Interview de Richard Graham, entraîneur de la Western Force

Richard Graham

Richard Graham est l’entraîneur en chef de la Western Force depuis le départ de John Mitchell parti coacher les Lions de Johannesburg. Adjoint du technicien Néo-Zélandais en 2010, il a été également celui de Robbie Deans auprès des Wallabies à partir de 2009, précisément en charge des “skills”. Richard a fait ses gammes en tant qu’entraîneur en Angleterre, à Bath entre 2002 et 2006 sous la direction successive de Michael Foley, John Connolly et Brian Ashton. Il rejoint ensuite les Saracens de Londres où il sera l’adjoint d’Eddie Jones avant de devenir entraîneur en chef du club londonien en 2009. Au cours de sa carrière de joueur, Richard a évolué pour le club d’Easts Brisbane et a représenté le Queensland et l’Australie A. C’est surtout à sept qu’il s’est fait un nom en représentant les Wallabies Sevens entre 1998 et 2002, participant aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur et de Manchester.

Cet entretien fait suite au premier ayant eu lieu au début de la saison 2011 du Super Rugby. A retrouver sur ce lien.

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Maintenant que la saison de Super Rugby 2011 est terminée, quelles sont les principaux progrès que vous avez notés et quels domaines doivent être améliorés? Pensez-vous avoir rempli tous les objectifs annoncés en début de saison?

A la suite de cette saison 2011 de Super Rugby, je vois trois chantiers d’améliorations pour la Western Force.

1. Culture – Nous avons travaillé dur pour mettre en place des changements positifs. Les joueurs comprennent désormais qu’ils font partie d’un groupe privilégié, savent qui ils représentent et maitrisent les moyens en leur possession pour influencer positivement les gens.
2. Ethique de travail / comprendre le professionnalisme – Il y a eu une importante prise de conscience au sein du groupe au sujet de l’intensité du travail ainsi que de la discipline requise pour être un athlète professionnel.
3. Equipe – Chaque membre du groupe comprend qu’il doit jouer en équipe et être prêt payer individuellement le prix des sacrifices collectifs.

Bien évidemment nous avons échoué à remplir tous nos objectifs vu que nous avons terminé en 12e position. Nous souhaitions terminé dans la première moitié du championnat mais nous restons optimistes au regard des courtes défaites ou des matchs nuls qui font partie de notre apprentissage et notre développement.

Quelles seront vos principales activités en attendant le début de la prochaine saison de Super Rugby? Comment suivez vous l’activité de vos joueurs n’étant pas internationaux?

Le principal objectif est de garder les joueurs investis à temps plein aussi bien en match qu’en entraînement. Il est important d’utiliser cette période pour préparer et améliorer le physique et les skills des joueurs. Notre tournée aux Samoa fût un très bon test pour l’équipe sans nos Wallabies et autres principaux leaders. Cela nous a donné un aperçu clair de qui est capable de voyager sur une longue durée, tout en jouant une équipe nationale et en étant capable de maintenir leur niveau et leur éthique personnelle sur cette période.

Pensez vous que la saga du transfert de James O’Connor en cours de saison a eu un impact sur l’équipe?

Pas du tout. Je pense que nous avons su compartimenter cela au sein du groupe, ce qui a été mis en évidence grâce à nos bonnes performances en fin de saison. Je pense que le groupe ainsi que toute l’organisation de la Western Force peut apprendre de cet évènement afin de nous assurer de traiter de façon appropriée les prochains cas à venir.

Napolioni Nalaga

Le départ de James O’Connor aura bien évidemment un impact important sur la stratégie de votre équipe. Allez vous apporter des modifications importantes à vos tactiques ou allez-vous simplement le remplacer par un joueur avec le même style de jeu?

James est un excellent rugbyman mais nous avons déjà gagné des rencontres sans lui, donc nous continueront à grandir en tant que groupe. Son départ signifie qu’un autre joueur devra rapidement se développer et progresser au sein de l’équipe. La façon dont nous voulons aborder notre jeu restera globalement la même, mais il se pourrait que l’on mette en place quelques petits changements dans notre approche tactique du jeu.

Dans le même esprit, Napolioni Nalaga sera un remplaçant parfait pour David Smith. Ses exploits et ses essais sont biens documentés en France et je suis persuadé qu’il deviendra une idole de nos fans en Super Rugby. Avec ses 105kg pour 1m91, c’est un joueur très puissant qui est également très mobile. Toutes mes recherches ont abouti au constat qu’il est un joueur charmant qui travaillera dur au sein de l’environnement de la Western Force.

