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C’était un secret de polichinelle et compte tenu de l’empressement de la fédération Néo Zélandaise à nommer son nouvel entraîneur, il n’y avait plus guère de doutes à avoir. C’est donc en toute logique, renforcé par le soutien du coach sortant Graham Henry, que Steve Hansen a été nommé entraîneur des All Blacks pour les deux prochaines saisons. Adjoint d’Henry pendant sept ans avec Wayne Smith, Steve Hansen pouvait se targuer de l’appui d’une majorité du comité directeur ne laissant guère d’espoir à son concurrent Vern Cotter. Les Clermontois peuvent donc souffler! Il avait de toute façon peu d’espoir compte tenu de la faible médiatisation du rugby Européen en Nouvelle Zélande. La fédération a donc choisi la continuité espérant surfer sur le titre mondial obtenu cette année. Mais est-ce le bon choix?

Steve Hansen, nouveau coach des All Blacks - Credits: Sarah Ivey
Difficile à dire car il est tout de même plus facile de gagner à la tête des All Blacks qu’à la tête d’un autre pays. Graham Henry, avant d’entraîner les kiwis, avait remporté plusieurs Super 12 avec les Blues d’Auckland et obtenu de bons résultats à la tête du Pays de Galles et des Lions Britanniques lors de leur tournée 2001 en Australie. La seule expérience de Steve Hansen en tant que “head coach” était à la tête de ces mêmes gallois en 2003 après avoir une première fois succédé à Henry. Une année aux résultats mitigés avec 11 défaites d’affilée (série interrompue après un succès face aux faibles Roumains) dont les cinq matchs du tournoi, mais avec un bon niveau de jeu affiché lors de la Coupe du Monde 2003 et des gros matchs contre les All Blacks et l’Angleterre en quarts. Il a préféré quitter le Pays de Galles en 2004 pour rejoindre Graham Henry fraichement nommé à la tête des All Blacks, mais pas sûr que la fédération Galloise souhaitait le conserver. Voilà pour l’unique ligne d’entraîneur en chef dans le CV de Steve Hansen. Mais comme expliqué plus haut, gagner des matchs sera moins difficile à la tête des All Blacks, malgré le vieillissement des cadres.
L’ancien policier est nommé pour deux ans, une décision surprenante car généralement les entraîneurs sont nommés pour un cycle de quatre saisons. C’est cependant la même chose en Australie où Robbie Deans, très critiqué, n’a été prolongé que deux saisons. La fédération Néo Zélandaise a t’elle tout de même des doutes concernant son nouvel entraîneur? Il est vrai que dans l’euphorie du titre, fort du soutien d’un Henry rentré dans la légende, un chamboulement à la tête des All Blacks aurait été difficilement compris en Nouvelle Zélande. L’équipe devra donc faire bonne figure lors des deux premiers Rugby Championship face à des Australiens revanchards, des Sud Africains en reconstruction et des Argentins à la motivation décuplée. Reste désormais à savoir avec quel adjoint Hansen dirigera les coéquipiers de Richie McCaw. Ne souhaitant pas reproduire le schéma managérial précédent, un unique adjoint sera nommé laissant présager d’un fort investissement d’Hansen au cours des entraînements. Les noms de Ian Foster, ancien coach des Chiefs, et de Aussie McLean, ancien coach de Canterbury et ami proche ont circulé ces dernières semaines.
Cette nomination doit également faire plaisir aux médias Néo Zélandais et Australiens ainsi qu’à la Boucherie Ovalie. Depuis leur passage à Canterbury puis aux Crusaders où ils étaient respectivement entraîneur et adjoint, Robbie Deans et Steve Hansen se détestent cordialement. Plus qu’avec Graham Henry, s’est avec Hansen que Deans a souvent eu des accrochages par presse interposée ou en direct. On s’attend donc à de nombreuses joutes verbales entre ces deux coachs sous pression!
Le groupe des sélectionnables All Blacks pour les saisons à venir.
En lisant mes articles ou tweets, vous vous êtes surement rendu compte que le rugby à XIII n’était pas ma tasse de thé mis à part pour le State of Origin ou la grande finale de la NRL. Mais quand le club de ma banlieue (accessoirement le seul dont je suis les résultats) l’emporte… ça mérite bien un petit article.
