
Richie McCaw n’avait plus joué au rugby depuis la victoire de la Nouvelle-Zélande face à la France en finale de la Coupe du Monde. Après avoir traîné durant toute la compétition une vieille blessure au pied, le capitaine des All Blacks et des Crusaders avait été écarté du terrain jusqu’à ce dimanche, où il a fait son retour à la compétition en sortant du banc face aux Waratahs. Bien que son remplaçant et potentiel successeur Matt Todd soit très performant, Todd Blackadder (Crusaders) et Steve Hansen (All Blacks) doivent espérer que ce repos forcé lui aura été bénéfique. Richie McCaw n’a en tout cas rien perdu de son leadership, et c’était bien lui qui désignait les poteaux, même sans le brassard, ce week-end.

Richie McCaw face à Rocky Elsom, autre grand blessé, de retour face aux Waratahs après 6 mois d'absence - Crédits: Getty Images
L’autre figure de proue des All Blacks, Dan Carter avait dû déclarer forfait dès les poules, et aura vécu le succès de son équipe des tribunes. Il a repris récemment la compétition avec les Crusaders, décalé pour le moment en 12 avec l’éclosion de Tom Taylor. Il ne goûte guère ce retour en arrière pour lui, comme en témoigne sa sortie dans la presse récemment. Les années de Coupe du Monde sont toujours difficiles pour les organismes, et l’ouvreur néo-zélandais en a fait durement les frais, comme en témoignent ses difficultés au but depuis son retour. Rappelons que Dan Carter s’était justement blessé alors qu’il bottait à l’entraînement.
Au poste d’ouvreur, ses successeurs en noir à la Coupe du Monde, Colin Slade et Aaron Cruden, auront également subi des blessures respectivement en quarts et en finale. Si Aaron Cruden se porte actuellement très bien avec l’équipe des Chiefs, Colin Slade a lui été de nouveau durement touché avec sa nouvelle franchise des Highlanders. Sa carrière semble belle et bien compromise à cause de blessures à répétition (chez les Blacks en tout cas), et la nouvelle génération avec Beauden Barrett (Hurricanes), Gareth Anscombe (Blues) et donc en tête de file, Cruden, risque fort de lui passer devant.


Un essai pour Rene Ranger?
Les blues ont ce matin enregistré leur septième défaite de la saison en presque autant de matchs (8 joués + 1 bye). A première vue la statistique n’est évidemment pas flatteuse. Mais à comparer avec leur dernière prestation contre les Sharks, rencontre durant laquelle on a assisté à un festival de fautes de main et d’erreurs techniques, la copie qu’ils ont rendu hie matin contre les Highlanders à Dunedin était bien plus propre.
La défaite 30-27 ne tient qu’à une pénalité de différence ( 6 pour Delany contre 5 pour Anscombe). Ce match a surement été leur meilleure performance depuis le début de la saison, doit-on y voir la patte de Graham Henry ?
En effet le coach Champion du Monde 2011 avec les All-Blacks a rejoint le staff des Bues pour épauler Pat Lam dans ce qui s’annonce être une longue et fastidieuse saison pour la franchise basée à Auckland. Le match état plutôt bien parti avec un essai de l’arrière Parkes dès la 5e minute.
Les Higlanders ont également marqué un magnifique essai par Treeby suite à une merveille de remise intérieure de son ouvreur Mike Delany (certainement l’homme du match) pour Hosea Gear lancé plein fer qui servira Treeby pour aplatir.

Mike Delany homme du match?
En deuxième mi-temps les Blues ont marqué un deuxième essai à la 53e par Ranger bien servi par Weepu rentré peu de temps avant, pour mener 27-22. Ils ont ensuite été dépassés par les Highlanders par un essai de Baker non transformé qui a profité d’un coup de pied à suivre de Gear (30-27).
La fin du match aurait pu voir les Blues égaliser sur une pénalité. En effet la mêlée des Highlanders a été pénalisée 2 fois dans le temps additionnel, et les Blues ont à chaque fois demandé une nouvelle mếlée, pour aller chercher l’essai de la victoire, qu’ils ne marqueront pas.
Cette victoire leur échappe de très peu, les Blues repartent quand même de Dunedin avec le point de Bonus Défensif. Malheureusement le Bye, et les 4 points allant avec, des Lions font repasser la franchise Sud-Africaine devant au classement, rejetant les Blues à la dernière place. Malgré tout les choses qui ont été démontrées durant cette rencontre, à l’extérieur de surcroît, augurent peut être d’un avenir un peu plus rose pour les Blues. Du moins espérons le pour eux.

