Récupérez vos points de permis !

Sevens 7′s

Dane avec Biarritz

Dane Haylett-Petty est l’arrière Australien du Biarritz Olympique depuis le début de la saison 2010-11. Arrivé surprise sur la côte basque avec son compatriote Michael Bond, il s’est rapidement imposé pour devenir l’un des titulaires de l’équipe de Jean-Michel Gonzalez et Jack Isaac. Né le 18 juin 1989 à Durban en Afrique du Sud, ses parents émigrent à Perth en l’an 2000 où il continue la pratique du rugby au sein du club de Cottesloe. Il grimpe petit à petit les échelons régionaux en représentant les schoolboys de Western Australia en 2006 et 2007 et sera même capitaine de cette sélection la dernière année. Il sera également membre de l’équipe nationale Australienne schoolboys en 2007. Il deviendra le premier “local” à être contracté par la Western Force en 2008, franchise où il restera jusqu’à la fin du tournoi 2010. Il jouera également pour les Highlanders de Gordon en Shute Shield dans la banlieue de Sydney en 2009 et sera membre du squad Australien de rugby à VII en 2008. En complément du rugby, Dane étudie le commerce et l’économie au sein de la prestigieuse University of Western Australia.

English readers can read this interview by clicking on this link

Jack Isaac

- Avais-tu beaucoup entendu parler de Biarritz et du Top 14 avant d’être contacté par Jack Isaac l’an passé ? Apprécies-tu la vie au Pays Basque ?

Je ne connaissais pas grand-chose du Biarritz Olympique ou de la compétition avant mon arrivée ici. J’ai regardé quelques rencontres du Top 14 diffusés en Australie et discuté avec quelques personnes connaissant le Top 14, dont Jack Isaac, avant de signer. On m’avait dit que c’était un bel endroit pour vivre et jouer au rugby mais je crois que ça a dépassé mes attentes. J’ai vraiment apprécié ma première saison au Pays Basque. C’est un endroit magnifique !

- Quelles sont les différences tactiques clés entre le Super Rugby et le Top 14 ? Les clubs français préparent-ils leurs rencontres différemment d’en Australie ?

Je crois que le Super Rugby est une compétition plus rapide, mettant d’avantage l’accent sur l’attaque, mettre les défenses sous pression alors que les compétitions Européennes privilégient les phases de jeu (mêlée, touche, etc…), le jeu au pied tactique et la défense. Je pense que les Français se préparent légèrement différemment, ils sont plus passionnés et guidés par leurs émotions, en particulier pour les matchs à domicile. En Australie nous nous évertuons surtout à garder notre calme et en nous concentrant pour être le plus performant possible.

Justin Turner

- Tu as été le premier joueur originaire de Western Australia à signer un contrat professionnel avec la Western Force. Richard Graham a déclaré au cours de notre interview qu’il était très confiant quant à la possibilité de voir plus de joueurs originaire de Perth en Super Rugby. Partages-tu son opinion ? Penses-tu que dans un futur proche la Force sera moins dépendante des joueurs du New South Wales ou du Queensland ?

La Western Force a beau avoir été créée il y a peu de temps, les standards du rugby en Western Australia se sont améliorés de façon drastique, et cela va continuer dans la même voie en s’améliorant. Nous avons déjà assisté à l’émergence de bons joueurs locaux comme Justin Turner ou Kieran Longbottom avec la Western Force, ou même Zack Holmes avec l’équipe d’Australie Sevens. Il y a encore plus de talents qui vont éclore et qui bénéficient désormais d’un boulevard vers le professionnalisme grâce à la Force. Sans aucun doute, à terme, la région pourra former ses propres Wallabies et être moins dépendante des joueurs de la côte est.

Dane avec Gordon face à Randwick

- Tu as joué pour Gordon à la fin de la saison de Super Rugby. Penses-tu que le Shute Shield soit suffisamment compétitif pour préparer les joueurs pour le Super 15 ou la fédération Australienne doit-elle réinstaurer une compétition intermédiaire comme la Currie Cup ou l’ITM Cup ?

Le Shute Shield est une bonne compétition dès la fin du Super 15 quand tous les joueurs regagnent leurs clubs mais je crois que l’écart en terme de niveau de jeu entre les deux tournois est trop important. Je suis persuadé que la majorité des joueurs en Australie préfèreraient jouer une compétition professionnelle comme la Currie Cup afin de pratiquer un rugby de qualité tout au long de l’année.