Les Manly-Warringah Sea Eagles, LE club des Northern Beaches sur Sydney l’a emporté au Stade Olympique face au New Zealand Warriors, seul club kiwi present dans cette compétition. Une belle et large victoire 24 à 10 pour Manly dont cinq joueurs ont été appelés pour représenter les Kangaroos pour les Four Nations dès la fin du mois d’octobre. Ces matchs internationaux seront les derniers pour une légende de ce sport, Darren Lockyer, joueur des Broncos de Brisbane, qui arrêtera sa carrière en fin d’année. C’était le point League de l’année! En espérant que dans un futur proche et en XV, une rencontre entre Australiens et Néo Zélandais tourne en faveur des premiers cités!
Manly Warringah Sea Eagles 24 – 10 New Zealand Warriors
Essais: Brett Stewart, Daly Cherry-Evans, Glenn Stewart & Jamie Lyon pour Manly / Manu Vatuvei & Elijah Taylor pour les Warriors
Transformations: Jamie Lyon (x3) & Michael Robertson pour Manly / James Maloney pour les Warriors
Résumé en images

Will Genia... homme du match
Les Wallabies ont remporté brillement ce samedi face aux Springboks leur premier match des Tri Nations même si tout n’a pas été parfait, en attestent les deux essais encaissés en fin de match démontrant un certain relâchement des hommes de Robbie Deans.
Les Australiens sont entrés sur le terrain en portant un brassard noir en hommage à Halley Appleby, jeune talonneur de la University of Queensland et ancien coéquipier de James O’Connor au Nudgee College, décédé à l’age de 21 ans suite à un placage pourtant régulier reçu lors d’un match contre GPS Rugby. Face à eux un XV Sud Africain privé de nombreux cadres mais tout de même de belle allure pour ceux qui suivent le Super Rugby. En effet les Matfield, Botha ou Habana n’ont clairement pas performé cette saison alors que Juan Smith, Heinrich Brussow ou Fourie Du Preez ont peu joué, trop souvent blessés. Les joueurs alignés samedi sont eux, malgré le faible bilan des provinces Sudafs, plutôt sorti du lot cette saison et leur sélection aurait été logique même sans l’avalanche de blessés.

Rob Simmons, petite surprise
Robbie Deans a de son côté sélectionné son équipe type privée de quelques blessés comme Drew Mitchell, Berrick Barnes ou Tatafu Polota Nau mais au regard des performances de leurs remplaçants, ils devront cravacher à leur retour. Il est vrai que les arrières ont été impressionnants, même Pat McCabe des Brumbies a haussé son niveau de jeu à un poste qu’il s’est vu attribué uniquement cette saison. Adam Ashley Cooper a lui prouvé qu’il n’était pas le même joueur quand il évolue en équipe nationale que quand il joue en club. Encore une fois énorme en défense il retrouve son niveau de l’an passé, trop souvent bridé à l’aile cette saison pour briller. Rien à rajouter concernant Quade Cooper, Will Genia, Digby Ioane, James O’Connor et Kurtley Beale, ces cinq là sont indéboulonnables et au sommet de leur art en ce moment, même si la réputation de Ioane reste faible en France, ce dernier n’ayant pas joué au Stade de France face aux Bleus en novembre dernier, et l’on sait que cette rencontre reste le mètre étalon de beaucoup de gens ici! Nick Phipps, entré en jeu à la place de Genia, a encore énormément de travail à accomplir pour pouvoir se hisser au niveau de ses coéquipiers, sa passe étant tellement lente… Il doit tarder à Robbie Deans que Luke Burgess revienne de blessure. Du côté des avants, je me suis demandé toute la semaine comment le coach kiwi des Australiens avait pu se passer de Nathan Sharpe, taulier de la seconde ligne depuis des années. Mais la performance de Rob Simmons, associée à son coéquipier chez les Reds James Horwill a été exceptionnelle, dans les airs aussi bien que dans le combat au sol. Cette complémentarité est un atout indéniable alors qu’il y a encore quelques années, les médiocres Mark Chisholm et Dean Mumm étaient titulaires. David Pocock est toujours aussi impressionnant dans son rôle de plaqueur gratteur et Rocky Elsom, n’ayant pourtant qu’une rencontre au compteur en Super Rugby, semble retrouver petit à petit son niveau de 2010. Mention spéciale à Sekope Kepu, trop souvent blessé lors des tournées depuis 2009 qui sur les deux dernières rencontres a prouvé qu’il pouvait faire oublier Benn Robinson (dont je ne suis absolument pas fan), comme ce fut déjà le cas lors du Super 15. Il a tenu son rôle en mêlée fermée et a effectué quelques placages défensifs destructeurs au bon moment. Son évolution est à suivre.