Effectif prévisionnel 2012 de la Western Force

Salesi Ma'afu

Avec les départs de Dunning et Fairbrother en première ligne, la Western Force va démarrer la prochaine saison avec des jeunes joueurs peu expérimentés. Cela est-il une faiblesse ou pensez vous qu’ils ont déjà la maturité requise pour ce challenge?

Dunning et Fairbrother ont beaucoup d’expérience et ça n’est jamais simple de les remplacer cependant Salesi Ma’afu est un Wallaby et Tetera Faulkner est un jeune prospect très intéressant. Aux côtés de Sharpe, Hodgson, Brown, Cowan, Pocock, McCalman et la nouvelle recrue Toby Lynn, ils participeront au challenge de la construction d’un meilleur pack en 2012.

Le nouveau système de conférence en Super Rugby a fait face à de nombreuses critiques originaires de Nouvelle Zélande ou d’Afrique du Sud. Selon eux, la conférence Australienne est trop faible ce qui donnerait un avantage aux Reds et Waratahs, les franchises aux effectifs réputés supérieurs. Qu’avez-vous à répondre à cela?

Ce sont des commentaires ridicules. Les Reds on remporté le Super Rugby et au cours de leur parcours ont battus toutes les équipes Sud Africaines et Néo Zélandaises à l’exception des Hurricanes. La conférence Australienne offre des oppositions très combattives et du rugby de grande qualité. A mon avis, l’instauration de ce système de conférence a eu un succès retentissant.

Nib Stadium

La Western Force va bientôt déménager vers le futur Perth Stadium. Il y a deux ans vous avez décidé d’emménager dans un stade de forme rectangulaire qui correspondait plus aux attentes de vos fans. Maintenant vous souhaitez retourner évoluer dans un stade de forme ovale, n’est-ce pas un peu risqué malgré la capacité supérieure du stade?

Non, cette éventualité ne se produira pas. Nous nous sommes finalement réengagés avec le nib Stadium qui offre a nos magnifiques supporters une des plus belles vues sur un terrain en Australie. Des plans sont en cours pour développer le stade entre les saisons 2012 et 2013 du Super Rugby mais nous ne pensons pas que cela affectera notre préparation ou notre saison. La capacité restera entre 20000 et 25000 places mais proposera un meilleur accueil à nos supporters #seaofblue.

La victoire des Saracens en Premiership Anglaise a du vous faire énormément plaisir. Vous attendiez vous à un tel succès de leur part cette année?

Un grand nombre de joueurs et membres du staff technique avec qui j’ai travaillé sont toujours au club. J’étais très heureux de les voir bien performer, et rester constamment la saison dernière sur la bonne dynamique initiée lors de la saison 2009-10. Il faut également saluer le groupe de joueurs qui a réussi à inclure parfaitement le jeune Owen Farrell pour lui permettre d’évoluer au niveau qui fut le sien. Désormais, au lieu d’être le chasseur les Saracens sont devenus les chassés pour cette saison 2011-12 et il sera passionnant de voir comment ils vont relever ce challenge.

Pensez vous que le succès des Queensland Reds peut être bénéfique pour l’ensemble de la communauté rugby Australienne?

Oui. C’est très simple en Australie car nos bastions sont le Queensland et le New South Wales et quand ces deux franchises performent, le rugby en général en bénéficie. Cela permet également au rugby union d’être de plus en plus suivi et d’améliorer sa couverture médiatique.

Author: Adrien

Bien évidemment pour parler rugby du sud, il faut aimer ce sport et aimer écrire! Après un an à Sydney où j’ai chaussé les crampons pour le Mosman Rugby Club aux côtés d’australiens, d’européens, de kiwis, de sud afs, d’islanders et même de zimbabwéens ou de japonais, le retour en France a été difficile avec une presse spécialisée qui préfère parler de la signature du pilier de La Voulte à Lourdes plutôt que du Super Rugby ou des autres compétitions passionnantes de l’hémisphère sud ! Alors pour éviter que Christian Jeanpierre ou Mathieu Lartot vous présentent comme “nouvelle star de l’hémisphère sud” le joueur qui cartonne en bas depuis 3 saisons, j’ai décidé de créer Sud Rugby en 2009 dans le but de proposer une information pertinente, crédible et régulière.

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