- Malheureusement le rugby à VII est sous-estimé en France. En tant qu’international Australien de cette discipline, quels sont les skills que tu as acquis durant ta pratique de ce sport ? Sont-ils utiles en Top 14 ou en H Cup ou les stratégies semblent plus focalisées sur la défense ?

Avoir joué au rugby à VII pendant une année a été très bénéfique pour mon rugby, plus particulièrement en tant qu’outside back, pour attaquer l’espace, prendre les intervalles et sur les placages en un contre un comme il est demandé aux arrières. Le Sevens a été pris beaucoup plus au sérieux récemment en Australie et je suis sûr qu’il en sera de même en France depuis l’introduction de ce sport aux Jeux Olympiques.

- Chris Jack et Peter de Villiers ont déclaré par le passé que le talent des joueurs de l’hémisphère sud régressait en venant jouer en Europe. Es-tu d’accord avec ces déclarations ? Penses-tu pouvoir retourner jouer en Australie en étant un meilleur joueur ?

Tout dépend des raisons pour lesquelles ils signent en Europe. S’ils ne sont là que pour l’argent, ils ne jouent probablement pas au maximum de leur potentiel, mais il y a beaucoup de joueurs qui sont venus ici et qui ont excellé. Je pense personnellement m’être amélioré en jouant un rugby de qualité chaque semaine, tout au long de l’année, ce que je ne pouvais obtenir en Australie. C’est particulièrement important pour un jeune joueur, car nous apprenons énormément en jouant, en faisant des erreurs et en les rectifiant, beaucoup plus qu’en s’entrainant constamment.

Richard Graham, entraîneur of the Western Force

- Suis-tu les performances de la Western Force dans ce Super 15 ? As-tu remarqué un changement dans le style de jeu de la franchise entre les stratégies de John Mitchell et de Richard Graham ?

Je n’ai malheureusement pas pu regarder suffisamment de rencontres mais j’ai tout de même suivi leur progrès. D’après les échos, ils ont bien joué malgré certains de leurs résultats. Bien que je ne puisse pas argumenter sur les différents styles de jeu, j’ai travaillé avec les deux coachs et ils sont assez similaires, apportant un accent important sur la défense. Ca n’est pas très différent des équipes européennes, probablement parce qu’ils ont tous les deux travaillés au Royaume Uni.

- Quels sont tes projets pour la suite de ta carrière ? As-tu déjà envisagé de retourner en Afrique du Sud pour jouer dans le Super 15 ou la Currie Cup ?

Pour le moment j’apprécie énormément ma vie à Biarritz et je suis prêt à rester et jouer au rugby ici les prochaines saisons. Après cela j’aimerais retourner en Australie et rejouer en Super Rugby. Ca ne me dérangerait pas de jouer une ou deux saisons en Afrique du Sud, surtout si je peux vivre dans des villes magnifiques comme Cape Town ou Durban.

L'enceinte magnifique du Hong Kong Stadium

Comme chaque année, l’étape de Hong Kong de l’HSBC IRB Sevens fut magistrale, proposant une fête exceptionnelle que ce soit sur le terrain ou dans les tribunes. Ce tournoi est la plus grande vitrine du rugby à sept mondial, Hong Kong offrant l’avantage de posséder une communauté d’expatriés assez conséquente. Toutes les nations participantes sortent leurs prodiges et génies de cette disciplines, DJ Forbes ou Declan O’Donnell pour les All Blacks, Uale Mai ou Lolo Lui pour les Samoans voire Emosi Vucago, Todd Clever et la légende Ben Gollings pour les Fidjiens, les Américains et les Anglais. La France a également dépêché ses “stars” et ses “spécialistes” du sept avec la venue de Jean-Baptiste Gobelet, Alexandre Audebert et Thierry Brana ce qui lui a permis de terminer troisième derrière la Nouvelle Zélande et… le Portugal… dans sa poule. Les lusitaniens sont même mis en avant comme étant champions d’Europe et donc des adversaires redoutables, une situation et un retard des bleus qui ne semble choquer personne à la fédération bien que ni l’Angleterre ni les nations Celtes ne participent à ce championnat d’Europe. Lors de la retransmission du documentaire sur le rugby à sept Français d’Intérieur Sport sur Canal +, nous avons pu suivre la préparation des bleus pour ce tournoi de Hong Kong et tout ce que nous avons pu constater était une préparation de dernière minute de joueurs de Rugby Union (ou à 15) pour le tournoi Sevens le plus intense (Audebert et Brana se sont d’ailleurs blessés lors de ce stage). Les connaisseurs savent parfaitement que cette discipline ne se prépare pas en trois jours comme l’a montré ce reportage et bien que les Jean-Baptiste Gobelet ou Alexandre Audebert soient de belles bêtes professionnelles qui évoluent dans le Top 14, le rugby à VII n’est pas une question de dimension physique mais plutôt une combinaison de cardio, de technique (ou “skills”) et de stratégie. Pour résumer, il s’agit d’un sport complet pour des joueurs complets, donc il est assez étonnant d’y retrouver ces deux joueurs qui ne sont pas reconnus pour leur vision du jeu, même en Top 14. Les courses et les stratégies défensives fonctionnent totalement différemment du XV mais pourtant, la FFR comme à son habitude, ne différencie pas ces deux disciplines.