Morne Steyn critiqué
C’est vrai qu’il est très facile de taper en priorité sur l’ouvreur d’une équipe vaincue, mais une nouvelle fois les limites de Morné Steyn ont été exposées au grand jour. Il est certes l’un des meilleurs buteurs du monde mais ses lacunes dans l’animation offensive sont criantes. Associé à un demi de mêlée emprunté comme l’était Ruan Pienaar samedi, le résultat ne peut qu’être très moyen. Malheureusement même si beaucoup de voix s’élèvent en Afrique du Sud pour que le prodige Pat Lambie soit titularisé en 10, il y a de fortes chances que le conservateur Peter de Villiers ne change pas son équipe type datant de 2009. Derrière, Juan de Jongh a été plutôt moyen, Lwazi Mvovo et Gio Aplon dangereux par moments mais Bjorn Basson et Wynand Olivier ont rendu une copie catastrophique. Devant, les absences de Pierre Spies, Beast Mtawarira et Bismarck du Plessis se sont faites sentir, ainsi que l’agressivité d’un Botha ou d’un Burger à moindre mesure. Ashley Johnson a cependant été assez intéressant et j’aimerais le revoir au sein d’une équipe plus compétitive. John Smit semble par contre à bout! Le futur parisien Gerhard Mostert a été rappelé en renfort pour palier à l’éventuel forfait de Flip van der Merwe, touché aux côtes. Les Springboks affronteront le week end prochain des All Blacks en très grande forme, larges vainqueurs des Fidji vendredi dernier, et l’addition pourrait être encore plus salée pour eux!
Les demi-finales du Super Rugby ce week end ont donné lieux à deux belles rencontres même si elles ont été peu disputées, les deux finalistes ayant maitrisé leur sujet.
Les Reds ont bénéficié des retours de blessures de Beau Robinson, Digby Ioane et Anthony Faingaa, des atouts non négligeables. Malgré un nombre important de placages et de touches manquées, les Reds ont su contenir les assauts des Blues et marquer sur des contre attaques. Bien que Rod Davies ait inscrit un hat trick, sa performance a été quelque peu éclipsé par le show de l’ouvreur des Wallabies Quade Cooper, encore une fois exceptionnel malgré un jeu au pied très défaillant. Le choc avec Dan Carter, encore considéré comme la référence mondiale, vaudra le détour. De leur côté les Blues ont eu une plus grande possession de balle mais n’ont pas su trouver les intervalles malgré les failles défensives australiennes et n’ont pas su capitaliser sur leurs temps forts. Peut être le match de trop après la rencontre du week end dernier face aux Waratahs et avec l’accumulation des blessés. Ce match aura en tout cas été le dernier pour John Afoa, Stephen Brett, Luke McAlister, Joe Rokocoko et Jared Payne qui s’envoleront vers l’Europe ou le Japon la saison prochaine.
Malgré le décalage horaire, les problèmes de transports dû au nuage de cendre qui paralysait l’espace aérien Néo Zélandais, ainsi que malgré le mini scandale de la sélection de Schalk Brits, les Crusaders ont dominé largement cette rencontre face à des Stormers méconnaissables. Trop de fautes du côté des Sud Africains et quand le buteur adverse s’appelle Dan Carter, ça ne pardonne pas. Peter Grant lui n’a pas eu grand chose à se mettre sous le pied. Après un premier essai sur une interception de Sean Maitland, Robbie Fruean doublait la mise sur une belle passe de Sonny Bill Williams. Bryan Habana a réduit le score avant la mi-temps, le reste du match n’étant qu’une succession de coups de pied. Une indication avant la finale, la mêlée des Crusaders est vraiment impressionnante et devrait dominer facilement une tendre première ligne australienne en finale. Les Stormers ont également eu beaucoup de blessés à déplorer dont le désistement de dernière minute du demi de mêlée titulaire Dewaldt Duvenhage ou la blessure de Duane Vermeulen dans la semaine.
