ainsi débridé et plus porté vers l’offensive. Alors certes les mauvaises langues vont parler des lacunes défensives et du faible ratio de coups de pied transformés, mais le spectacle offert sur le terrain et le nombre d’essais inscrits vaut bien plus que les nombreuses purges défensives auxquelles nous assistons en Europe. Le mérite de ce retour en grâce est bien sur dû au discours de l’ancien pilier international, mais aussi à l’intronisation de Robbie Deans à la tête des Wallabies, ce dernier ayant pris le pari de renouveler son groupe avec les jeunes espoirs nationaux. Après des débuts désastreux, les Cooper, Genia, Ioane, Horwill, Hynes et plus récemment Faingaa, Slipper ou Simmons sont devenus des membres réguliers de la sélection nationale et ont ramené cette nouvelle expérience dans leur franchise. Les Reds 2011 paraissent plus sérieux, matures et engagés que l’an passé. La claque reçue face aux Waratahs à Sydney en début de tournoi, leur dernière défaite en date, a eu l’effet escompté, et la victoire de la semaine dernière à Cape Town a démontré que les Reds n’étaient pas là que pour faire le show. Le choc du 29 mai face aux Crusaders à Brisbane est désormais attendu avec impatience aux quatre coins du globe, mais auparavant les hommes du capitaine James Horwill ont une revanche à domicile à jouer ce week end face aux Waratahs.
Quel avenir ?

Luke Morahan
Luke Morahan, auteur de deux essais face aux Bulls et très estimé par Robbie Deans est passé récemment par le programme australien de rugby à VII. C’était le cas l’an passé pour Liam Gill, Kimami Sitauti, Dom Shipperley et cette année pour Jono Lance, Joel Faulkner, Aidan Toua et Tevita Kuridrani. Les Reds ne sont donc pas près de perdre leur style de jeu, la relève étant déjà rodée et prête en cas de défection. Car c’est bien ce dernier point qui fait peur dans le Queensland. Après la Western Force, ce sont les Melbourne Rebels qui ont intégré le Super Rugby et ces deux franchises sont très riches. Déjà délestés sans véritable dommage de Laurie Weeks, Adam Byrnes et Richard Kingi l’an passé, les nouvelles cibles des Victoriens sont Quade Cooper et Luke Morahan. Cependant, malgré les rumeurs de son transfert vers Melbourne, James O’Connor n’aurait encore rien signé et aurait été contacté par Ewen McKenzie pour un retour à la maison! Pour l’instant, arrivées comme départs ne sont qu’au stade des rumeurs. Le changement opéré fin 2009 avec l’intronisation des légendes locales Rod McCall à la présidence, Tim Horan, Daniel Herbert et Dan Crowley en charge du développement du rugby et de la détection dans l’état commencent à porter leurs fruits. La proportion de jeunes Queenslanders dans les sélections espoirs ou schoolboys ne cesse de croître laissant augurer un avenir prometteur pour la franchise, malgré l’appétit des zones desoeuvrés rugbystiquement, Melbourne et Perth!

Richard Graham, entraîneur de la Western Force
Richard Graham est l’entraîneur en chef de la Western Force depuis le départ de John Mitchell parti coacher les Lions de Johannesburg. Adjoint du technicien Néo-Zélandais en 2010, il a été également celui de Robbie Deans auprès des Wallabies à partir de 2009, précisément en charge des “skills”. Richard a fait ses gammes en tant qu’entraîneur en Angleterre, à Bath entre 2002 et 2006 sous la direction successive de Michael Foley, John Connolly et Brian Ashton. Il rejoint ensuite les Saracens de Londres où il sera l’adjoint d’Eddie Jones avant de devenir entraîneur en chef du club londonien en 2009. Au cours de sa carrière de joueur, Richard a évolué pour le club d’Easts Brisbane et a représenté le Queensland et l’Australie A. C’est surtout à sept qu’il s’est fait un nom en représentant les Wallabies Sevens entre 1998 et 2002, participant aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur et de Manchester.
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- Quels sont vos principaux objectifs cette saison?
L’objectif principal lors de la préparation de cette saison était de changer les attentes que nous avions en nous même et en nos coéquipiers. Nous travaillons dur sur et hors du terrain pour nous assurer que cela fonctionne.
- Comme la saison dernière, la Western Force doit gérer une situation délicate avec les blessures de nombreux joueurs cadres. En quoi cette situation affecte la performance globale de votre équipe?
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