Ben Gollings, légende vivante du Sevens

Bizarrement les joueurs de Rugby League (ou à 13) n’excellent que rarement à l’Union lorsqu’ils font un transfert d’un code à l’autre. Il y a bien sûr des exceptions, mais les perles comme Sonny Bill Williams, Jason Robinson et Chris Ashton restent rares. Alors pourquoi serait-il plus facile pour un joueur en provenance du 15 de passer au 7? Il est évident que ce sport n’est pas bien compris dans l’hexagone, plus perçu comme une discipline pour arrières faibles défensivement que comme un tremplin et un vecteur d’amélioration des performances des joueurs. La fédération française reconnait pourtant ses lacunes mais les tournois de rugby à sept en France sont toujours rares ou quasi inexistants. Le département des relations publiques de la FFR avait pourtant fait un excellent boulot après une raclée contre les All Blacks quand Bernard Laporte avait déclaré avoir été impressionné par leur jeu qui était similaire au rugby à VII. Il avait ainsi ensuite mentionné le fait que la France devait renforcer son organisation autour du Sevens mais depuis tout a été oublié. Pour prouver une nouvelle fois l’importance de cette discipline à leurs yeux, des fédérations étrangères proposent depuis longtemps des contrats professionnels pour leurs internationaux Sevens. Elles recrutent aussi bien de jeunes joueurs n’ayant pas encore été totalement formatés par le rugby union que des joueurs spécialistes, que l’on considérerait comme limités ou tout simplement mauvais en France. Des légendes comme Jonah Lomu, Christian Cullen ou Joe Rokocoko ont été lancés par le sept, tout comme les stars australiennes et sud africaines James O’Connor et Gio Aplon. Il existe quelques joueurs français sous contrat mais ils ne peuvent être considérés comme des spécialistes, étant surtout des joueurs issus d’un club pro ayant vu leurs carrières décliner au point de cherche à se recycler ailleurs. Pourtant Julien Malzieu ou Farid Sid sont des prototypes de joueurs façonnés par le sevens et ayant percé au plus haut niveau démontrant ainsi que ce n’est pas impossible dans une France qui a un retard important à combler d’ici les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016. DJ Forbes, le capitaine des All Blacks, est sur le circuit depuis 2006 alors que Ben Gollings, capitaine des Anglais, est lui présent depuis plus d’une dizaine d’années et assure depuis un moment le transfert de compétences aux générations suivantes. Les meilleurs joueurs de rugby à VII 2009 et 2010, Ollie Phillips et Mikaele Pesamino sont désormais au Stade Français et à Sale. Enfin le roi Serevi a enchainé comme coach des Fidji à sa retraite puis de la Papouasie Nouvelle-Guinée.

Jean-Claude Skrela a encore du pain sur la planche

On assiste pourtant à quelques efforts dans lycées Français qui ont mis en place des championnats interrégionaux malgré un soutien très timide de la fédération. Cela démontre une nouvelle fois que la recherche par la FFR de spécialistes est très spartiate. Les écoles kiwis forment les enfants très tôt en les faisant participer à des tournois soutenus par leur propre fédération, pourtant elle aussi considérée comme peu riche. Nous pouvons également admirer le travail des anglais avec le tournoi du Middlesex (9 Juillet à Twickenham- http://middlesexrugbysevens.com/) ou des écossais avec le Melrose Sevens. La participation de joueurs professionels y est incroyable avec la présence de clubs pro ou de sélections de stars du VII mondiales. Alors pourquoi n’y a-t-il aucune équipe française officielle présente dans ces tournois? Où sont nos tournois pros nationaux? Que fait Jean-Claude Skrela pour le développement de nos équipes? Certes les jeux olympiques de Rio semblent bien loin, cependant lorsque nous regardons notre organisation d’amateurs, la tâche semble ardue. Nous avons beaucoup de retard et les nations nous devançant ne vont pas nous attendre, alors il est encore temps de former de bons joueurs car la moyenne d’âge des spécialistes du sevens reste autour de 22 ans. Pourquoi d’ailleurs ne pas s’appuyer sur les pensionnaires de Marcoussis? Avec une politique cohérente nous pouvons envisager de ramener une médaille des JO tout en évitant une gifle magistrale.