La finale aura lieu ce samedi 9 juillet à partir de 11h30 depuis le Suncorp Stadium de Brisbane et sera diffusée par Canal + en direct. Vous pourrez également suivre le livetweet sur le compte Twitter de Sud Rugby.

James O'Connor
Les Melbourne Rebels continuent de faire parler d’eux à la rubrique transferts. Après avoir annoncé à la surprise générale la signature de Kurtley Beale ils viennent désormais d’officialiser celle de James O’Connor après plusieurs mois d’incertitude, le joueur ayant également été sollicité par les Reds et les Brumbies, et avait déclaré qu’il resterait à Perth la semaine passée! Déjà annoncé en avril dernier bien que rien n’ai été encore officiel, le départ de Perth du “wonderkid” Australien laissera un vide immense en Western Australia. Si la décision de Kurtley Beale peut surprendre compte tenu de la compétitivité des Waratahs, le choix peut également être considéré comme sportif pour O’Connor, la Western Force restant une des provinces les plus faibles du Super Rugby malgré un projet de jeu intéressant. Mais il n’y a aucun doute possible concernant la belle proposition financière qu’il a du recevoir. Repositionné à l’ouverture en début de tournoi, il a retrouvé son poste d’arrière avec le retour de blessure de Willie Ripia. Ce départ est un coup très dur pour la Western Force qui perd son maître à jouer et qui aura beaucoup de mal à le remplacer efficacement, Richard Graham et ses adjoints vont devoir cravacher pour trouver la perle rare. Ce transfert pourrait également décevoir d’autres cadres de l’équipe, en premier lieu David Pocock, qui seraient amenés à aller voir ailleurs dès la fin de leurs contrats. Maintenant reste à savoir ce que va faire Danny Cipriani, écarté en cours de compétition et désormais talonné par deux sérieux joueurs pouvant évoluer à l’ouverture. Après avoir conservé son joyau au pays, la fédération Australienne peut désormais travailler sur le dossier Rocky Elsom, lui aussi assez épineux.
James O’Connor est né le 5 juillet 1990 sur la Gold Coast dans l’état du Queensland de parents Néo-Zélandais et de grands-parents Sud-Africains, ce qui le rendait éligible pour les trois nations majeures du sud. Membre des équipes jeunes des Parramatta Eels en rugby league, il se tourne vers le rugby union à 14 ans en rejoignant le Nudgee College de Brisbane où il sera utilisé comme premier centre. Il sera également un international schoolboy avec l’Australie, en compétition derrière avec Matt Toomua (Brumbies), Rob Horne (Waratahs), Aidan Toua (Reds) ou Ben Tapuai (Reds). Arrivé à Perth il y a trois ans à 17 ans avec sa tête de gamin, il a joué son premier match en Super Rugby face à la franchise de sa région d’origine, les Reds. Capable tout comme Kurtley Beale d’évoluer à toutes les positions des lignes arrières, sa versatilité est un atout indéniable pour tout coach. Le retour de Matt Giteau à Canberra l’an passé ainsi que les nombreuses blessures derrière lui ont offert l’opportunité de jouer plus souvent à l’ouverture et en 12 avec la Western Force. Après avoir représenté son pays en rugby à VII en 2008, l’année de ses débuts professionnels, développant ainsi des skills que l’ont peut admirer à chacune de ses sorties, Robbie Deans l’intègre au squad Australien de la tournée d’automne où il entrera en jeu face à l’Italie à Padoue pour sa première sélection. Il n’a depuis pas quitté les Wallabies, évoluant même avec brio (le Stade de France s’en souvient encore) à l’aile en 2010 suite à la blessure de Digby Ioane. Mais avec le départ de Matt Giteau vers Toulon et les performances alternatives de Berrick Barnes, un avenir de premier centre en équipe nationale lui tend les bras. Son essai à la dernière minute face aux All Blacks à Hong Kong en 2010 ainsi que sa transformation offrant la victoire aux Wallabies resteront un des grands moments de l’histoire du rugby Australien.