On avait quelque peu perdu de vue les Crusaders depuis le début du Super Rugby. Il faut dire que les Néo-Zélandais nous ont toujours habitué à bien mieux en ouverture de saison. Cette année, les Crusaders n’ont jamais dépassé la 6ème place au classement, cette place étant la dernière pour espérer la qualification. Non les Crusaders ont toujours flirté avec le wagon des six sans jamais s’y installer sereinement alors qu’ils trustent habituellement les toutes premières places du championnat. Ils avaient terminé la saison régulière l’an passé à une belle 3ème place en obtenant notamment la meilleure différence de points. A la veille de ce choc, les Crusaders ne pointaient qu’à une 7ème place. Trop peu pour une équipe de cette trempe, qui plus est finaliste l’an passé.

Bryan Habana et les Stormers n’ont rien pu faire face aux Crusaders, ils encaissent leur première défaite de la saison - Crédits: Jordi Matas (Demotix)
On pouvait effectivement parler de choc avant cette rencontre. Crusaders-Stormers, c’est devenu depuis quelques années un des plus belles affiches que nous offrent le Super 15, c’était du moins LE match du week-end aux antipodes. Stormers-Crusaders, ce n’était pas moins que l’une des deux demi-finales de l’année passée où les Néo-Zélandais avaient déjà eu raison des Sud-Africains 29-10 en les battant sur leurs terres de Cape Town. Comprenez alors toute l’excitation autour de cette rencontre et la volonté de revanche pour les coéquipiers de Jean de Villiers. Puis quand les Crusaders, éternels candidats au titre affrontent les leaders, invaincus depuis le début de saison, ça ne peut que faire des étincelles.
Affiche certes alléchante, nous n’avons pas moins assisté à un petit événement sur la planète Super 15, la première défaite des Stormers en 7 matchs joués. En effet, les joueurs d’Alistair Coetzee étaient depuis le début du Super 15 hauts perchés sur leurs nuages. Avec seulement une moyenne de 13.8 points encaissés par match, toutes les équipes les ayant affrontés se sont heurtés au mur sud-africain. Ce fut – notamment – le cas des Bulls (20-17) et des Highlanders (21-6), à Dunedin. Autant dire que les Crusaders s’avaient à quoi s’attendre, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont clairement répondu présent.

Alors que nous approchons la moitié de la phase de qualification, l’une des grandes déceptions en Super Rugby restent les Queensland Reds et leur effectif gargantuesque. La franchise basée à Brisbane a enregistré ce week-end leur troisième défaite consécutive face à la modeste équipe de la Western Force (19-45) (article rédigé avant la victoire face aux Brumbies). Les conséquences au classement sont visibles, les Reds pointent à une pâle 9ème place synonyme de non qualification. C’est simple, les Reds ont, en l’espace de six journées, cumulé autant de défaites que sur l’ensemble de la saison régulière l’année passée qui les avait vu caracoler en tête du classement.

Les Reds sévèrement chahutés face aux Bulls avec ici avec Pierre Spies. C’est devenu fréquent dans ce début de saison pour le champion en titre - Crédits: Fairfax
Outre ces trois défaites consécutives, les joueurs de Brisbane se sont fait étriller à plusieurs reprises. La défaite la plus flagrante a été celle subie face aux Bulls où les Reds ont encaissé pas moins de huit essais pour un score fleuve de 61-8 sur leur terrain, indigne d’un champion en titre. Ils ont paru impuissants tout au long de la partie, stériles en attaque et ne sachant comment stopper l’hémorragie causée par les Bulls. Le pack australien avait été littéralement détruit par celui des sud-africains. Lors de ces trois défaites, les Reds ont encaissé la bagatelle de 133 points. Trop, beaucoup trop. Surtout qu’hormis l’équipe des Bulls, les Sharks et la Force sont des équipes quelques peu en difficulté actuellement. En d’autres termes, les Reds n’auraient du faire qu’une bouchée de ces deux formations.