Un grand merci à Canal + et aux équipes d’Intérieur Sport pour ce superbe reportage sur l’équipe de France de rugby à VII lors du tournoi de Hong Kong. En espérant que Jean-Claude Skrela réussisse sa lourde tâche de développer ce sport en France.

Lien vers la vidéo sur le site d’Intérieur Sport

Lien vers une vidéo résumé de la saison 2010 sur Rugby-vids

Remporté par l'Afrique du Sud

Les Etats-Unis ont accueilli récemment, et pour la seconde fois de leur histoire, l’étape des HSBC IRB Sevens au Sam Boyd Stadium de Las Vegas. Hormis les Experts (pas ceux de handball), Vanessa Marcil et autres casinos, Las Vegas est également un site renommé pour les sports insolites ou à fort potentiel (financier). Depuis le vote de l’IOC (International Olympic Commitee) en octobre 2009 en faveur du retour du rugby à sept aux jeux de 2016 à Rio, la Fédération américaine ainsi que ses supporters ont lancé une grande campagne de recrutement de jeunes joueurs. Le rugby américain n’est à présent plus vu comme étant un petit rugby d’amateurs mais plutôt comme un client à prendre au sérieux notamment dans le rugby à sept. USA Rugby a mis en place différents évènements reliés au Sevens qui ont pu augmenter la popularité du rugby dans ce vaste pays. Le Las Vegas rugby Sevens tournament a attiré plus de 10,000 spectateurs par jour selon la chaine de télévision américaine 8News. Les Yankees étant de fans de « Super » évènements comme le Superbowl, ils ont besoin de voir que le rugby peut connaitre la même notoriété que le football US mais a une échelle internationale.

Les Américains ne répondent présents qu’aux deux évènements sportifs internationaux que sont la coupe du monde de football et les jeux olympiques (d’été comme d’hiver). L’entrée du rugby à VII aux jeux Olympiques a annoncé une montée en puissance de toutes les nations de la planète ovale. Ce climat de changement a poussé le comité olympique américain à ouvrir les portes du US Training Olympic Training Center de Chula Vista à l’équipe de rugby à sept, la soumettant à un entrainement intensif sans oublier de mettre à sa disposition un matériel d’entrainement ultra sophistiqué. A présent, les USA ont vu une incroyable amélioration de leurs performances sur le circuit du HSBC Sevens World Series et figurent au classement de la compétition (dont la France est absente…).

Mike Petri

Tout comme la Chine et la Russie, les USA ont commencé à enseigner le rugby dans les high schools. De nombreux jeunes le pratiquent en automne et au printemps en dehors de la saison de football US. Il est en effet un alternatif à l’autre ballon ovale lorsqu’une carrière dans le football US n’est pas garantie. Le meilleur exemple joue en ce moment pour le Biarritz Olympique Pays Basque: L’ailier supersonique Takudzwa Ngwenya a en effet été repéré à VII quelques semaines avant la Coupe du Monde 2007 lui ouvrant les portes de la carrière que l’on sait. Le championnat universitaire US de rugby continue à s’accroitre ce qui illustre les grands investissements lancés par les établissements comme Penn State ou Berkeley, qui propose depuis quelques années des bourses pour les jeunes avec deux objectifs: leur permettre de développer leurs qualités athlétiques mais aussi les aider à obtenir une excellente éducation leur offrant un “vrai” avenir après le rugby. Le tout jeune Michael Petri qui est aujourd’hui le demi de mêlé de Newport Gwent Dragons et des Eagles est un joueur issu du centre sportif de Penn State, Todd Clever le capitaine des Eagles est lui diplômé de l’université du Nevada. USA Rugby propose aux universités souhaitant se lancer dans le rugby un programme de développement les aidant à devenir compétitives très rapidement. De tels programmes n’existent pas en France où le sport universitaire n’est pas très populaire. Quelques accords existent entre clubs pro et universités mais bizarrement et malheureusement nos jeunes français n’ont pas un avenir aussi organisé en cas d’échec alors que la FFR est plus “aisée” que la fédé américaine.

Jerome Kaino né aux Samoa US

Un autre point qu’il ne faut pas négliger, c’est le nombre de jeunes expatriés. Les Américains restent de grands voyageurs et donc fondent des familles à l’étranger surtout dans les nations rugbystiques. De jeunes joueurs possédant un parent américain commencent à faire leur apparition en Australie et en Nouvelle Zélande. Ces talents jouent déjà en Super Rugby ou dans les académies des provinces comme James Paterson avec les Highlanders, Liam Gill avec les Reds ou Greg Peterson avec les Waratahs. Par ailleurs, la dimension physique qui peut être un problème pour certaines nations telle que la Chine est plutôt un atout du côté américain. Bien qu’une grande majorité de ses joueurs possèdent déjà un physique digne des Springboks, il ne faut pas oublier leur gros réservoir d’Islanders. Le territoire US n’est en effet pas limité uniquement aux iles Hawaiiennes mais il s’étend jusqu’aux Samoa américaines qui eux aussi fournissent des joueurs de grande qualité comme Jérôme Kaino.

Pour la petite anecdote, les Américains ont été doubles champions olympiques de rugby a 15 aux jeux de Anvers (1920) et à ceux de Paris (1924) avant que l’IOC ne décide d’abandonner cette discipline. Le rugby américain est donc un volcan endormi, sur le point de se retrouver sa gloire. L’heure du changement a sonné et nous entrons dans une nouvelle ère dans le rugby Sevens. Le retour du Sept aux J.O. va nourrir à nouveau les ambitions des petites nations, notamment celles des USA, et les grandes nations quinzistes sont à présent prévenues. Le retard de la France dévoile encore une fois l’arrogance de la FFR et de ses dirigeants en pensant qu’en alignant une équipe de joueurs évoluant dans le TOP 14 suffira pour gagner les JO. Le Sevens est un style de jeu totalement différent du rugby à 15. Toutes les fédérations ouvrent petit à petit des centres de formation spécialisés dans le sept mais seule la France semble pouvoir se passer de ces programmes. L’objectif ici n’est pas de démontrer que la France n’a pas le moyen de figurer parmi les grandes mais de montrer qu’elle stagne tout en abandonnant petit à petit ses jeunes talents et se condamne à devenir une équipe de seconde classe si la Fédération ne se décide pas à investir plus dans ses équipes. Il faut croire que “l’intérêt supérieur du rugby français” si cher à Pierre “Escalettes” Camou consiste plus à endormir la LNR et placer ses potes au sommet des fédérations internationales plutôt que de placer ses joueurs au sommet des podiums.

Waisale Serevi

Alors que nos amis manchots sont en pleins “états généraux du football” pour réformer leur fédération vieillissante, il aurait été plus intelligent que ce “Grenelle” (le mot fashion depuis 2007) s’applique aussi aux autres sports français. Au rugby également des présidents vieillissants originaires de Lozère ou du Béarn et plus au fait des résultats de La Voulte ou de Lourdes que de ceux des méchants mercenaires du Racing et de Toulon pilotent la vitrine du rugby pro français. Alors hormis l’état lamentable de l’équipe de France à XV, le projet de grand stade toujours repoussé à la prochaine grande bouffe (appelé également comité exécutif), l’impossibilité de pacifier les relations avec la Ligue (qui soit dit au passant ne vaut pas mieux depuis le départ de Blanco), le merchandising quasiment pas développé… lourd passif pour la bande à Camou, toujours prompte à se retrancher derrière les sacro-saintes valeurs de l’ovalie qu’il faut absolument préserver bla bla bla. Mais le but de cet article est de parler d’une honte française, encore plus flagrante depuis le début de l’année, le rugby à VII. Depuis des années j’entends que le Sevens va devenir une priorité française, d’abord de la bouche de Laporte, puis de celle de Lapasset et enfin de nos coachs actuels, mais ils n’ont visiblement toujours pas compris l’intérêt de ce sport. Les deux derniers résultats obtenus à Dubaï puis George ne permettent pas à la France de figurer au classement où figurent tout de même les plus grandes nations du rugby à XV ainsi que… les Etats Unis.

Ben Gollings

Certes le rugby à sept permet de “former” les futures stars de l’équipe de France à XV, mais encore faudrait-il sélectionner les bons espoirs. De nombreux futurs Wallabies et All Blacks sont passés par leurs équipes nationales à 7 pour développer leurs skills, des 3e lignes au trois-quarts. En France seuls Julien Malzieu et Farid Sid peuvent se targuer d’avoir évolué au plus haut niveau dans les deux disciplines. Mais limiter le sept à un centre de formation est bien réducteur pour la discipline la plus mondialisée du ballon ovale. Waisale Serevi, William Ryder, Ben Gollings, Santiago Gomez Cora, Fabian Juries, Uale Mai, Amasio Valence… ou autant de joueurs peu connus du supporter quinziste mais dont les exploits pullulent en vidéo sur youtube. Ces spécialistes du VII n’ont eu qu’une carrière modeste à XV étant considérés comme excellent en attaque mais “porte de saloon” en défense. Combien de joueurs français n’ont pas eu de carrière internationale à cause de ces critères plus que subjectifs? Entre les Teulet, Bidabé, Thierry, Arias, Baby, Courrent, Candelon, Durand, Bousses (liste non exhaustive), il y avait pourtant de quoi bâtir une équipe compétitive pour représenter la France depuis des années. Le tournoi IRB Sevens n’est composé que de huit dates, dont deux ayant lieu après les phases finales, donc rien de bien handicapant pour les clubs du Top 14. Alors certes il n’existe pas d’accord de libération des joueurs entre la LNR et la FFF pour cette discipline, mais encore aurait-il fallu entamer des négociations dans ce sens! Au lieu de les lancer dans le grand bain face aux Wallabies ou au Springboks, pourquoi ne pas avoir envoyé Yoann Huget et Wenceslas Lauret faire leurs gammes à sept. Aujourd’hui de nombreux espoirs français comme Hugo Bonneval, Djibril Camara, Quentin Valençon, Julien Fritz, Tanguy Molcard, Adrien Ayestaran, Rémi Lamerat ou Jean Marc Doussin (liste encore une fois non exhaustive) sont cantonnés aux matchs espoirs et à des bribes de Top 14, obligés d’attendre l’été pour se faire marcher dessus par les sudistes lors des Coupes du Monde junior. Côtoyer les exigences du niveau pro international ne pourrait que leur être bénéfique. La fédération anglaise a offert des contrats pro à leurs stars de cette discipline avec à la clé une victoire et une finale en deux tournois… la solution passe peut être par là.

Ollie Phillips

La donne a changé l’an passé quand, ironie du sort, Bernard Lapasset a obtenu l’inscription du rugby à VII aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. HSBC parraine désormais des World Series dont les éditions ont lieu sur tous les continents du globe. Il est désormais impératif que la Ligue et la Fédération s’entendent pour qu’enfin la France soit compétitive et ne soit plus la risée du VII. Il faut également éviter que des imbroglios comme cet été avec les vraies/fausses sélections de Palisson, Burban, Estebañez (quoi? un bourrin à VII?) et Ouedraogo se reproduisent, et surtout que des joueurs comme Ollie Phillips (accessoirement élu meilleur joueur de l’IRB Sevens 2008-09) soient victimes de nos querelles de franchouillard. La France a souvent utilisé la politique de l’autruche avec cette discipline, se contentant de faire bonne figure à domicile (en sélectionnant Vincent Clerc lors de notre seule victoire à Charléty en 2005 par exemple), mais la perte du statut de tête de série et les récentes débâcles face aux “redoutables” Portugais et Russes (une victoire face aux “anglais” des Emirats est tout de même à mettre à leur actif) ne sont plus tolérables. La fédération a peut être en tête d’envoyer à Rio les 12 meilleurs arrières du Top 14 édition 2015-16 ce qui démontrerait bien qu’ils n’ont toujours rien compris. Nos deux équipes de France sont pour le moment dans un état dramatique, et c’est bizarrement la même entité qui en est responsable… Alors est-ce toujours la faute du calendrier, des blessures, des dopés, des médias, des autres… ? Cette discipline magnifique devient désormais majeure et globale, et elle mérite en tout cas mieux que les moyens à sa disposition actuellement.

Quelques liens:
- Club des supporters de l’équipe de France de rugby à VII
- HSBC IRB Sevens World Series
- Ultimate Rugby Sevens

Recevez toutes les infos par mail !
Rejoignez la communauté !
Suivez Sudrugby sur Twitter Sudrugby sur Facebook Inscrivez vous aux flux RSS de Sudrugby email us Suivez Sudrugby sur Pinterest Suivez Sudrugby sur Google +
Rejoignez l’équipe!
Rejoignez l'équipe!